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Uli Hoeness : Grandeur et décadence du “Nelson Mandela” du Bayern




Uli Hoeness : Grandeur et décadence du “Nelson Mandela” du Bayern
Gloire, fortune, chute et résurrection! Uli Hoeness, qui retrouve vendredi son fauteuil de président du Bayern Munich, est le fils d'un modeste charcutier à qui le football a offert une vie digne d'un scénario hollywoodien.
Avant sa chute et son séjour en prison, Hoeness était l'un des hommes les plus charismatiques de Bavière.
"Uli est le Père Teresa du Tegernsee (là où il habite), le Nelson Mandela de la rue Säbener (le siège du Bayern) et la Mère de tous les manageurs": la tirade, déclamée par Karl-Heinz Rummenigge le soir de la gigantesque fête du 60e anniversaire de Uli, était certes humoristique, mais donnait une idée de l'image publique de l'homme qui va, à 64 ans, reprendre la tête d'un géant du foot mondial, après avoir passé près de deux ans en prison pour fraude fiscale.
Pour les Allemands, Hoeness, c'est d'abord l'un des héros de "la bande à Beckenbauer" des années 70, ces footballeurs surdoués qui remportent trois coupes d'Europe des clubs champions consécutivement (l'ancêtre de la Ligue des champions), l'Euro 1972 et la Coupe du monde 1974!
Grièvement blessé à un genou, le joueur à la tignasse crépue et au regard d'acier met prématurément un terme à sa carrière en 1979, mais dévoile très vite une autre forme de génie... pour le business.
Bombardé à 27 ans manageur général du Bayern, le plus jeune de l'histoire, il va peu à peu transformer ce club traditionnel en entreprise florissante, important des Etats-Unis des idées de marketing sportif inconnues alors en Europe.
Sous sa baguette (magique), le club munichois devient au fil des années l'un des plus prospères de la planète avec un chiffre d'affaires qui tourne aujourd'hui autour de 500 millions....
Et surtout l'un des seuls à jouer dans la cour des très grands tout en présentant des comptes équilibrés, voire bénéficiaires. Un contre-exemple pour les oligarques russes ou les émirs du Golfe qui soutiennent des clubs à fonds perdus. Ou pour le Real ou Barcelone, qui ont longtemps financé leurs succès par des dettes abyssales.
La recette d'Uli? Tout simplement ne pas dépenser plus que l'on gagne. En s'appuyant sur un public qui remplit le stade à tous les matches, sur des droits télés âprement négociés, et sur un talent certain pour faire de bonnes affaires au moment du mercato.
L'un de ses plus beaux "coups"? Le recrutement en 2007 d'un jeune international français, Franck Ribéry, pièce maîtresse de la "décennie dorée" avec, en dix saisons, six titres de champions d'Allemagne, et sept présences dans le dernier carré de la Ligue des champions: une victoire en 2013, deux finales (2010-2012) et quatre demi-finales.
Multimillionnaire au grand coeur, il soutient aussi discrètement des organisations caritatives, participe aux fêtes de Noël des clubs de supporteurs, aide un joueur en difficulté et vole même au secours de clubs mal en point comme son grand rival, Dortmund, au bord de la faillite en 2005.
La chute survient en 2014, lorsqu'il est condamné à la prison ferme pour une fraude fiscale évaluée à plus de 28 millions d'euros.
L'idole s'effondre. Mais la Bavière est un clan, le Bayern une famille. Acclamé lors de la dernière assemblée générale du club, avant de purger 21 mois de prison, il fond en larmes en déclarant: "Le club, c'est l'oeuvre de ma vie. J'y tiens de toutes les fibres de mon coeur et il en sera toujours ainsi. Je servirai ce club jusqu'à mon dernier souffle".
Et lorsqu'il sort de la prison de Landsberg - là où Hitler écrivit "Mein Kampf" -, le Bayern l'attend les bras ouverts. Le club, qui a continué sa marche en avant sous la férule de Karl-Heinz Rummenigge, président du directoire, ne peut que demander à Hoeness de reprendre son fauteuil de président, qu'il occupe depuis 2009.

Samedi 26 Novembre 2016

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