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USFP, PPS et FFD poursuivent leur action commune : “La gauche historique peut représenter un projet alternatif”




La gauche, malade d'elle-même ; la gauche et ses états d'âme ; la gauche et son impossible regroupement. Au Maroc, la gauche est au cœur d'une actualité chaotique. A l'ombre de la coalition contre nature qui a donné à voir ces derniers jours une idylle entre libéraux, islamistes et autres forces dites de gauche, la gauche marocaine est plus que jamais sous les feux des projecteurs. Le pôle de gauche esquissé depuis le mois de Ramadan par cinq Partis -l'USFP, le PPS, le FFD, le PS et le parti de la gauche verte-a-t-il fait long feu après que le Parti socialiste de Bouzoubaa et la Gauche verte de Fares aient cédé aux sirènes de l'Alliance pour la démocratie, cette coalition menée principalement par le Rassemblement national des indépendants et le Parti Authenticité et Modernité ? Pour certains esprits chagrins, l'organisation ce vendredi 21 octobre au siège rbati de l'Union socialiste des forces populaires d'une conférence sur le thème de « La gauche et le Maroc et de l'avenir » peut être interprétée comme une publicité mensongère ou au mieux une session de  rattrapage.  « Mais la gauche continue ! s'exclame l'Usfpéiste Habib El Malki. La gauche est un projet porté par les partis qui continuent de croire à l'Histoire. La crise de rupture que nous vivons à l'échelle mondiale impose un projet alternatif qui ne peut être que celui de la gauche historique».
Après le départ du PS et de la Gauche verte, l'Union socialiste des forces populaires, le PPS et le Front des Forces démocratiques ont choisi de poursuivre l'action commune et de dessiner les contours d'un pôle de gauche. La rencontre qu'organisent aujourd'hui ces trois formations politiques procède justement de cette volonté du « vivre et travailler ensemble ».
« Au PPS, nous avons toujours appelé à l'émergence d'un véritable pôle de gauche. Les premières tentatives datent d'ailleurs du début des années 1960. Nous avons relancé la machine en 2008, au sortir des élections législatives de 2007, un scrutin au cours duquel les forces de gauche ont reçu un coup sur la tête après leurs scores électoraux. L'USFP était alors  tout à son congrès qui s'était tenu en deux étapes. Aujourd'hui,  cette initiative reprend vie malgré le fait que deux forces de gauche aient  préféré nous faire faux bond », rappelle Nabil Benabdallah, le secrétaire général du PPS.
La constitution d'un pôle de gauche ne serait donc pas un simple slogan, scandé à la veille d'une campagne électorale qui s'annonce difficile. Et la conférence dédiée à la gauche et au Maroc de l'avenir ne serait pas non plus une réplique à une certaine coalition et encore moins une réponse du berger à la bergère. Prévue depuis plusieurs semaines et avant même la formation de l'alliance pour la démocratie -ou G8 pour reprendre l'expression en vogue- cette rencontre est, assure Habib El Malki, « la continuité d'un travail de concert et de coordination pour faire de la gauche un facteur influent dans la conjoncture actuelle ». « Cette conférence-débat sur la gauche est un message de fidélité à ce que nous sommes. Les gesticulations ne peuvent pas du tout porter atteinte à ce projet », soutient celui qui est membre du Bureau politique de l'USFP.
« La gauche et le mouvement social », « La gauche, l'identité, l'histoire et l'avenir », «quelles élections à la lumière de la nouvelle constitution » sont autant d'axes qui seront débattus ce vendredi, en présence des leaders de l'USFP, du PPS et du FFD.

« La démocratie a besoin d'une gauche forte »
A quelques semaines du rendez-vous électoral, la gauche tente visiblement de se reconstruire. « La volonté des trois partis est forte pour regrouper la gauche. Cette volonté est d'autant forte que deux de ces partis, en l'occurrence l'USFP et le PPS, appartiennent à la Koutla », commente le patron du Front des forces démocratiques, Thami Khyari.
Les initiateurs de cette conférence sont formels : cette rencontre ne se résumera pas à un simple débat, un de plus. Une commission ad hoc en procèdera à l'évaluation et fera l'inventaire d'éventuelles actions communes. « Ce front de gauche est à nos yeux, en tout cas au PPS,  une occasion de réunir non seulement nos trois partis, mais également les hommes et les femmes de gauche, bref ce qu'on appelle le peuple de gauche, les réunir dans une mouvance plus crédible, plus homogène, plus influente »,   précise celui qui préside aux destinées du PPS.
Le regroupement de la gauche se réduira-t-il à un simple souhait, un vœu pieux, un rêve politique ? « La gauche est un rêve. Et le rêve est un processus. Il se réalise par étape. La démocratie a besoin d'une gauche solide et forte. Il n'y a pas de démocratie sans une gauche forte. L'un des éléments qui explique la situation politique actuelle est justement lié à l'absence d'un pôle de gauche ». La phrase de l'Usfpéiste Habib El Malki sonne comme un appel à la raison.

Narjis Rerhaye
Vendredi 21 Octobre 2011

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