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Tuerie de Toulouse : Le renseignement français mis en cause dans l’affaire Merah




Tuerie de Toulouse  : Le renseignement français mis en cause dans l’affaire Merah
Le renseignement français a été mis en cause jeudi par des dirigeants politiques pour ne pas avoir mis hors d’état de nuire avant les meurtres de Toulouse Mohamed Merah, pourtant connu et fiché pour ses penchants radicaux et ses voyages au Pakistan et en Afghanistan.
Marine Le Pen, candidate du Front national à l’élection présidentielle, a demandé un «débat» sur cette question. Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a dit comprendre qu’on se demande s’il y avait une «faille» mais a ajouté ne disposer d’aucun élément donnant à penser qu’il y en ait une.
Le candidat centriste François Bayrou a remarqué que Mohamed Merah avait pu trouver les moyens financiers d’un certain train de vie et des armes sans attirer l’attention, malgré ses voyages dans la zone pakistano-afghane.
«Si comme l’a dit Alain Juppé (...) il y a des failles sur le renseignement, il est du devoir des responsables de l’Etat de les repérer, de nous le dire et de les corriger. S’il y a des filières qui développent pour la France un risque, alors en effet il est du devoir de l’Etat de corriger ces risques-là», a-t-il dit sur RMC et BFM TV.
Toujours retranché jeudi matin dans son logement, Mohamed Merah a revendiqué auprès des policiers les meurtres de trois militaires ainsi que ceux de l’enseignant et de trois enfants d’une école juive.
Délinquant multi-récidiviste pendant sa minorité et ancien détenu, ce jeune Français d’origine algérienne de 23 ans né à Toulouse était connu depuis des mois de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), qui l’avait même interrogé en novembre 2011 au retour d’un voyage au Pakistan.
Le jeune homme, qui avait fait preuve de violence et même d’un comportement provocateur dans sa cité, avait alors parlé d’un voyage touristique en présentant aux policiers «force photos», a dit mercredi soir le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.
La DCRI savait alors qu’il s’était déjà rendu une première fois en 2010 en Afghanistan avant d’être renvoyé vers la France après un contrôle routier, ont confirmé le parquet de Paris et le ministère de l’Intérieur.
La zone pakistano-afghane est depuis une trentaine d’années le fief des groupes islamistes armés qui y possèdent des camps d’entraînement. Le renseignement français est au fait de cette réalité depuis plus de 20 ans, car de nombreux cas de jeunes Français acheminés sur place par des filières organisées depuis les années 1990 ont été rencontrés.
Claude Guéant nie cependant toute erreur de la DCRI. Ce service a été créé en 2008 à l’initiative de Nicolas Sarkozy en fusionnant DST et Renseignements généraux, dans le but justement de mieux lutter notamment contre l’islamisme radical, principale menace terroriste depuis une quinzaine d’années sur le territoire français.
Claude Guéant a déclaré jeudi matin sur France Info que la DCRI n’avait pas de raison d’aller plus loin après l’interrogatoire de fin 2011, dans la mesure où il n’avait commis aucune infraction et qu’il n’existait aucun indice concret le rattachant à un projet ou un groupe terroriste.
«La DCRI suit beaucoup de personnes qui sont engagées dans le radicalisme islamiste. Ceci dit, exprimer des idées, manifester des opinions salafistes ne suffit pas à déférer à la justice», a-t-il dit.
La DCRI avait cependant une option intermédiaire, celle d’un placement sur écoute téléphonique dite «administrative». Distincte de celles ordonnées par des magistrats dans le cadre de procédures judiciaires, les écoutes administratives peuvent être menées par le renseignement après approbation d’une commission spécialisée et du Premier ministre.
Cette procédure est très courante en matière de fondamentalisme musulman.
Placé en garde-à-vue mercredi, le frère de Mohamed Merah, Abdelkader, était aussi fiché par la DCRI car il avait été inquiété sans être mis en examen dans une enquête judiciaire visant le recrutement de combattants pour l’Irak, a dit mercredi le procureur de Paris François Molins.
Malgré les meurtres de trois militaires, les enquêteurs ne sont remontés à cette famille en exploitant les fiches que mardi dernier, au lendemain de la tuerie dans l’école juive, après l’examen d’une liste de 576 personnes ayant consulté la petite annonce de vente d’une moto passée sur internet par le premier militaire tué, attiré dans un piège.
C’est l’adresse internet de la mère des frères Merah qui a mis la police sur leur piste. Les perquisitions, très fructueuses, ont montré aussi que la présumée surveillance des deux hommes semble avoir été défaillante.
Deux voitures contenant plusieurs pistolets-mitrailleurs et automatiques ont été découvertes sur les indications de Mohamed Merah, ainsi que des produits pouvant entrer dans la composition d’explosifs.
On ignorait dans l’immédiat comment les deux frères se sont procuré ces armes. Les autorités disent cependant n’avoir aucun indice pour l’instant de l’existence d’un groupe plus vaste.

Mohamed Merah  est mort après avoir résisté
 
Le présumé tueur en série qui était retranché à Toulouse (sud-ouest de la France) est mort après avoir résisté aux policiers qui progressaient jeudi dans son appartement vers 10H30 GMT, a-t-on appris de source policière.
Les échanges de feu -- 300 cartouches au total -- ont fait trois blessés parmi les policiers, dont un "assez grièvement", d'après d'autres sources policières.
Des rafales de tirs très nourries et des détonations ont été entendues pendant cinq minutes près de l'appartement où était retranché depuis 32 heures Mohamed Merah, un Français qui a revendiqué au nom d'Al-Qaïda l'assassinat de sept personnes depuis le 11 mars à Toulouse et Montauban (sud-ouest).
Jeudi matin, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, avait répété que les autorités souhaitaient le prendre vivant pour pouvoir l'interroger et le juger, mais avait émis l'hypothèse qu'il était mort, car il n'avait pas donné de signe de vie pendant la nuit.
La position de Mohamed Merah, 23 ans, s'était radicalisée depuis mercredi soir, avait déclaré le ministre, selon qui le meurtrier présumé avait affirmé "vouloir mourir les armes à la main".

Libé
Vendredi 23 Mars 2012

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