Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Transparence affectée à la veille d’un départ souhaité


Le gouvernement Benkirane daigne enfin dévoiler les résultats affligeants de l’enquête nationale sur les personnes en situation de handicap



2.264.672 est le nombre de personnes en situation de handicap, soit 6,8% de la population marocaine. Un ménage sur quatre compte parmi ses membres une ou plusieurs personnes en situation de handicap soit 24,5%. Le handicap qualifié de léger représente 6,4% soit 2.131.456 personnes. Quant à celui considéré comme moyen et lourd, il touche 2,2% de la population totale.  C’est ce qui ressort de la deuxième enquête nationale sur le handicap dont certains fragments ont été révélés par  le site Hespress et qui était si attendue depuis celle de 2004. 
La récente enquête a révélé également que le taux des personnes en situation de handicap est plus élevé en milieu rural (6,99%) qu’en milieu urbain (6,66 %). Les  régions  de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra comptent 13,4% des personnes en situation de handicap, Tanger-Tétouan (11,42%) et Tadla-Azilal (9,83%).  
66,1% de ces personnes ne disposent d’aucun diplôme et une grande majorité d’entre elles est constituée de femmes. 47,65% de ces personnes sont au chômage, soit 290.000 âmes. Un taux quatre fois supérieur à la moyenne nationale.  
Le taux des enfants en situation de handicap scolarisés âgés entre 12-14 et 15-17 ans est respectivement  de 50,1% et 39,9% contre 87,6% et  61,1%  pour les enfants de même âge scolarisés et non en situation de handicap. 
Des chiffres  en nette augmentation par rapport à ceux de l’enquête de 2004 réalisée par  le secrétaire d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées qui a recensé  1.530.000 personnes vivant avec un handicap, soit 5,12 de la population marocaine (plus de 1.300.000 ménages). 
La même enquête a révélé également que le taux des personnes en situation de handicap est plus élevé en milieu rural (5,62%) qu’en milieu urbain (4,81%) et que seulement 32,4% des enfants en situation de handicap sont scolarisés contre 96% des enfants âgés de 4 à 15 ans qui ne souffrent pas de handicap. Plus : deux enfants en situation de handicap sur trois ne vont pas à l’école; six enfants sur dix n’ont jamais fréquenté l’école et le taux de scolarisation des enfants en situation de handicap âgés de quatre à quinze ans enregistre de fortes disparités selon le milieu de résidence (40% en moyenne dans le milieu urbain, contre près de 30% dans le milieu rural).
Les résultats choquants  de cette deuxième enquête nationale sur le handicap  démontrent avec éloquence  que l’actuel gouvernement, à l’instar de ses prédécesseurs, n’a pas de stratégie globale et intégrée, inscrite dans la durée et déclinant en actions concrètes  la volonté des pouvoirs publics de combattre les discriminations et mettant en œuvre une politique volontariste à même de garantir le bien- être des citoyens en situation de handicap. 
Un rapport du Conseil économique, social et environnemental sur le respect des droits et inclusion des personnes en situation de handicap a indiqué que l’analyse des initiatives des gouvernements successifs dans le domaine du handicap, montre qu’elles ont été généralement entreprises dans une perspective de court terme. « L’action gouvernementale dans ce domaine manque singulièrement de vision claire basée sur une approche fondée sur le Droit. Or, la nouvelle Constitution exige la reddition des comptes qui nécessite, au préalable, la mise en place de stratégie explicite accompagnée d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs, qui permettent d’évaluer l’action des pouvoirs publics », a précisé le rapport.  
En effet,  les experts nationaux sont unanimes à considérer  que le quotidien des personnes en situation de handicap demeure le même depuis l’arrivée du  gouvernement Benkirane aux commandes. Selon eux, aucune amélioration n’a été constatée au niveau de l’accès à l’éduction, au marché du travail,  aux transports et aux bâtiments administratifs ou autres et, a fortiori,   au niveau de la protection sociale et de l’accès aux soins. La loi 10-03, relative aux accessibilités, tant vantée n’a pas eu l’impact escompté sur les infrastructures existantes, sur les nouvelles installations, sur le transport, ni sur les moyens de communication. L’absence de lois coercitives ou incitatives, accompagnées de décrets et de normes opposables, encourage le contournement de cette loi et la rendent caduque.  
L’accès à l’éducation non plus n’a pas été amélioré. Le système  d’enseignement public ne permet pas, jusqu’à présent,  la scolarisation de tous les enfants en situation de handicap, et n’assure pas leur égalité avec les autres enfants, puisque les établissements ordinaires ne sont pas accessibles et ne disposent pas des aménagements nécessaires. De même, les classes d’inclusion scolaire (CLIS) sont insuffisantes et ne respectent pas les normes requises. Les ressources humaines qualifiées sont, quant à elles, en nombre très réduit et les programmes scolaires ne sont pas adaptés. Enfin, le soutien accordé aux associations qui gèrent les CLIS et les institutions spécialisées est insuffisant comme il n’existe pas de système de contrôle et d’inspection de ces institutions. 


Hassan Bentaleb
Mercredi 27 Avril 2016

Lu 1080 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs