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Toujours pas de nouveaux albums : Les rappeurs marocains, en panne d’idées ?




Toujours pas de nouveaux albums : Les rappeurs marocains, en panne d’idées ?
On se demande ce qui arrive à nos rappeurs. Sont-ils en panne d’idées?  Apparemment, oui. Cela fait pratiquement plus de deux ans qu’on n’a pas vu d’albums surtout des présumés leaders du rap marocain. H-Kayne tourne encore avec les mêmes tubes depuis trois ans notamment «Issaoua style». Casa Crew s’appuie sur les titres de son album Al Basma sorti en 2007, Don Bigg, à part les deux nouveaux singles qu’il vient d’enregistrer aux Etats-Unis  dont «Itoub» se produit dans des concerts un peu partout mais toujours avec les meilleurs tubes de son «M’gharba Tal mout». Le même constat pour Fez City Clan et Fnaïre.
Il est vrai que ces groupes cartonnent à chaque fois qu’ils se produisent sur scène. Mais, on aimerait bien écouter quelque chose de nouveau. Pour le moment, de nombreuses  questions préoccupent toujours l’opinion publique.  Est-ce que le rap au Maroc est d’ores et déjà un mouvement ou encore une notion? Selon toute vraisemblance, ce n’est ni l’un ni l’autre. Mais c’est plutôt un moyen pour se faire un peu d’argent. La preuve c’est que les leaders de la scène rap marocain affichent sans complexe leur ambition : profiter au maximum du système. Revanche sociale d’ex-pauvres ou arrogance de  nouveaux riches, la course aux royalties excite les jalousies dans l’entourage des artistes. Intimidations, coups de poing et rumeurs sont monnaie courante. Quand la culture violente de la rue se conjugue au cynisme d’un marché saturé, c’est toute la scène rap qui tangue.
Les rappeurs, c’est vrai, affichent avec insolence leur obsession à vouloir faire du fric, vite et tout de suite, à moins qu’ils ne soient tout simplement un peu moins hypocrites que beaucoup d’autres artistes. Mais ces rappeurs, sont-ils des ex-pauvres ou des nouveaux riches ? Question d’une importance extrême à laquelle on ne peut répondre sans avoir la tentation de tricher. D’abord, que réclame un ex-pauvre quand il signe pour une maison de disques ? «Au lieu d’éplucher son contrat, il demande de l’argent liquide, cash», dit d’expérience, Maurice, directeur général de FTG. «Quand vous sortez des milieux défavorisés et que l’argent se profile, vous raisonnez à court terme. Alors, c’est vrai, certains producteurs, aux quatre coins du monde, sont amenés à doubler voire tripler les avances pour un premier album. ». Mais, ceci n’empêche pas les grosses maisons de disques de s’y retrouver largement.
Le rap présente un énorme avantage pour un producteur. Il réclame des machines, du temps en studio, mais pas énormément de musiciens. Avec entre 300 et 500 dirhams pour l’enregistrement d’un morceau, soit deux voire trois fois moins bien des albums de variétés, vous pouvez sortir un CD de qualité semi-professionnelle. C’est la grande force de Chaht man Prod, le label de Casa Crew, fondé et géré par Youness alias Chaht Man. Dans son bureau aux airs de squat dont les murs semblent tenir grâce aux affiches de son groupe, des nouveaux albums et des concerts, il est bien obligé de se faire une raison. « Pour encourager les jeunes rappeurs indépendants à enregistrer des morceaux à moindre coût.
 Rap indépendant,
à l’encontre des règles
 établies
Zanka Flow, Kachla, Jo, X-Side, Rabat Crew, Tar, Would Cha3b, DS Crew sont tous des rappeurs qui ont réussi à faire des albums, malgré toutes les difficultés de distribution auxquelles ils font face. Ils restent déterminés  à jouer selon leurs propres règles.  Les groupes qui signent pour des maisons de disques proposent des albums vendus de 40 ou à 50 dirhams. Il est certain qu’on ne peut pas leur faire de la concurrence. Mais, ce n’est pas de leur musique qu’on va se souvenir. Elle n’est pas là pour durer », affirme Abdessallam Bennouna, alias Big Dee, un ex-rappeur casablancais. Mais, l’on se pose la question : quel est le positionnement des rappeurs indépendants face à ce type de marketing? On se plaint pas du rap commercial», explique Hanane, alias Tendresse, l’une des rares rappeuses marocaines. «Il est clair qu’il y a un formatage du rap dans l’industrie pour le rendre accessible à un public non averti. A mon avis, il va falloir que les rappeurs fassent quelque chose de créatif et de personnel. C’est comme cela que le rap s’est développé au départ».  Avec le temps, on a l’impression que les rappeurs de la scène underground tentent d’être moins critiques vis-à-vis de l’orthodoxie qui imbibe le mouvement.  Les groupes à vocation commerciale font ce qu’ils veulent et nous essayons de faire cela à notre façon », conclut-elle.

Ayoub AKil
Mercredi 3 Juin 2009

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