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Top 10 des derniers paradis fiscaux




Depuis le 17 janvier 2011, il n’y a plus de pays dans la « liste noire » des paradis fiscaux, ceux qui ignoraient jusqu’à l’existence de normes fiscales internationales. Heureusement pour les contribuables qui aiment marier fiscalité et exotisme, il reste les « listes grises ». Pour les détecter, l’OCDE compte le nombre d’accords bilatéraux d’échange d’informations fiscales que chaque pays a signé. Si ce nombre est inférieur à une douzaine, le pays en question est étiqueté « non-coopératif ». Petite sélection des dernières destinations où cette belle tradition qu’est le secret bancaire a su être préservée.
Vanuatu : l’archipel volcanique du Pacifique est un genre de communauté hippie : pas d’impôts sur le revenu, pas de prélèvement à la source, pas d’impôts sur les sociétés et aucun contrôle des changes. Par ailleurs, cette petite république propose des pavillons de complaisance aux navigateurs peu regardants sur la sécurité de leur pétrolier ou sur le droit du travail à bord. Une belle destination de vacances pour anarchiste convaincu.
Montserrat : parfois, on n’a pas le coeur à condamner certains pays qui pratiquent l’évasion fiscale : à chaque fois que cette île des Antilles a essayé de se développer, une éruption volcanique est venue réduire à néant les efforts déployés. Faire pousser des légumes ou construire sa maison dans ce coin est assez aventureux, et l’île peut perdre les trois quarts de sa population à tout moment… Et on va encore leur demander des informations bancaires? Le monde d’aujourd’hui est sans pitié.
Panama : pour séduire les multinationales (Hyundai, Caterpillar ou Total), et les convaincre d’installer leur siège social pour leurs activités en Amérique latine, le Panama a dégainé une simplification fiscale radicale : les expatriés ne sont soumis à aucune imposition, opacité totale de l’identité des actionnaires et pas d’impôts sur les bénéfices. On comprend mieux pourquoi Michael Scofield avait choisi cette destination dans Prison Break.
Nauru : le 2ème PIB par habitant au monde derrière l’Arabie Saoudite était dans les années 1970 cette île d’Océanie. Mais le phosphate, source de richesse de Nauru, s’épuise rapidement. Il faut donc miser sur une nouvelle activité : l’évasion fiscale est tendance, Nauru inscrit son nom sur la liste noire du Groupe d’action financière en 2000. Après s’être fait taper sur les doigts par la communauté internationale, l’île change une fois encore de spécialité et investit avec succès dans le centre de détention d’immigrés clandestins pour le compte de l’Australie. Depuis la fermeture de ce centre, on n’a plus d’idées, et le chômage atteint 90%, un record mondial.
Niue : non, pas Nice, ville tout à fait recommandable, mais « Niue », une île du Pacifique découverte par James Cook. Depuis 1993, l’état insulaire mise sur une fiscalité sympathique et compréhensive. La pression s’est intensifiée depuis que certains cartels sud-américains ont repéré ce petit paradis, et Niue sort de la liste noire. Mais demeure une destination discrète.
Liberia : l’évasion fiscale est plutôt une spécialité des pays-confettis du Pacifique, mais l’Afrique a eu son champion. Le Liberia n’aura jamais réussi à s’imposer dans cette discipline au niveau international, car le monde des affaires a toujours pensé que planquer son argent dans un pays aussi instable politiquement n’était pas exactement un placement de père de famille. Le pays cherche aujourd’hui à montrer de la bonne volonté et signe peu à peu les accords nécessaires pour intégrer la respectable «liste blanche» de l’OCDE. Costa Rica : ce pays d’Amérique centrale mise à fond sur le tourisme. Mais plutot que d’accueillir des backpackers à cheveux longs, le Costa Rica a plutôt cherché à attirer le retraité américain fortuné par des mesures phare : pas d’impôts pour les revenus inférieurs à 5000 dollars mensuels et discrétion garantie aux entreprises immatriculées sur place. Aujourd’hui, le Costa Rica revoit sa stratégie et parie sur l’éco-tourisme et le chocolat. Les retraités devraient y trouver leur compte.
Guatemala : l’économie guatémaltèque, c’est la kermesse depuis un moment : 70% d’inflation en 1985, une crise alimentaire dramatique en 2009, 75% de la population sous le seuil de la pauvreté, une criminalité incontrôlable. Mais le Guatemala est sorti de la liste noire des paradis fiscaux. Youpi ! Tout va aller mieux !
Uruguay : l’Uruguay montre beaucoup de bonne volonté : efforts payants puisque ce pays d’Amérique du Sud a été sorti de la liste noire lors du dernier pointage. Le pays était surnommé « La Suisse américaine » pour de bonnes raisons (la stabilité de son économie et la puissance de ses banques) mais aussi pour l’élégante discrétion de ses banques. Ce ne sera bientôt plus le cas. Normalement.
Les glorieux anciens : Monaco, Andorre, la Suisse sont rentrés dans le droit chemin au cours de l’année 2009, les Bahamas en 2010… Tous nos repères ont disparu, l’évasion fiscale, c’est avant tout réservée aux passionnés de géographie.

Libé
Jeudi 16 Juin 2011

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