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Tayeb Saddiki n’est plus Le théâtre arabe en deuil




La nouvelle est tombée tel un couperet,
vendredi soir. L’immense Tayeb Saddiki est décédé dans une clinique casablancaise où il a été admis il y a une semaine.
Une grande perte pour les milieux de l'art et du théâtre en particulier. Auteur
de 36 adaptations de pièces étrangères, dont «L’Avare» de Molière, 24 pièces originales, 18 pièces écrites en collaboration, l'artiste a mis en scène 85 pièces, dont la plus célèbre
est Al Haraz.



La scène culturelle et artistique arabe a perdu  l'un de ses plus grands monuments en la personne du doyen du théâtre marocain  Tayeb Saddiki qui s'est éteint, vendredi soir à Casablanca, à l'âge de 79 ans, des suites d'une longue maladie. Artiste dans l'âme, feu Tayeb Saddiki a passé les meilleurs moments de sa  vie sur les planches, créant un univers dramatique qui lui est propre où se mêlent avec harmonie les formes traditionnelles et les exigences  contemporaines, ce qui lui a permis de s'imposer comme l'un des grands  dramaturges du monde arabe.  Que ce soit en sa qualité de metteur en scène, de dramaturge ou d'acteur, il a donné au théâtre national ses lettres de noblesse avec des œuvres qui  resteront gravées à jamais dans la mémoire du public marocain.
Né le 5 janvier 1937 à Essaouira, Tayeb Saddiki se perfectionne dans l'art dramatique en intégrant «La comédie de l'Ouest» à Rennes puis au Théâtre national populaire à Paris mais aussi à l'Ecole supérieure d'art dramatique de Strasbourg. Au début des années 1960, il fonde à Casablanca Al Masrah Al Oummali, (le Théâtre ouvrier) avant d'être propulsé à la direction artistique du Théâtre national Mohammed V en 1964. Il  cumulera  deux fonctions suite à sa désignation en tant que directeur général du Théâtre municipal de Casablanca jusqu'en 1977.   Soucieux de dispenser son savoir-faire et sa vision du monde, feu Saddiki a  formé tout au long de sa vie des générations de comédiens et de dramaturges,  contribuant ainsi de manière significative à l'enrichissement et au  développement du théâtre national. Auteur de plusieurs dizaines d'adaptations de pièces étrangères, pièces originales ou écrites en collaboration, il met en scène aussi autant de pièces  de théâtre, dont la plus célèbre, "Al Haraz", et remet au goût du jour certains  des textes littéraires arabes, tels que les "Maqamat de Badii Ezzamen El Hamadani".
Au cinéma également, Tayyeb Saddiki se découvre à l'écran dans 18 films.
Homme des arts, Tayeb Saddiki se convertit aux arts plastiques et à la calligraphie arabe notamment dans près d'une vingtaine d'expositions en Tunisie, au Koweït, au Qatar, à Oman mais aussi en France, au Canada ou en Belgique...
«Le grand dramaturge marocain s'est illustré comme l'un des pionniers fondateurs du théâtre populaire et imaginatif», a affirmé le président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang. «Feu Saddiki était le symbole, l'icône et l'incarnation du théâtre marocain», a souligné l'ancien ministre français de la Culture dans une  déclaration à la MAP, notant que le défunt avait «un sens aigu et raffiné du  théâtre». «Il était également un fabuleux acteur sur le plateau et dans la vie et a représenté le théâtre marocain aussi bien au Maroc que dans de nombreux pays notamment au Maghreb et en France», a relevé M. Lang. Pour sa part Gad El Maleh s’est dit très triste d'apprendre la mort d'un géant du théâtre marocain. «Tayeb Saddiki nous a quittés. Une voix et un pilier de notre patrimoine», a-t-il écrit dans un tweet.  De son côté, l'artiste Mohamed Hassan Al-Joundi a rappelé les grandes œuvres  du défunt, notant que Saddiki, qui «vouait une grande passion au théâtre, a su  rester fidèle à ce genre dramatique et est même parvenu à développer cet art». Et de relever que le regretté «excellait aussi dans la calligraphie, la peinture et le décor. Saddiki était un "grand monsieur" et un grand patriote», a  ajouté Al-Joundi. Quant au comédien Abdelhaq Zerouali, il a regretté la perte de cet artiste inimitable, estimant que la disparition de Saddiki est «une grande perte non seulement pour le théâtre marocain et arabe mais pour le théâtre dans le monde entier». Pour ce qui est du réalisateur Chafik Shimi, il a estimé qu'avec la disparition de  Saddiki, «le monde de la créativité marocaine perd l'un de ses monuments ainsi  que le père spirituel de tous ceux qui pratiquent aujourd'hui le théâtre»,  ajoutant que le regretté était un modèle exemplaire.
Notons enfin que les funérailles du dramaturge marocain se sont déroulées, samedi au cimetière Chouhada de Casablanca, dans une ambiance de piété et de recueillement. Un cortège funèbre,  conduit par MM. Yassir Zenagui et Abdellatif Menouni, Conseillers de SM le Roi  Mohammed VI, a accompagné le défunt à sa dernière demeure, dans un  climat de forte émotion et de deuil, en présence notamment de membres de sa  famille, du wali de la région Casablanca-Settat et de plusieurs autres  personnalités.
Une étoile du théâtre et des arts s'est donc éteinte. Elle laisse à la postérité une œuvre énorme mais aussi une Fondation qui porte son nom, destinée à la promotion des jeunes artistes à la recherche de sponsors et de mécènes.

Mehdi Ouassat
Lundi 8 Février 2016

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