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Tarik Kabbage reprend le flambeau à la tête du Conseil d’Agadir : “Pour cette ville où je suis né et pour ses habitants, je continuerai le combat”




Tareq Kabbage, le maire de la ville d’Agadir, a repris dernièrement ses fonctions au siège de la commune.
En effet, après avoir été empêché, cette année, de prendre part à la cérémonie d’allégeance à Tétouan où il devait représenter les habitants de la capitale du Souss, il avait décidé de donner sa démission après ’’la vexation de trop’’ dont il avait fait l’objet comme il le soulignait dans la lettre adressée aux habitants de la cité et à l’opinion publique.
Cette décision ayant engendré celle de l’ensemble des membres du groupe socialiste au Conseil communal, solidaires de leur président, un élan de sympathie et de soutien sans précédent s’est aussitôt déclenché à Agadir et à travers le Royaume.
Aussi, suite aux interventions et aux mesures prises par le Bureau politique de l’USFP, et se pliant à la volonté des habitants de la ville, le groupe ittihadi de la commune a donc décidé de suspendre sa décision et de retourner officiellement à la gestion des affaires de la commune afin d’achever les projets en cours, et ce dans l’intérêt général.
Comme il l’a fait au début de cette affaire, Tareq Kabbage a rédigé une lettre explicative, en arabe et en français, adressée à l’opinion publique et dont nous publions le texte intégral ci-après :
J’assumerai mes responsabilités
« Le mardi 9 août, j’ai présenté ma démission devant les élus du groupe socialiste à la Commune urbaine d’Agadir ainsi que les raisons qui m’ont poussé à cette décision. En réponse, ils m’ont exprimé leur solidarité et ont décidé à leur tour de démissionner collectivement du Conseil communal de la ville d’Agadir : «Nous sommes venus ensemble, nous repartirons ensemble ».
Suite à cette décision, le Bureau politique de l’USFP a immédiatement réagi en dépêchant une délégation qui s’est réunie le lendemain avec les élus et les instances locaux du parti. À l’issue de cette réunion, tenue le 10 août 2011, la délégation du Bureau politique s’est engagée à apporter un soutien clair et nous a demandé de sursoir à l’exécution de notre démission collective. 
Dans les jours qui ont suivi, un fort mouvement de sympathie s’est manifesté de la part des citoyens de tout âge et de tous les milieux sociaux. Des Marocains d’autres villes du pays ou de l’étranger ont également exprimé leur soutien. La presse nationale a largement relaté notre décision et cela a permis de relancer le débat sur la Constitution et la relation des élus locaux avec les représentants locaux de la « tutelle » que sont les walis et les gouverneurs.
Suite de la première page
 
J’ai été très touché et très ému par les paroles et les écrits parus dans la presse, particulièrement à travers les multiples réseaux sur Internet. Mon attitude et celle de mes amis ont été comprises par une majorité forte. Nombreux sont celles et ceux qui nous ont demandé de poursuivre notre combat et de ne pas permettre le retour des corrompus et de ceux qui ne rêvent qu’à s’approprier un pouvoir local pour se servir au lieu de servir. Nombreux sont celles et ceux qui nous ont demandé de continuer à reconstruire cette ville, de la rendre plus humaine au profit de tous et en particulier des jeunes et des citoyens vivant dans les quartiers marginalisés.
L’activité de maire est passionnante, c’est l’une des plus belles responsabilités politiques. Elle permet d’œuvrer pour le changement du quotidien de la population. Le changement, c’est bien sûr une vision pour une conception de la ville qui met le citoyen au centre de toutes les préoccupations. Le changement, ce sont aussi des moyens financiers, une bonne gouvernance et donc une gestion transparente de l’argent des citoyens au bénéfice des citoyens. Les finances de la ville, c’est l’argent des contribuables, collecté auprès des habitants de la ville, des entreprises, mais aussi la partie reversée par l’État à partir de la TVA collectée nationalement et à laquelle notre ville contribue plus qu’elle ne reçoit.
Le changement, ce sont également des moyens humains, des fonctionnaires mobilisés, pour servir et veiller à la bonne marche des services, quels que soient leurs grades ou leurs fonctions. Nous avons besoin de plus de compétences de tous les niveaux de spécialités : architectes, ingénieurs, techniciens, ainsi que des lauréats des différents cursus universitaires ou professionnels pour encadrer et réaliser nos projets ambitieux dans les domaines variés des infrastructures, des services, de la culture, du social ou du sport et qui croient en la noblesse de la mission qui consiste à servir leurs concitoyens.
Le changement, c’est l’engagement des élus, femmes et hommes, à servir la cité, c’est l’abnégation des conseillers, dont certains consacrent, bénévolement et avec enthousiasme, leur énergie et une partie importante de leur temps à la gestion de la ville.
Le changement, c’est aussi amener la population à participer à tous les stades de la vie de la cité et en particulier aux élections, un rendez-vous particulièrement important qui permet au citoyen, à travers son vote, de juger une politique, de la reconduire ou de la sanctionner en appelant d’autres élus à faire leurs preuves. C’est cela la démocratie. C’est ce que nous voulons pour notre pays, c’est le sacrifice qu’ont fait pour nous des femmes et des hommes, en particulier, depuis l’indépendance.
Depuis le 3 août, j’ai gelé toute activité et mes camarades vice-présidents ont assuré la continuité du service public. La direction de l’USFP a eu un sursaut. Elle a réagi par une déclaration forte et par plusieurs articles dans la presse du parti avec en particulier l’article d’Abdellatif Jabro, un compagnon de prison de mon père.
La responsabilité qui est la nôtre est lourde et dans cette solitude que je ressens, la démoralisation et le doute se sont installés, mais votre réconfort et votre soutien qui sont venus de vous, citoyens d’Agadir, m’ont redonné l’envie de continuer le combat, de persévérer dans une gestion saine, dynamique, transparente et surtout conforme à la loi et rien qu’à la loi. Je continuerai le combat.
Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas vous décevoir et pour être à la hauteur de cette confiance que vous m’avez témoignée.
Nous souhaitons qu’une ère nouvelle s’ouvre dans la gestion de la ville dans le respect des prérogatives de la loi et en particulier de la Charte communale
Beaucoup m’ont demandé plus d’informations, plus de communication. Nous redoublerons d’efforts pour communiquer davantage sur nos projets, sur leur avancement, sur nos difficultés. Vos propositions seront toujours les bienvenues, elles nous permettront de renforcer et de corriger, le cas échéant, notre action dans le souci de l’intérêt collectif.
Pour cette ville où je suis né et pour ses habitants, je continuerai le combat ». 
 

PAR Tariq Kabbage
Samedi 3 Septembre 2011

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