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Tanger, un festival de cinéma




Tanger, un festival de cinéma
C’est la dixième édition du Festival national du film qui commence à Tanger. C’est un moment important de la jeune histoire du cinéma marocain.  Ce n’est pas seulement à cause de la fascination que produisent les chiffres ronds, dix cette année, mais c’est aussi parce que cette édition arrive dans un contexte marqué par des faits tangibles.  Lorsqu’en 1982, la profession du cinéma décide de se retrouver autour d’une manifestation dédiée exclusivement au cinéma marocain, c’était dans une ambiance euphorique, celle d’une production dopée par la première formule d’aide publique au cinéma. Deux éditions après, ce fut la grande désillusion et une longue traversée du désert aussi bien pour le festival en soi que pour le cinéma qu’il est censé célébrer. Il suffit de dire qu’en plus de 25 ans, le festival n’a réussi à se tenir que neuf fois. Du coup, le premier fait marquant cette fois, c’est la nouvelle périodicité du festival non seulement devenue régulière, tous les deux ans pratiquement depuis 2001, mais désormais annuelle. Une fois par an, dans un lieu connu d’avance, en l’occurrence Tanger, le cinéma marocain a rendez-vous avec lui-même. Et cela ouvre sur de nouveaux enjeux, si ce n’est de nouveaux défis que l’on pourrait résumer par exemple ainsi: réunir d’ici novembre 2009 au minimum 12 films. C’est-à-dire que la profession se trouve devant une échéance-test. C’est tout le système de production qui est appelé à s’adapter à ce rythme régulier. En soi, c’est un acquis énorme.
Le Festival national y gagnera en aura et en prestige; il sera le lieu de découverte et des avant-premières. Cette année, on est déjà dans cette logique. Pour le long métrage, c’est une programmation inédite qui est proposée au jury et au public du festival. Une majorité de films est ainsi présentée en exclusivité. Excepté « Whatever Lola wants » de Nabil Ayouch et « Number one » de Zakia Tahiri, douze films sont en avant première nationale, certains films arrivent même directement du laboratoire. Comme dans une vraie cinématographie dynamique, le festival est ainsi appelé à gérer des risques inédits, comme celui de la disponibilité des copies à temps. Cela donne en termes d’organisation, un exercice pédagogique utile pour l’ensemble de la profession.
Cette édition est également marquée par un brassage de générations, de thèmes et d’approches esthétiques qui vient confirmer la thèse de la diversité du cinéma marocain. Trois femmes sont présentes: Zakia Tahiri, Souad Bouhati, Leila Kilani; deux films amazighs: « Itto titrit », Tamazirt oufla…La génération des pionniers est là avec Moumen Smihi, Abbazi…dialoguant avec les générations suivantes, celles de Lakhmari, Nabil Ayouch… Tribak et Leila Kilani…Tanger est le rendez-vous exceptionnel pour les premières œuvres, près de la moitié des films en compétition. Des cinéastes issus de parcours distincts, professionnels, cinéphiles… Des Marocains d’ici et de la diaspora…Bref, un tableau riche et varié qui vient dire le désir d’une ambition et le projet d’un Maroc nouveau et pluriel.


Mohammed Bakrim
Lundi 15 Décembre 2008

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