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Syrie : L’état d’urgence levé cette semaine




Les mesures annoncées samedi par le président syrien Bachar al-Assad, notamment la levée de la loi d'urgence en vigueur en Syrie depuis 1963, sont insuffisantes, a déclaré dimanche à l'AFP l'avocat syrien et défenseur des droits de l'Homme Haytham Maleh.
«C'est un pas qui n'est pas suffisant, il faut l'accompagner d'une réforme de la justice qui est corrompue», a affirmé M. Maleh, une personnalité de la société civile arrêtée en octobre 2009 et libérée le mois dernier.
«L'intervention des services de sécurité dans la vie des gens doit cesser, et il faut laisser les protestataires manifester», a-t-il souligné.
L'article 8 de la Constitution stipulant que le parti Baas est le dirigeant de la société et de l'Etat «doit être annulé», a en outre estimé M. Maleh, qui appelle également à la libération de tous les détenus politiques et de conscience. Le président Bachar al Assad a promis samedi la levée dès la semaine prochaine de l'état d'urgence en vigueur depuis 48 ans en Syrie, mais il a ignoré les revendications populaires en faveur d'un démantèlement du régime sécuritaire strict qui régit le pays.
Assad, qui est confronté à une vague de manifestations sans précédent depuis qu'il a succédé à son père Hafez, il y a 11 ans, s'était déjà engagé à remplacer l'état d'urgence instauré lors de la prise de pouvoir du parti Baas en 1963, mais en le remplaçant par une législation antiterroriste.
Dans une allocution prononcée devant le nouveau gouvernement formé jeudi, il a prévenu que cette nouvelle législation ne ferait preuve d'aucune indulgence envers «les saboteurs», un engagement que l'opposition considère comme destiné à maintenir les restrictions aux libertés de réunion et d'expression.
Assad a souligné que, dans le contexte du vent de révoltes qui souffle sur le monde arabe, la stabilité de la Syrie restait sa priorité et a précisé que, si des réformes étaient nécessaires, c'était pour «renforcer le front intérieur» face à la vague actuelle de contestation de son pouvoir. En soulignant qu'un texte levant l'état d'urgence serait adopté au plus tard la semaine prochaine, le président syrien a déclaré que la législation de remplacement devrait être «fermement appliquée».
«Les Syriens sont civilisés. Ils adorent l'ordre et n'accepteront pas le chaos et le règne de la populace. Nous ne serons pas tolérants envers le sabotage», a déclaré le président de 45 ans dans une intervention télévisée à la nation.
Le raïs syrien n'a fait aucune allusion précise aux exigences des dizaines de milliers de manifestants qui réclament depuis plusieurs jours la fin de la mainmise des puissants services de sécurité sur la vie quotidienne des Syriens, la libération des milliers de prisonniers politiques et la fin du monopole du Baas sur la vie publique.
Assad a reconnu que la corruption était un problème en Syrie, mais il n'a annoncé aucune mesure visant à restreindre la domination de son clan sur la vie économique du pays.
«Nous ne voulons pas nous précipiter. Toute réforme doit être fondée sur le maintien de la stabilité interne», a souligné Assad.
Le recours à la force et aux arrestations de masse, entremêlé de promesses de réformes et de concessions aux minorités ethniques et religieuses, n'ont pas réussi jusqu'à présent à convaincre la foule grandissante des protestataires, inspirés par les révolutions qui ont chassé les autocrates tunisien Zine ben Ali et égyptien Hosni Moubarak. A quelques heures du discours d'Assad, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de la ville de Deraa, haut lieu de la contestation, dans le sud du pays, en scandant «Le peuple veut la chute du régime» - comme en Tunisie et en Egypte.
Ils brandissaient des posters de victimes de la répression du mouvement de contestation de ces dernières semaines, ont précisé ces témoins joints au téléphone par l'agence Reuters à partir de la frontière jordanienne. Deraa est considéré comme le berceau de la contestation du régime.
Vendredi, l'agitation avait gagné pour la première fois Damas. Dans la capitale, les forces de sécurité syriennes ont fait usage de bâtons et de grenades lacrymogènes pour empêcher des milliers de manifestants venus des faubourgs de marcher sur la place des Abbassides, la principale de Damas.

REUTERS et AFP
Lundi 18 Avril 2011

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