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Sur fond de crise économique, la majorité est confrontée à de nouvelles frictions


L’Istiqlal s’oppose à toute augmentation des prix et organise une retraite de son comité exécutif à Marrakech



Sur fond de crise économique,  la majorité est confrontée à de nouvelles frictions
Rencontre au sommet pour la majorité qui devait se réunir de nouveau dans la soirée de jeudi 28 mars.  Une réunion qui, selon des ténors de la coalition au pouvoir, ne devrait pas se dérouler sans frictions. Et pour cause. A la dernière rencontre de la majorité, Nizar Baraka, le ministre istiqlalien de l’Economie et des Finances, a présenté un tableau inquiétant de la situation économique du pays. A l’issue de cet exposé «alarmant», selon plusieurs sources qui ont participé à cette réunion,  les quatre partis de la majorité –PJD, Istiqlal, Mouvement populaire et PPS- ont convenu d’en débattre et de proposer des solutions concrètes lors de la réunion de ce jeudi 28 mars.  Tous s’en tiendront au silence sinon au commentaire édulcoré à la presse. Tous, sauf Hamid Chabat, le leader de l’Istiqlal qui se fera fort de bousculer le vœu de  discrétion pour une meilleure réponse collective.  Déclaration ou fuite? Toujours est-il que le patron du plus vieux parti marocain a d’ores et déjà écarté avec force l’éventualité d’une solution à la crise économique qui passerait par l’augmentation des prix. «Une ligne rouge à laquelle le gouvernement ne doit pas toucher ni franchir » aurait-il fait valoir. Cette déclaration-position du syndicaliste devenu leader d’une formation politique plus habituée au pouvoir qu’à l’opposition, a déclenché une nouvelle colère chez les partenaires de la majorité. En coulisses, les langues se délient. Les commentaires se font acerbes, les menaces à peine voilées. « Quand M. Chabat décrète qu’il n’y aura pas d’augmentation des prix, il fait tout simplement de la surenchère dangereuse. Ceci est d’autant plus grave que le secrétaire général de l’Istiqlal  connaît parfaitement la situation économique délicate que traverse le pays. C’est bien son parti qui occupe le portefeuille de l’Economie et des Finances. Hamid Chabat est en train de confirmer ce que tout le monde sait, c’est le champion des petits calculs politiciens étroits!», s’exclame ce ténor de la majorité qui a bien du mal à cacher sa colère.
Dans les rangs de la coalition, c’est la même consigne qui a été donnée : ne pas réagir aux déclarations du premier des Istiqlaliens. Pas question pour les trois autres leaders de la majorité d’ouvrir un nouveau front public de contestation «alors que le Maroc traverse des moments difficiles sur le plan économique». «Ce n’est pas l’envie de réagir qui nous manque. Car nous pourrions rappeler à M. Chabat que c’est sa famille politique, l’Istiqlal, qui conduisait le gouvernement précédent. Et surenchère pour surenchère, nous pourrions lui dire que ce sont donc les Istiqlaliens qui sont à l’origine de cette situation. Mais nous ne le ferons pas. Parce que c’est de notre pays dont il est question ici et que nous ne pouvons pas nous permettre d’ajouter une crise à la crise», déclare ce Haraki en vue.
L’Istiqlal persiste et signe. Mercredi, Nizar Baraka, le ministre des Finances, faisait le même exposé sur la situation économique du pays devant les membres du comité exécutif du parti de la balance. «Nous avons longuement débattu de tout cela.  Le constat qui a été dressé est dramatique. Le Maroc ne dispose que de réserves de trois mois. L’urgence est là. Il faut trouver des solutions, prendre des décisions», confie, inquiet, un Istiqlalien, membre de l’instance exécutive. Et parmi les décisions prises mercredi soir par l’Istiqlal, l’organisation d’une retraite du comité exécutif à Marrakech pour apporter des solutions économiques mais aussi politiques, précisent ceux et celles de l’Istiqlal, au tableau noir de la situation économique. Une manière aussi de signifier au chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, que le parti fondé par Allal El Fassi compte peser de tout son poids de deuxième force de la majorité gouvernementale dans toute prise de décision.

Narjis Rerhaye
Vendredi 29 Mars 2013

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