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Sur fond de crise dans la zone euro : François Hollande attendu sur tous les fronts




Sur fond de crise dans la zone euro : François Hollande attendu sur tous les fronts
Economie en berne, plans sociaux et incertitudes européennes pèsent sur la rentrée du gouvernement, qui a un mois pour préparer un budget 2013 draconien tout en répondant au malaise grandissant d'un pays inquiet pour son avenir.
"La rentrée, c'est maintenant", a résumé François Hollande dimanche soir à son retour à Paris - dans une boutade rappelant le slogan d'une campagne électorale déjà lointaine.
"Le changement se poursuit à son rythme", a ajouté le chef de l'Etat, dont l'agenda réplique aux accusations "d'attentisme" ou de "creux" de la droite et d'une partie de la gauche, Jean-Luc Mélenchon en tête, sur ses 100 premiers jours au pouvoir.
Même au PS, le porte-parole David Assouline parle d'une rentrée de "gravité, tant la situation du pays est difficile et les attentes sont fortes".
En recevant lundi après-midi les ministres du Budget et du Redressement productif, Jérôme Cahuzac et Arnaud Montebourg, François Hollande a d'emblée fait passer le message que l'emploi et les finances publiques restaient des priorités.
Le président de la République, qui a pris 15 jours de vacances, renoue ce mardi avec le traditionnel déjeuner hebdomadaire en compagnie du Premier ministre.
Mercredi soir, l'ensemble du gouvernement se retrouvera à Matignon pour un dîner "amical et convivial", selon l'entourage de Jean-Marc Ayrault. Objectif : mobiliser les troupes autour des grands dossiers que le chef du gouvernement aura égrenés dans la matinée en Conseil des ministres.
La situation des Roms, après les tensions liées aux expulsions décidées en début de mois, fera l'objet d'une réunion interministérielle dans l'après-midi.
A l'orée d'une période difficile pour le pouvoir d'achat, le gouvernement a augmenté de 25% l'allocation de rentrée scolaire, dont le versement est effectif à partir de ce mardi pour quelque trois millions de familles.
L'envolée des prix du carburant fera quant à elle l'objet d'une réunion des professionnels du secteur la semaine prochaine autour du ministre de l'Economie, Pierre Moscovici.
Les chiffres tombés pendant l'été n'ont fait que confirmer la morosité ambiante, avec un chômage toujours en hausse et une économie française qui a enregistré une croissance nulle pour le troisième trimestre consécutif sur la période avril-juin, échappant de justesse à la récession.
Le budget 2013, pour lequel une trentaine de milliards d'euros restent à trouver, s'annonce difficile à boucler pour un exécutif qui s'est jusqu'ici employé à revoir la politique du précédent gouvernement et à appliquer une partie des promesses électorales.
"C'est un budget contraint qui demande un effort mais qui devra être lisible, équitable et porter des fruits dans le redressement", dit-on dans l'entourage de François Hollande.
A l'image de Pierre Moscovici, qui affirmait ce week-end croire au retour de la croissance l'an prochain, le gouvernement entend rester positif.
"Les Français sont pessimistes et en même temps, ils espèrent. Il faut leur tenir un discours de vérité tout en leur montrant ce qu'il faut faire. Il faut de la créativité, de l'imagination", dit une source gouvernementale.
A l'international, le drame syrien et la crise de la zone euro dominent une actualité anxiogène.
François Hollande a reçu lundi à l'Elysée l'Algérien Lakhdar Brahimi, nouveau médiateur international dans le conflit en Syrie, à qui il a demandé de "tout mettre en oeuvre afin d'obtenir d'abord la cessation des violences" qui ont fait plus de 18.000 morts.
Le dossier sera au menu de la rencontre entre François Hollande et Angela Merkel, jeudi soir à Berlin.
Autre sujet brûlant : la crise de la zone euro marquée par les difficultés des banques espagnoles et la Grèce, qui demande un délai supplémentaire de deux ans pour respecter les engagements convenus dans le cadre d'un second plan d'aide international de 130 milliards d'euros.
L'Allemagne, qui affiche sa fermeté sur ce dossier, recevra vendredi le Premier ministre grec Antonis Samaras, attendu le lendemain matin par François Hollande à l'Elysée.

Reuters
Mercredi 22 Août 2012

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