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Suède et Danemark dressent de nouveaux obstacles sur la route des migrants

Copenhague compte déployer des militaires en renfort pour assurer les contrôles de la frontière allemande




La Suède et le Danemark ont dressé lundi de nouveaux obstacles sur la route des migrants cherchant à obtenir l'asile dans ces pays prospères de l'Union européenne, s'attirant les critiques de l'Allemagne pour qui Schengen est "en danger".
 Pour la première fois depuis l'accord signé il y a un demi-siècle pour garantir la libre circulation des personnes entre les pays nordiques, la Suède impose pour entrer sur son territoire la présentation d'une pièce d'identité à tous les voyageurs arrivant du Danemark, lequel a aussitôt réagi en instaurant des contrôles à la frontière allemande.
 "Nous faisons cela pour éviter une situation problématique qui ne nous permettrait plus d'accueillir les demandeurs d'asile dans de bonnes conditions", a justifié le ministre suédois de l'Immigration, Morgan Johansson, dont le pays est celui de l'UE ayant accueilli le plus grand nombre de migrants en 2015 par rapport à sa population.
Par ailleurs, le Danemark compte déployer jusqu'à 400 soldats en appui aux policiers en charge des contrôles à la frontière allemande pour stopper l'arrivée de demandeurs d'asile.
 La ministre danoise de l'Intégration, Inger Stojberg, a indiqué que les militaires pourraient être appelés à procéder aux vérifications de l'identité des voyageurs en provenance de l'Allemagne voisine, rapportent mardi des médias locaux.
 Le Premier ministre Lars Lokke Rasmussen a annoncé lundi le début, avec effet immédiat, de ces contrôles aléatoires prévus pour 10 jours renouvelables.
 La démarche des deux pays nordiques a été vivement critiquée en Allemagne qui a évoqué un "danger" pour l'espace Schengen dont la libre circulation constitue l'un des fondements.
 Pour les média allemands, la décision danoise est surtout la conséquence du "populisme" de la droite aux commandes avec un gouvernement minoritaire tributaire du soutien au parlement de la formation anti-immigration, le Parti populaire danois (DF).
Pour justifier le recours aux renforts des soldats, la ministre danoise de l'Intégration, porte-voix de la politique intransigeante de Copenhague sur le dossier migratoire, a invoqué la volonté de ne pas encombrer la police, précisant qu'une formation sera dispensée aux soldats pour les préparer à cette nouvelle mission.
Cité par le quotidien +The Copenhagen Post+, le président de la fédération de la police danoise, Claus Oxfeldt, a critiqué cette initiative comme étant un développement regrettable dans un Etat de droit.
 En Allemagne, nombre d'experts ont indiqué que la plupart des demandeurs d'asile non admis dans le pays sont immédiatement renvoyés en Autriche et très peu d'entre eux continuent leur route au nord surtout vers la Suède qui était très prisée pour sa politique d'asile généreuse.
L'Allemagne, qui a pour sa part reçu plus d'un million de réfugiés l'an dernier, a rappelé par la voix de son ministère des Affaires étrangères que "la libre circulation est un bien précieux" au sein de l'Union européenne.
 L'accord de Schengen la régissant "est très important mais est en danger", a déclaré le porte-parole du ministre Frank-Walter Steinmeier, Martin Schäfer. Une dizaine d'Etats membres ont rétabli à divers degrés les contrôles à leurs frontières, érigeant même pour certains (Hongrie, Slovénie) des clôtures antimigrants.
 Les traités européens permettent le rétablissement des contrôles aux frontières en cas exceptionnel, même si cela affaiblit considérablement les accords de Schengen entrés en vigueur en 1995.
 L'Allemagne elle-même a rétabli des contrôles à sa frontière avec l'Autriche en septembre.
 
 

Mercredi 6 Janvier 2016

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