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Steve McCurry : les photos étaient bien là, il fallait juste les prendre

Trente ans à chercher des images pour mieux saisir le sens de l’éternité




Steve McCurry : les photos étaient bien là, il fallait juste les prendre
Cela fait 30 ans que cet infatigable photographe sillonne  le monde. Des Etats-Unis au fin fond du Tibet, en passant par l’Inde  et le Sri Lanka. En excellent reporter, il sait quand et comment capter des images qui racontent l’indicible : images d’enfants soldats,  exhibant fièrement leurs Kalachnikovs, d’hommes   vivant dans un dénuement extrême, de femmes meurtries par le  destin, de vieillards  au regard dédaigneux, auxquels la vie n’a jamais fait de cadeau. Steve McCurry  a pris certaines de ces photos au péril de sa vie. Mais il  ne recule jamais devant le risque.  
"Je préfère prendre un risque plutôt que ne pas le prendre, après je me pose la question de savoir si j'aurais dû ", a déclaré McCurry  à l'AFP, à l’occasion de la sortie  récente de son livre « Inédit : Les histoires à l’origine de la photographie ». Ce livre où il a sélectionné  près de 200 photographies majeures, issues de  14 reportages et documentaires, qu’il a réalisés au cours de sa très longue carrière. Autant d'histoires photographiques, illustrées de multiples documents, de notes manuscrites, de lettres de témoignages, de recommandations ou plus prosaïquement de billets de trains et autres souvenirs éphémères. 
Parmi ces photos, une qui a fait le tour du monde: celle d’une adolescente afghane, au regard vert perçant, qui répond au nom de Sharbat Gula. Cette photo-là, McCurry  l’avait prise en 1984, dans un camp de réfugiés du nord-ouest de l’Afghanistan, alors sous occupation soviétique.  
" En l'espace de quelques secondes, tout était parfait, la lumière, l'arrière-plan et l'expression de ses yeux", explique  McCurry dans son livre. Curieusement, la photo n'est pas retenue tout de suite pour la Une du National Geographic, pour lequel travaille le photographe. C'est après coup que  Bill Garett, l'éditeur du magazine, l’a choisie - parmi les photos initialement rejetées - pour la couverture de ce numéro de juin 1985. 
En peu de temps, elle devient une véritable icône de la photographie moderne. Des années plus tard, Steve McCurry parvient, non sans mal, à retrouver l’adolescente afghane,  qui avait eu le temps de devenir   une jeune mère trentenaire. McCurry pourra la photographier à nouveau. Tout a changé en elle, sauf le regard, qui est resté le même : vert,  vif, tragique et pénétrant. Elle était loin de savoir que son premier portrait est devenu une véritable icône. Le photographe ne manqua pas, assure-t-il,  de lui exprimer sa gratitude. Pour lui, rencontrer des gens dans une telle détresse et repartir sans soulager leur souffrance, ni pouvoir les aider matériellement, mériterait de faire réfléchir les reporters.  

Mehdi Ouassat
Vendredi 3 Janvier 2014

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