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Steve Ballmer, l'anti-Bill Gates




Steve Ballmer, l'anti-Bill Gates
Verbe haut et fort, stature imposante: Steve Ballmer, le patron de Microsoft qui a annoncé vendredi son départ de l'entreprise, a souvent fait figure d'anti-Bill Gates, son vieil ami introverti à qui il a succédé à la tête du géant informatique en 2000.
Malgré ses légendaires éclats de voix et son énergie débordante, ce natif du Michigan, père de trois enfants et âgé de 57 ans, sera longtemps resté dans l'ombre du fondateur de Microsoft, multi-milliardaire aujourd'hui reconverti dans le philanthropie.
Leur destin commun s'est noué sur les bancs de l'université de Harvard dans les années 70 où les deux compères partageaient, selon la légende, une passion commune pour le cinéma.
Une fois diplômé, Ballmer s'oriente vers une carrière de commercial chez Procter and Gamble, avant de changer radicalement de direction en 1980 quand Bill Gates le fait venir dans la petite start-up qu'il a fondée cinq ans auparavant.
C'est le début d'une irrésistible ascension qui l'emmènera vingt ans plus tard jusqu'au sommet de l'entreprise, devenue un mastodonte mondial  avec son système d'exploitation Windows et son milliard d'utilisateurs.
Directeur financier, chargé des ressources humaines, patron des ventes, Ballmer aura gravi un à un les échelons de Microsoft conformément aux canons de la "success story" à l'américaine.
Son ambition? Rien moins que "changer le monde", disait-il au début des années 2000 alors qu'il venait de s'installer aux commandes du groupe.

Exubérance et voix de stentor

Là où Bill Gates était réservé et passionné par la technologie, Steve Ballmer fait parler son exubérance, son goût pour le contact humain et fait surtout entendre sa voix de stentor. Energiques et passionnées, certaines de ses présentations publiques des produits Microsoft font le tour du Net... et lui ont valu une opération de réparation des cordes vocales.
Derrière son physique un brin rondouillard se cache un redoutable dirigeant d'entreprise prêt à croiser le fer avec la concurrence, et notamment Apple. En 2009, en pleine crise aux Etats-Unis, ce grand chauve aux yeux clairs avait espéré que le contexte économique plombe la marque à la pomme.
"Payer 500 dollars en plus dans ce contexte pour le même équipement, payer 500 dollars pour avoir un logo? Je pense que c'est une offre bien moins attrayante qu'auparavant pour le consommateur moyen", avait-il lancé.
La concurrence? "Nous les rattrapons tous les jours", disait-il également au début des années 2000, non sans forfanterie.
Il ne s'est, parfois, pas montré beaucoup plus amène avec les autorités. En 1997, alors que Microsoft était poursuivi aux Etats-Unis pour abus de position dominante, il avait tout simplement invité la ministre de la Justice de l'époque, Janet Reno, à "aller se faire voir".
Grand communicant, à l'aise avec les médias, M. Ballmer n'a jamais hésité à remettre les journalistes à leur place. Interrogé en février sur les déboires commerciaux de la tablette mobile Surface dont il avait parrainé le lancement, le grand patron avait lâché: "Je ne veux pas que vous soyez d'accord avec moi, je veux juste que les choses soient claires".
Son départ de l'entreprise alors que sa stratégie est de plus en plus contestée lui laisse, semble-t-il, un goût amer. "C'est une décision difficile et émouvante", a-t-il écrit aux employés de Microsoft, tout en prenant soin de défendre bec et ongles son bilan à la tête du groupe.
Au fil des années, M. Ballmer a accumulé une impressionnante fortune personnelle de 15,2 milliards de dollars, selon le magazine Forbes.
Mais il reste, encore une fois, loin derrière un certain Bill Gates, deuxième homme le plus riche du globe avec 67 milliards de dollars.

AFP
Mercredi 28 Août 2013

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