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Station de ski et de montagne du Michlifen : Le temps de l’anarchie et de l’irresponsabilité




Station de ski et de montagne du Michlifen : Le temps de l’anarchie et de l’irresponsabilité
Diverses régions de notre pays se prêtent merveilleusement à la pratique des sports d’hiver en général et de celle du ski alpin en particulier qui connaît, partout ailleurs, un essor prodigieux.
En effet, au Maroc, c’est le Moyen-Atlas qui a été le premier à voir évoluer des skieurs avec la naissance d’un mouvement favorable au développement du ski alpin et la création de la première école de ski au Maroc durant la saison sportive 1932-33 par un skieur français, M. Malicet, un ancien élève de l’école de Megève qui a prospecté les terrains de Borj Doumergue et de Djebel Hebri.
Par ailleurs, il est à rappeler qu’à 2000 mètres d’altitude, le Tizi N’Tghaten (col des chèvres) et le Michlifen (la montagne aux toisons de laine) de l’autre côté de Borj Doumergue et du Hebri, présentent des champs de neige connus depuis si longtemps de tous les skieurs des régions de Meknès et Fès pour ne pas dire, de toutes les régions du Maroc. Et c’est le Tizi N’Tghaten, situé à 11 km d’Ifrane qui, le premier au Maroc, en 1936, a fait l’objet d’un aménagement sommaire avec la construction d’une piste empierrée, réalisée par les moyens locaux, l’établissement de parcs automobiles et la construction d’un chalet-refuge avec l’installation d’un modeste tremplin de saut à ski.
Aujourd’hui, hélas !, cet aménagement n’est plus qu’un souvenir car, délaissant les champs de neige du Tizi pour des pentes mieux exposées, l’administration locale, anciennement responsable du développement d’Ifrane, a poursuivi les travaux d’accès sur une distance de 6 km au-delà du col, jusqu’à Michlifen. Dans ce site d’une très rare beauté, le Ski Club d’Ifrane a construit, dès 1937, un chalet-refuge comprenant une grande salle commune et un dortoir aménagé, une kitchinette et des sanitaires. En bordure de la forêt de cèdre, une pente très douce, favorable aux essais et à l’initiation des débutants s’incline jusqu’au refuge. A proximité du chalet-refuge du Club, notamment au lieu dit “le grand cratère” de Michlifen, vaste cirque naturel, d’autres pentes de dénivellation plus ou moins forte, s’offrent aux skieurs expérimentés dans une belle station de ski.
Mais si le site est enchanteur, sa seule poésie, comme disait le journaliste Guy Evin, ne saurait y retenir les amateurs fervents de ski et de luges, car il fallait songer à équiper cette station. C’est d’ailleurs pour cela que le 5 mai 1950, un comité provisoire des souscripteurs locaux, épaulé par le Syndicat d’initiative et du tourisme d’Ifrane et le Ski Club d’Ifrane auxquels s’est associé le Ski Club d’Azrou, ont fait venir de France un constructeur spécialisé dans la fabrication des remonte-pentes, M. Pomagalski, pour procéder, sur place, à un examen approfondi des projets d’équipement sportif des stations respectives de Michlifen et de Borj Doumergue.
Comme il est évident que le développement d’Ifrane, station climatique, intéresse non seulement l’Etat mais aussi et surtout un bon nombre de particuliers résidant à Ifrane et dans la région dont  les hôteliers, les commerçants, les entrepreneurs, sans compter tous les amateurs de ski, la nécessité d’une étroite collaboration et d’un partenariat entre les services publics et l’initiative privée s’est fait alors ressentir. C’est ainsi que Sports Ifrane S.A qui était une société pour le développement du tourisme et des sports à but non lucratif dans la région d’Ifrane a vu le jour le 18 juillet 1950 avec un capital de 3.500.000 francs divisé en 700 actions de 5.000 francs chacune et souscrites par 105 actionnaires.
Amorcé dès le début par une subvention de 2.000.000 francs du service de la Jeunesse et des Sports, appuyé par la direction de l’Intérieur et le service du contrôle des municipalités avec une inscription au budget municipal d’une somme de 1.500.000 francs, le financement de l’entreprise était désormais assuré et la station de ski de Michlifen ouvrit ses portes officiellement aux mordus de la glisse le 10 décembre 1950 pour fonctionner jusqu’au début du mois d’avril 1951. L’enneigement, véritablement exceptionnel, dépassa toutes les prévisions cette année-là et c’est ainsi que l’inauguration de la station de ski de Michlifen a eu lieu le 4 mars 1951 avec l’organisation de l’épreuve d’un slalom spécial qui fut remporté par le Ski Club de Marrakech qui s’adjugea ainsi la première Coupe de la ville d’Ifrane, organisée de nos jours encore par le Ski Club d’Ifrane. Aussi, la première fête des neiges fut-elle organisée à Ifrane en 1936 à l’occasion de la naissance du Ski Club d’Ifrane, créé le 10 octobre 1936. De nos jours malheureusement, cette station de ski et de sports de montagne n’est plus qu’anarchie, désordre et démission des gestionnaires, en l’occurrence les conseillers municipaux qui n’accordent aucun intérêt à la réorganisation et à la promotion de ce joyaux des sports d’hiver au Maroc.
Cet état de désordre que vit de nos jours la station de ski et de montagne interpelle aussi bien le conseil urbain d’Ifrane que les services d’ordre compétents, les dirigeants du Ski Club Ifrane, le Croissant-Rouge d’Ifrane aux abonnés absents et aussi les commerçants et les hôteliers de la cité. Il se caractérise par :
- le manque de balisage et de respect des pistes réservées à chaque discipline sportive (ski, luge ou champs de neige pour piétons) ainsi que le manque d’agents chargés de l’ordre sur les différents champs de neige;
- l’anarchie et la mauvaise gestion dans la location du matériel de la glisse (ski et luge) dont la majorité est vétuste et constituent un danger pour la sécurité des utilisateurs;
- l’anarchie des marchands ambulants avec la présentation de denrées alimentaires à même le sol sans aucun contrôle d’hygiène et de salubrité, en l’absence de magasins et de lieux de restauration au niveau de la station et à l’image de marque de la ville d‘Ifrane, de sa station de ski et de montagne Michlifen;
- l’anarchie des muletiers qui offrent leur service pour de soi-disant randonnées équestres entre lugeurs et skieurs.
- l’anarchie dans l’organisation des cours d’initiation de ski alpin assurés par de soi-disant moniteurs dont la majorité n’a aucune formation en matière pédagogique et technique, sans parler des assurances dont ils ne disposent pas;
- l’absence d’entretien des pistes de ski alpin dont notamment les pistes rouge et noire fermées depuis des années à cause des nouveaux plants d’arbres qui y ont poussé.

MOHAMMED DRIHEM
Lundi 13 Février 2012

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1.Posté par LANSARI le 01/03/2012 10:07
bonjour,
vous venez me rappeler à mes souvenirs d'enfance. Je suis originaire d'Azrou, j'ai fait mes études au Lycée Tarik.. A l'époque de la colonisation, il y avait le Bureau Jeunesse et Sport qui nous proposait plusieurs sports, entre autres LE SKI. Tout le matériel pour la glisse nous a été fournis, et on avait un encadrement. On skiait avec nos djellabas ou les vêtements de bords. Et c'est comme cela que j'ai appris à skier, le ski que je pratique en France. J'ai obtenu ainsi le Diplôme d'instructeur. Depuis ce temps, tout a été dégradé, les chalets ont été saccagés, et le bois volés, les pistes non entretenues. Je me rappelle qu'à la saison de neige, nous allions damer les pistes, mettre les piquets pour baliser la piste, nettoyer le chalet d'entretien du matériel. Tout les jeunes d'Azrou y participer. J'ai oublié de vous dire qu'il s'agissait de Djebl Habri. La municipalité y paticipait pleinement, et la station est mise aux enchères pour la saison. La région mérite d'être valorisée, avoir de l'imagination comme cela se fait en France, créer une piste gazonnée en remplacement de la NEIGE en cas de "panne", développer les chemins de randonné(Djebl Habri-Michliffen-Ifrane-Azrou, ballades en âne etc, établir un Office de Tourisme Régional qui mettra en valeur les richesses de la Région. Es une priorité quand il y a d'autres problèmes urgents, ou considère-t-on ce sport comme amusement pour les riches? Possible, et c'est ce que doit penser la Municipalité qui gère le domaine. Je pense que toute démarche, pour la création des loisirs est bénéfique à long terme et pour la jeunesse à venir. C'est de l'investissement à long terme. Vous évoquez dans votre article les restaurants et les hôtels et tout ceux qui ne bénéficient plus de ce loisir. Et vous avez bien fait de le noter. Car je me rappelle que le restaurant de la station faisait travailler au moins dix personnes, le guichet des remontés trois personnes etc... Dommage qu'on puisse abandonner un tel lieu. En tout cas votre article a été très instructif. Allez-y à Azrou, questionnez les gens qui ont connu cette époque. Une question, et maintenant que deviennent toutes ces stations? Cela fait très longtemps que je n'ai pas mis les pieds aux alentours. Au mois et Juin et grâce à vôtre article, j'irais faire un tour. Je vous enverrai des phots.

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