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Stages académiques: Le chemin de croix des étudiants arabes




Pour un étudiant français, passer un stage s’avère une étape de transition normale entre la vie académique universitaire et la vie professionnelle. Le marché du travail européen est de plus en plus conscient de l’importance des stages qui constituent souvent une période durant laquelle on examine le stagiaire, éventuel futur employé. Les stagiaires tentent toujours de se distinguer au sein de l’établissement d’accueil afin que leur stage aboutisse à une proposition d’emploi. Les stages sont devenus une exigence pour l’obtention des diplômes de licence. Un rapport de stage et une convention signée entre l’université et l’établissement de stage constituent des garanties pour la rigueur et le suivi de la formation de l’étudiant.
Les étudiants arabes, quant à eux, se trouvent aujourd’hui face à un problème déplorable. D’une part, les universités, notamment privées, exigent un stage comme condition pour valider la licence. D’autre part, les sociétés installées dans leur pays ne saisissent encore pas l’importance du concept de stage. Elles trouvent qu’un stagiaire est un étranger sans expérience qui viendrait peser sur les ressources de la société et que la convention de stage est un contrat qui pourrait les obliger à remplir des engagements évitables. En conséquence, elles se méfient des stages. Non seulement elles n’instaurent pas de programmes adaptés aux stages, mais elles ignorent les appels des stagiaires.
Dans ce cas les étudiants ne disposent que d’une seule voie de recours : les pistons (el wasta). Ils passent leur stage là où leurs pères ou leurs oncles travaillent et ce essentiellement dans le but d’obtenir leur attestation de stage. Ils n’ont donc ni la motivation de prendre les initiatives comme ils ne déploient aucun effort pour trouver le poste, ni le cadre adapté pouvant leur faire profiter de leur stage. Même ceux qui réussissent à obtenir l’approbation de certaines sociétés, sont souvent acceptés afin d’accomplir les tâches médiocres dont se méfient les employés, à savoir l’envoi des mails et des fax, les photocopies et ils préparent même le café pour les employés.
Le stage se résume ainsi en un bout de papier et un rapport composé de tâches inventées. Il ne faut pas se tromper et penser qu’il s’agit là des stages d’observation. Les stages d’observation requièrent que l’étudiant soit encadré par le biais d’un directeur de stage et qu’il soit invité à observer de près les tâches accomplies par les employés.
Il est vrai que les universités organisent de plus en plus les journées portes ouvertes où les sociétés viennent recevoir les C.V. des étudiants. Ces manifestations ciblent toutefois les étudiants en dernière année de leur cycle universitaire cherchant un emploi plutôt qu’un stage.
Dans ce contexte, il est important de soutenir et de promouvoir les initiatives encourageant les étudiants arabes et les aidant à trouver des stages adéquats à leur domaine d’étude. A titre d’exemple, l’Association des universités arabes parraine à travers le Conseil arabe de formation des étudiants un forum portant sur les échanges interarabes en matière de stages. Le dernier et 16ème forum a été tenu à la ville d’Aqaba en Jordanie où se trouve le siège du Conseil. Ce forum a conclu que les principaux obstacles entravant les échanges interarabes en la matière durant l’année 2009 sont la difficulté de sécurisation des visas de certains pays arabes, la difficulté de trouver des logements dans les pays d’accueil, les conditions politiques dont souffrent certains pays de la région et le fait que le début des stages coïncide souvent avec les examens finaux.
Les recommandations du forum sont très adaptés aux conditions de la région : accepter les stagiaires à partir de l’avant-dernière année du cycle universitaire, augmenter le montant d’argent de poche octroyé aux étudiants en besoin de 6 à 10 dollars par jour, inciter les responsables des universités arabes à fournir plus d’opportunités aux étudiants arabes, notamment les étudiants palestiniens et irakiens.
Il est temps que les universités et les institutions de formation de la région prennent conscience de l’importance de la formation professionnelle des étudiants qui n’auront pas l’occasion d’être acceptés à l’étranger. Les sociétés européennes exigent, en effet, qu’un stagiaire soit au moins titulaire d’une licence.
Dans les pays arabes, la moyenne des dépenses consacrées à chaque étudiant est estimée à 2500 dollars par an contre 45 mille dollars par étudiant dans les pays développés. Il faut donc une sensibilisation collective quant à ce problème pour que les institutions de formation collaborent avec les institutions professionnelles. L’Association des universités arabes qui a tenu son premier forum en 1995 devra observer de plus près le projet d’échange mené par son Conseil pour aboutir à des résultats plus concrets et de grande ampleur.

Dina Megahed
Mercredi 14 Juillet 2010

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