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Spotlight crée la surprise Leonardo DiCaprio enfin !




Spotlight, The Revenant, Mad Max: Fury Road sont les trois gagnants des 88e Oscars qui ont eu lieu dimanche à Los Angeles. Couronné en début de soirée de l'Oscar du meilleur scénario original, Spotlight, qui raconte l'enquête des journalistes du Boston Globe sur les prêtres catholiques pédophiles, a créé la surprise en repartant avec la récompense reine de meilleur film, au détriment de The Revenant, favori des pronostics. Mais le triomphe de Leonardo DiCaprio a bien eu lieu. La star, qui a gagné tous les prix possibles et imaginables cette saison, a remporté le trophée du meilleur acteur pour sa performance ahurissante et physique dans l'épopée survivaliste d'Alejandro Inarritu.
Spotlight”, saga journalistique sur les prêtres pédophiles, a été sacré meilleur film aux Oscars dimanche tandis que le western sombre “The Revenant” a notamment remporté le prix du meilleur réalisateur et offert à Leonardo DiCaprio sa première statuette. La saga post-apocalyptique “Mad Max: Fury Road” est repartie avec une moisson de prix techniques – six statuettes sur dix nominations – d’une cérémonie marquée par la polémique sur l’absence de diversité à Hollywood.
“Spotlight”, de Tom McCarthy, était servi par un remarquable ensemble d’acteurs dont Mark Ruffalo, Rachel McAdams ou Michael Keaton.
Le réalisateur, primé pour son scénario, et les producteurs de ce film haletant ont rendu hommage aux victimes des abus sexuels dans l’Eglise et appelé le Vatican à agir.
Leonardo DiCaprio, l’une des plus grandes stars d’Hollywood, a quant à lui reçu son premier Oscar pour son interprétation d’un trappeur en quête de vengeance dans “The Revenant”.
L’acteur de 41 ans aux yeux bleus, qui a décrit ce tournage dans le Grand Nord canadien et la Patagonie comme l’une des plus difficiles expériences de sa carrière, était grand favori.
Pour ce rôle, “Leo” a escaladé des montagnes avec de lourdes fourrures sur le dos, s’est baigné dans des rivières glacées et a dévoré du foie de bison cru. Il a reçu une ovation au Dolby Theatre et a appelé à agir contre le changement climatique, un phénomène “réel” et la “menace la plus pressante pesant sur notre espèce”.
Alejandro Iñarritu entre, quant à lui, dans la légende d’Hollywood: déjà primé l’an dernier pour “Birdman”, le Mexicain n’est que le troisième metteur en scène de l’Histoire à réussir un tel doublé, après les mythiques  John Ford (1941 et 1942) et Joseph L. Mankiewicz (1950 et 1951).
Preuve de la montée en puissance des Mexicains au firmament d’Hollywood, son complice et compatriote Emmanuel Lubezki est, quant à lui, le premier directeur de la photographie à enchaîner trois Oscars pour avoir capté la beauté sauvage du Grand Nord canadien et la brutalité du corps-à-corps de DiCaprio avec un grizzli.
Chez les femmes, Brie Larson, bouleversante mère captive dans “Room” (meilleure actrice), et Alicia Vikander, épouse-courage de la pionnière des transgenres Lili Elbe dans “The Danish Girl” (meilleur second rôle féminin), sont aussi reparties avec une statuette.
En revanche, le roi des films d’action Sylvester Stallone, qui était donné favori pour sa septième reprise du boxeur qu’il a créé, Rocky Balboa, a été évincé par le Britannique Mark Rylance, agent russe dans “Le Pont des Espions”. La virulente polémique sur le manque de diversité à Hollywood a marqué toute la cérémonie, en véritable fil rouge.
Pour la deuxième année de suite, les 20 acteurs finalistes aux Oscars étaient blancs. Le présentateur noir Chris Rock n’a pas mâché ses mots et parsemé toute la cérémonie de sketches évoquant la frustration des Afro-Américains face à leur difficulté à obtenir des rôles à Hollywood. Introduisant “la cérémonie des Oscars, également connue comme les prix des gens blancs”, il a plaisanté: “s’ils nominaient les présentateurs, je n’aurais même pas ce travail!”.
Plus sérieusement, il a martelé: “Nous. Voulons. Des opportunités. Nous voulons que les acteurs noirs bénéficient des mêmes opportunités”.
La présidente de l’Académie qui décerne les Oscars, Cheryl Boone Isaacs, elle-même Afro-Américaine, a appelé pendant la cérémonie “à agir” pour plus d’ouverture de la puissante organisation aux femmes et minorités.
“Ensemble, je sais que nous pouvons forger un futur dont nous serons tous fiers”, a-t-elle déclaré.
Parmi les grands moments d‘émotion: l’Oscar de l’Italien Ennio Morricone pour la musique du film de Quentin Tarantino “Les Huit Salopards”. Les larmes aux yeux, le compositeur de 87 ans a reçu une ovation.
La chanteuse Lady Gaga entourée de victimes d’abus sexuels sur les campus universitaires a aussi tiré des larmes au parterre de stars réuni au Dolby Theatre d’Hollywood.
Parmi les autres faits marquants de la soirée, Disney a empoché un quatrième Oscar d’affilée pour “Vice-Versa”, son chef-d’oeuvre d’animation sur les émotions qui se bousculent dans la tête d’une petite fille.
Le magnifique et crépusculaire “Fils de Saul”, un premier film du Hongrois Laszlo Nemes sur les juifs forcés de travailler dans les chambres à gaz, a été sacré meilleur film étranger, doublant le franco-turc “Mustang” qui a triomphé aux Césars vendredi.


Les moments forts des Oscars

Du monologue d'ouverture du comédien et humoriste Chris Rock jusqu'au sacre de Leonardo DiCaprio, en passant par l'ovation réservée à Lady Gaga, la 88ème cérémonie des Oscars a connu plusieurs moments forts.

DiCaprio, enfin
22 ans après sa première nomination pour "Gilbert Grape", Leonardo DiCaprio l'a finalement emporté, comme prévu. Nommé pour la sixième fois (dont une en tant que producteur), il a reçu, à 41 ans, l'Oscar du meilleur acteur dans un rôle principal pour "The Revenant".
Il a rendu hommage au réalisateur du film, Alejandro Iñarritu, qui a "créé une aventure cinématographique transcendante pour nous tous", mais aussi à un autre metteur en scène, Martin Scorsese, avec lequel il a beaucoup travaillé.
Comme il le fait très régulièrement, il a appelé le monde à se mobiliser contre le changement climatique, l'un de ses grands combats de longue date.
"C'est la menace la plus urgente pesant sur notre espèce et nous devons travailler tous ensemble" contre ce phénomène, a-t-il déclaré.

Chris Rock attaque à l'arme lourde
Très attendu sur la question du manque de diversité aux Oscars, le présentateur de la cérémonie n'a pas lésiné. Allusions, séquences pré-enregistrées, toute la soirée a été ponctuée par des appels au changement.
Tout a commencé avec le monologue d'ouverture des Oscars, "connus aussi comme les récompenses attribuées par les Blancs", a ironisé le comédien, qui est lui- même noir. "Il ne s'agit pas de boycotter", a-t-il assuré, "simplement, nous voulons des opportunités. Nous voulons que les acteurs noirs aient les mêmes opportunités que les acteurs blancs."

Sylvester Stallone repart bredouille
Nommé, à 69 ans, dans la catégorie second rôle pour sa prestation dans "Creed: l'héritage de Rocky Balboa",- un "spin-off" (film dérivé d'un autre) de la saga sur le boxeur -, "Sly" a été coiffé à la surprise générale par l'acteur britannique Mark Rylance ("Le Pont des Espions").
Il s'agissait de la troisième nomination pour Sylvester Stallone, la première depuis 39 ans et le premier volet de "Rocky".
Avant le début de la soirée, l'acteur spécialiste des films d'action n'avait pas caché son excitation. "En route pour la plus grande soirée", avait tweeté celui qui interprète, pour la septième fois au cinéma, le personnage de Rocky Balboa.

Ovation pour Lady Gaga
La célèbre chanteuse américaine a interprété son titre "Til it Happens to You", composée pour le documentaire "The Hunting Ground" avec, sur scène, des victimes d'agressions sexuelles, sujet du film.
"The Hunting Ground" évoque le phénomène répandu des agressions sexuelles sur les campus universitaires américains, régulièrement couverts par les autorités locales par crainte du scandale.
Alors que Lady Gaga, qui avait été présentée par le vice-président Joe Biden, achevait sa prestation, plusieurs dizaines de victimes d'agressions sexuelles sur des campus l'ont rejointe. Le public du Dolby Theatre s'est alors levé pour une longue ovation. Les actrices Kate Winslet et Rachel McAdams avaient les larmes aux yeux.

Triplé pour Lubezki
Maître de la lumière et du plan-séquence, le Mexicain Emmanuel Lubezki est devenu dimanche grâce à "The Revenant" le premier directeur de la photographie à obtenir trois Oscars consécutifs.
Ces trois trophées ont été obtenus pour des films très différents les uns des autres.
Emmanuel Lubezki avait été récompensé en 2015 pour "Birdman", tourné avec le même réalisateur que "The Revenant", son compatriote Alejandro Iñarritu. En 2014, il l'avait emporté avec "Gravity", dirigé par Alfonso Cuaron, également Mexicain.
Le président mexicain Enrique Peña Nieto a lui-même salué dimanche sur Twitter le "grand talent" d'Emmanuel Lubezki.


L'oubli de Stallone et le monopole de Disney
Pas K.-O., mais presque ! Grand favori dans la catégorie meilleur second rôle pour son 7e film sous les traits du légendaire boxeur Rocky Balboa, Sylvester Stallone était bien parti pour remporter, lui aussi, son premier oscar. Mais le destin hollywoodien en a voulu autrement et « Sly » a dû ronger son frein tandis que Mark Rylance (Le Pont des espions) montait sur scène pour récupérer la statuette
Malgré la déception affichée de « l'étalon italien », il peut compter sur son grand ami de toujours, Arnold Schwarzenegger. Ce dernier s'est exprimé à travers une courte vidéo postée sur son compte Twitter, où il console Stallone par ces mots : « Pour moi, tu es le meilleur. Peu importe ce que les autres disent. » Sympa, le Schwarzi !
Morricone : l'injustice réparée
Cette cérémonie aura permis de mettre un terme à l'une des plus grandes aberrations de l'histoire de l'Académie : Ennio Morricone, qui n'avait reçu qu'un oscar d'honneur en 2007 pour l'ensemble de sa carrière, décroche enfin une « vraie » statuette à 87 ans. « Une bonne musique ne sauvera jamais un mauvais film », a pour habitude de dire le maestro romain. Mais avec sa partition tirant plus vers le film d'horreur que le western, Morricone apporte une tension bienvenue à l'interminable Huit Salopards de Quentin Tarantino. Son confrère John Williams repart, lui, bredouille, à l'image de Star Wars qui n'avait pas besoin des oscars pour obtenir un box-office intergalactique.

Le monopole Disney
Après Rebelle (2013), La Reine des neiges (2014) et Les Nouveaux Héros (2015), c'est au tour de Vice-Versa (de Pete Docter et Ronaldo Del Carmen), le dernier-né des studios Disney-Pixar, de rafler l'oscar du meilleur film d'animation. C'est la quatrième victoire consécutive pour Disney et la preuve de la réussite totale de John Lasseter qui a sauvé le studio du naufrage.

Mad Max : consécration ou lot de consolation ?
Si l'on se base sur les chiffres, le film fou furieux de George Miller est le grand gagnant de la soirée avec six statuettes cumulées. Mais ce record n'est qu'une illusion : en réalité, Mad Max : Fury Road a été récompensé uniquement dans les catégories techniques : meilleur mixage, meilleur montage sonore, meilleur montage, meilleurs costumes, meilleurs maquillages, meilleurs décors. Autant de victoires largement méritées, mais qui illustrent une fâcheuse habitude de l'Académie des Oscars qui semble estimer que les blockbusters grand public n'ont pas droit aux prix «importants». George Miller était pourtant le grand favori et n'aurait pas démérité face à Alejandro Iñárritu, déjà récompensé l'an dernier. Quand on a 70 ans et qu'on est encore capable de révolutionner le cinéma, ne mérite-t-on pas davantage de considération ?.

Le palmarès

Meilleur film: Spotlight
Meilleur acteur: Leonardo DiCaprio (The Revenant)
Meilleure actrice: Brie Larson (Room)
Meilleur réalisateur: Alejandro Gonzalez Iñárritu
(The Revenant)
Meilleure chanson originale: Writing's on the Wall, de Jimmy Napes et Sam Smith (Spectre)
Meilleure musique: Ennio Morricone (The Hateful Eight)
Meilleur film étranger: Saul Fia, de László Nemes
(Hongrie)
Meilleur court métrage de fiction: Stutterer
(Benjamin Cleary and Serena Armitage)
Meilleur documentaire: Amy
(Asif Kapadia et James Gay-Rees)
Meilleur court métrage documentaire: A Girl in the River : The Price of Forgiveness (Sharmeen Obaid-Chinoy)
Meilleur acteur de soutien: Mark Rylance
(Bridge of Spies)
Meilleur film d'animation: Inside Out
(Pete Docter et Jonas Rivera)
Meilleur court métrage d'animation: Bear Story
(Gabriel Osorio Vargas et Pato Escala Pierart)
Meilleurs effets visuels: Ex Machina (Mark Williams Ardington, Sara Bennett, Paul Norris et Andrew Whitehurst)
Meilleur mixage sonore: Mad Max : Fury Road
(Chris Jenkins, Gregg Rudloff et Ben Osmo)
Meilleur montage sonore: Mad Max : Fury Road
(Mark Mangini et David White)
Meilleur montage: Mad Max : Fury Road
(Margaret Sixel)
Meilleure direction de la photographie: The Revenant
(Emmanuel Lubezki)
Meilleurs décors: Mad Max : Fury Road
(Colin Gibson et Lisa Thompson)
Meilleure création de costumes: Mad Max : Fury Road
(Jenny Beavan)
Meilleure actrice de soutien: The Danish Girl
(Alicia Vikander)
Meilleur scénario adapté: The Big Short
(Charles Randolph et Adam McKay)
Meilleur scénario original: Spotlight
(Josh Singer et Tom McCarthy)


Ces stars qui ont boycotté la cérémonie

Le metteur en scène américain Spike Lee et l’actrice Jada Pinkett Smith ont boycotté la 88e cérémonie des Oscars, qui s'est déroulée le 28 février à Los Angeles. En cause : l’absence, pour la deuxième année consécutive, d’acteurs noirs parmi les nommés. Récipiendaire d’un Oscar d’honneur en novembre 2015, le cinéaste a choisi son compte Instagram pour faire part de son mécontentement. «Nous ne pouvons pas soutenir ça», a écrit Spike Lee, lundi 18 janvier, sur le site de partage de photos, commençant son message par «#OscarsSoWhite... Again» («les Oscars si blancs... encore»), en référence au mot-dièse apparu en 2014 sur Twitter quand aucun acteur de couleur n’avait été nommé aux Oscars.
«Mais comment est-il possible que deux années consécutives, la totalité des vingt sélectionnés dans la catégorie des acteurs soient blancs ? Et sans même mentionner les autres catégories. Quarante acteurs blancs en deux ans et aucun de couleur», déplore-t-il. «Peut-être qu’on est incapables de jouer», ironise l’acteur, réalisateur et producteur, qui explique annoncer sa décision à dessein le jour de la commémoration nationale de la naissance du pasteur Martin Luther King.
Mais, selon lui, la «vraie bataille» à livrer ne doit pas l’être spécifiquement contre l’Académie du cinéma, organisatrice de la cérémonie, mais contre l’industrie hollywoodienne, où aucun Noir n’occupe de fonctions de pouvoir. Une absence qui, à ses yeux, explique que certains films ne sont pas retenus et que des acteurs noirs continuent à avoir moins de chances et de récompenses. Une situation qu’il qualifie de «ridicule». «Il est plus facile pour un Noir d’être président des États-Unis qu’à la tête d’un studio [de cinéma]», conclut-il.
L’actrice Jada Pinkett Smith - l’épouse de l’acteur Will Smith - était également absente à la cérémonie. Elle en avait déjà évoqué la possibilité en voyant que son mari n’avait pas été sélectionné pour son rôle dans le film «Seul contre tous». Dans une vidéo postée sur Facebook, elle a déclaré : «Il est peut-être temps de retirer toutes nos ressources et de les réinvestir dans notre communauté, nos programmes et de créer des productions pour nous-mêmes, qui reconnaissent nos mérites...»

Mardi 1 Mars 2016

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