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Spécial Culture 2011




Spécial Culture 2011

Latefa Aherrare et son caftan … d’amour

Encore une fois, on soumet l’art et le théâtre en particulier à des polémiques où les normes de la morale prennent le dessus sur les critères technique et artistique........


Latefa Aherrare et son caftan … d’amour

Spécial Culture 2011
Encore une fois, on soumet l’art et le théâtre en particulier à des polémiques où les normes de la morale prennent le dessus sur les critères technique et artistique. Pourquoi Latefa Aherrare joue-t-elle presque nue sur scène lors de la présentation de sa pièce «Capharnaüm»? Bien avant de regarder la pièce, les mauvaises langues, les esprits réactionnaires avaient déclenché une guéguerre sans merci contre la comédienne, mais en réalité contre un art supposé être libre. L’un des généraux de cette guerre n’était que le Premier ministre désigné, Abdelilah Benkirane. Or, se débarrasser d’une burqa et laisser le corps s’exprimer dans un langage sans contraintes avait un sens dans toute cette trame. L’on va encore revenir au même discours, lorsque la même actrice pose au FIFM à Marrakech, avec un caftan échancré laissant découvrir ses jambes. La comédienne a répondu, en disant qu’elle a rendu un vibrant hommage à Marylin Monroe, dans sa position fétiche. Mais comment expliquer cela aux gardiens du temple?

Hassan Nejmi… du poète au romancier

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Déjà on ne sait dans quelle catégorie on doit le classer, tellement le créateur est multiple. En 2011, la tâche ne s’est pas simplifiée outre mesure. Avec «Gertrude», roman décliné sous forme d’une biographie de l'écrivaine américaine Gertrude Stein (1898-1946) ayant élu domicile à Tanger depuis 1912, Hassan Nejmi a décliné son appartenance, au cénacle des écrivains marocains les plus en vue. Une histoire magique, un processus narratif ficelé, une poétique certaine, et une langue qui ne se laisse pas facilement dompter. Dans le roman, on relève un souffle, les détails du journaliste, l’esthétique du discours poétique. Il faut dire qu’au fil du temps, celui qui a remporté le prix Rocca Flea de poésie (Italie) confirme son penchant d’artiste tout court.

Mehdi Qotbi le patron des musées

Spécial Culture 2011
Mehdi Qotbi a été nommé fin 2011 président de la Fondation nationale des musées. Diffusée par les soins de l’agence officielle, cette information n’a pas été du goût de beaucoup d’observateurs nationaux actifs dans le champ culturel. L’homme passe pour un intrus dans les affaires du patrimoine marocain que sont censés compiler et conserver les musées. Ses relations avec les acteurs culturels locaux et les institutions culturelles nationales laissent à désirer. D’aucuns avancent aussi son passage inaperçu dans une autre institution, en l’occurrence l’ancien CCDH. Son rapprochement de certains cercles influents en France et au Maroc aurait été déterminant dans sa candidature, puis sa nomination. Il a réalisé une œuvre monumentale de 8 mètres sur 6 qui a été accrochée à l’entrée du Morocco Mall, inauguré récemment à Casablanca.

Abdellah Laroui… brille par son absence

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Le penseur marocain Abdellah Laroui brille, encore une fois, par son absence manifeste. En 2011, il est resté sans mot, même face à des moments de triomphes populaires et d’effervescence. S’agit-il d’une phase de gestation d’un texte que nous espérons et attendons avec impatience? Ou juste le repos d’un homme affaibli par le temps? S’agit-il d’un retrait inexpliqué de la part d’un penseur connu, pourtant, pour son analyse pertinente et perspicace ? L’auteur de «l’Idéologie arabe» n’a pas dit mot non plus sur la dynamique marocaine incarnée par le Mouvement du 20 février, ni lors du débat constitutionnel. Le retrait est-il définitif de l’espace public?

Zahra Hindi et la normalisation

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Revenant at home pour chanter devant son public, Zahra Hindi ne savait pas qu’elle allait affronter aussi une foule qui lui reprochait d’être allée à Tel Aviv et chanter là-bas en concert. Des anti-normalisation s’étaient, en effet, massés à Casablanca, une heure avant le début du concert que Zahra Hindi devait donner au Mégarama. Les réactions étaient mitigées et confuses. Les uns ne voulaient pas mêler l’art à la politique, d’autres étaient fermes et se sont même retirés de la salle, billets en main. Mais tout le monde faisait montre de cette valeur de tolérance.  Zahra Hindi, elle, n’avait que sa voix et sa guitare. Elle avait fait oublier au public présent ce qui venait de se passer. Un seul langage : celui de la musique, du chant et du corps.



Yassin Adnan … pourquoi tuer Macharif ?

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Les intellectuels marocains n’ont pas apprécié la suppression de l’émission littéraire Macharif, animée par le poète Yassin Adnan. L’intention était même « meurtrière ». Et pour cause, cette émission est la seule fenêtre culturelle, dans les programmes d’Al Oula. Dans un geste hautement engagé, les Benjelloun, Laâbi, Mernissi,  Berrada, Nejmi…, avaient appelé à laisser tranquille ce produit culturel. Pourtant, les intentions meurtrières ne cessent de guetter cette émission. A Dar Labrihi, la volonté de tuer Macharif n’a pas totalement disparu. Le ton libre des invités, les sujets abordés, et bien évidemment le fait que l’émission reste parmi les moins chères au niveau de la production, tout cela entraîne, par conséquent, un acharnement sur le seul et réel espace littéraire sur Al Oula.

Hassan Megri… “man of the year” ailleurs

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De l’Oriental était venu à Rabat un jeune créateur passionné de musique. En compagnie de ses frères, Hassan avait créé un groupe musical connu sous le nom des «Frères Megri». Leur musique était différente, ils n’allaient pas trouver le chemin balisé. Obstacles et barrières furent le premier lot des jeunes Oujdis. Pourtant, Hassan ne désespéra point. Ses efforts inlassables finirent par payer. La reconnaissance ne tarda pas à venir. Ils deviendront peu à peu les chouchous de la scène musicale moderne. Cette année, l’artiste qui est à la fois auteur, compositeur, interprète, artiste peintre et chercheur assidu dans la calligraphie iconographique persane, a été élu «Man of the year» (Homme de l’Année 2011) par l’IBC (International Biographical Centre) de Cambridge (Angleterre). Une grande reconnaissance venue d’ailleurs.

Ikram Kebbaj, la sculpture à la portée des gens

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Voilà une femme qui contribue à l’art mais en silence. Le genre artistique dans lequel elle excelle, en l’occurrence la sculpture, est presque une denrée rare sur le marché national. Mais elle essaye de la mettre à la portée des gens. Bien plus, elle tente, grâce au symposium international de sculpture qui est en 2011 à sa cinquième édition, de l’ériger en art communautaire. Son atelier et celui de ses invités d’Egypte, d’Italie, de Grèce, d’Iran, de Turquie, de Bulgarie, du Japon et du Maroc, n’est autre que l’espace public : la rue. Le citoyen est impliqué dans sa création. Mieux, ce même citoyen est appelé à prendre soin de l’œuvre artistique, laissée sur une place publique. Ikram Kebbaj est le genre d’artiste à faire dans l’esprit citoyen.

Ahmed Assid, le raïs d’Ahouach

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De toutes les batailles en 2011. Ahmed Assid, démocrate, défenseur de la culture amazighe, s’est démarqué comme intellectuel préoccupé par les affaires de l’espace public. Dans un respect total des normes du débat public, une considération des idées des autres, et une conviction profonde sans excès, il a développé ses thèses, défendu ses idées et analysé ses prises de position. Le rais d’Ahouach a eu certainement recours à ces joutes verbales chères au poète amazigh, mais cette fois c’est pour animer un débat national sur des questions fondamentales. Homme de principe, il est égal à lui-même, puisqu’on se rappelle toujours le jeune de 17 ans déclinant la proposition de son directeur d’école, à savoir publier ses écrits dans Al Alam de l'Istiqlal, plutôt que dans Al Mouharir où Assid publiait ses contributions.




Ils nous ont quittés

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Mustapha Salamat

L’une des figures emblématiques du théâtre marocain. En 2011, Mustapha Salamat nous a quittés à l’âge de 67 ans. Connu pour ses rôles avec la troupe Maâmora et son charisme très particulier, ce comédien était plutôt réservé et discret. Les seules lumières qu’il aimait étaient celles des planches, car elles lui permettaient de s’exprimer et de vivre ses moments glorieux, mais aussi de dire tout l’amour qu’il vouait à cet art sublime. Qui pouvait ainsi le connaître mieux que le dramaturge Tayeb Seddiki?  «Au théâtre, Mustapha Salamat avait un talent fou; il jouait des rôles surprenants. C’est un monument», dit-il dans un témoignage posthume. Le cinéma n’était pas son domaine de prédilection, mais plusieurs réalisateurs le privaient de jouer dans leurs films dans des rôles plutôt complexes qu’il est seul à camper.

Habiba Madkouri

Elle a ensorcelé l’ouie de tous les Marocains, bien avant l’Indépendance. Sa voix pénétrante et profonde lui a permis d’animer aussi l’imaginaire des auditeurs de la radio nationale, bien avant que la télévision ne s’installe et leur permette ainsi de voir celle qui restera leur diva à jamais. La comédienne Habiba El Madkouri est décédée à l’âge de 84 ans. Elle nous a quittés laissant un répertoire riche et varié. Elle était la première jeune fille à avoir joué un rôle dans une pièce théâtrale dans les années 1950. Elle interprète l’un de ses premiers rôles dans "L’avare" de Molière. La défunte était célèbre pour avoir campé plusieurs rôles dans des séries radio dès 1949, avant de participer à des œuvres dès l’apparition de la télévision au Maroc.

Abdenbi Jirari

Un autre virtuose nous a quittés en cette année 2011. Abdenbi Jirari, parolier et compositeur, est un précurseur de la chanson marocaine moderne. Déjà en 1945, le défunt a créé son premier orchestre moderne sous le nom d'"orchestre de l'Union artistique rbatie". L’objectif à l’époque était d‘insuffler cette fibre patriotique à la jeunesse et au peuple, appelant ainsi à la mobilisation nationale contre l’occupant. En compagnie d’Abdelkader Rachdi, ils avaient  tous les deux enthousiasmé les foules par des chansons patriotiques. Grâce à l’émission de télévision «Mawahib», dont il était l’initiateur, il a pu découvrir de nombreux talents. Toute une génération d’artistes a vu le jour dans la décennie des années 60, dont Samira Said, Naima Samih, Aziza Jalal et la défunte Raja Belmlih.

Nba

Le fromage de la chanson amazighe est décédé plus tôt que prévu. Le défunt artiste n’avait que 28 ans. Celui que les intellectuels amazighs ont choisi comme le meilleur chanteur de l’année 2010 avait déjà, à son actif, quatre albums. Artiste prolifique, mais aussi engagé réellement. Il chantait l’amour, le terroir, la femme amazighe, les enfants déscolarisés, les autorités sans politique de développement… il chantait la vie tout court. Une perte en pleine maturité. Il venait d’achever son quatrième album «Message to Obama». Artiste polyvalent : chanteur, compositeur, artiste peintre et poète, il était déjà en train de penser l’art à l’international. Il venait de s’ouvrir sur des horizons divers. Les Saghru Band continuent sans lui, une aventure qu’assume son jeune frère Khalid Oularbi.

Libé
Samedi 31 Décembre 2011

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1.Posté par chemao le 27/01/2012 07:52
Mehdi Qotbi ?? voilà un nom qui sonne comme un toc toc sur les parois d´une grosse marmite vide du Musée des arts plastiques au Maroc

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