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Sondages biaisés et experts improvisés

Ces devins qui caressent le PJD dans le sens du poil




Le sort des prochaines législatives est jeté. Les ténors du PJD sont convaincus que leur parti remportera les élections du 7 octobre et qu’ils rempileront pour un nouveau mandat aux commandes du pays.  Slimane El Amrani, vice-secrétaire général du parti de la Lampe, a affirmé dernièrement lors d’un entretien qu’il a accordé à un média national, que les données dont son parti dispose, donnent le PJD vainqueur. Mieux, il estime que les derniers sondages et les résultats des échéances électorales du 4 septembre 2015 ont confirmé que les électeurs marocains  plaçaient leur confiance dans le PJD et souhaiteraient le voir diriger le prochain gouvernement. « Ces données n’ont pas  changé depuis lors et c’est pourquoi notre parti davrait prendre la tête des élections législatives du 7 octobre et diriger de nouveau le gouvernement », a-t-il précisé.
Des propos identiques à ceux tenus il y a quelques semaines par Abdelhaq El Arabi, l’un des cadres de la  formation islamiste,  qui a déclaré que le PJD jouissait  de la confiance populaire et que tous les sondages d’opinion le présentent comme le favori des prochaines élections législatives. Le secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane, semble également de cet avis et croit dur comme fer que  la victoire sera au rendez-vous.
Pourtant, une question demeure : de quels sondages et enquêtes d’opinion parlent les leaders  pjdistes ? S’agit-il de ceux de la cinquième édition du Baromètre politique Tizi/Averty, réalisée en février et mars derniers sur la confiance et la satisfaction des Marocains par rapport à l’action du chef du gouvernement et qui a démontré que nos concitoyens font de moins en moins confiance au chef du gouvernement et sont loin d’être satisfaits par ses actions ? En fait, la cote de confiance d’Abdelilah Benkirane a atteint son plus bas niveau, soit 48,5% contre 62% en 2015 et plus de 80% il y a un peu plus de 4 ans. La satisfaction quant à son action a également baissé, passant de 54% à 45% sur la même période. Ou s’agit-il plutôt d’un récent sondage effectué sur Internet par un cabinet privé, réalisé sur la base d’un panel d’un peu plus d’un millier d’internautes et rapporté par le portail Internet de l’hebdomadaire « La Vie Eco », qui a précisé que 28,4% des sondés affirmaient qu’ils n’ont pas l’intention de voter  et 16,2% se disaient indécis ?  Parlent-ils du sondage de L’Economiste et Sunergia qui a révélé qu’Abdelilah Benkirane  a subi, à coup sûr, l’usure du pouvoir puisque moins de la moitié des sondés (47%) se disaient satisfaits ou très satisfaits par son action contre 45% en mars 2014 et loin du plébiscite qui accompagnait les sondages d’opinion au moment de son investiture à la tête de l’Exécutif ( 86% des sondés se disaient satisfaits ou très satisfaits par l’action du chef du gouvernement en 2012)?
Les cadres du PJD font-ils allusion au sondage effectué par HuffPost Maroc-DS Marketing qui a indiqué que,  déjà en 2013,  la cote de popularité de Benkirane était passée en dessous de la barre des 40% et que 6 interrogés sur 10 se déclaraient insatisfaits de son bilan? Cette enquête d’opinion a indiqué également que les sondés issus de la classe moyenne ont été  les plus mécontents du bilan de Benkirane avec plus de deux tiers d’insatisfaits (67%) et que seulement un tiers des interrogés (33%) estimait que la situation s’est améliorée avec le gouvernement actuel, contre 66 % qui considèrent qu’elle a stagné ou s’est détériorée.
Sur le plan économique, plus de la moitié des sondés (56%) se disaient insatisfaits de l’action du chef de l’Exécutif, contre 40 %. Quant au volet social, ils sont 44% à s’affirmer satisfaits par les mesures prises par Abdelilah Benkirane contre 52,5%  qui se déclarent insatisfaits.
Concernant la lutte contre la corruption, cheval de bataille de ce dernier lors de sa campagne aux législatives de 2011, près de 6 sondés sur 10 se déclarent insatisfaits. Et ils sont presque autant à estimer que le chef du gouvernement n’a pas tenu ses promesses sur cette question, pas plus que sur la moralisation de la vie publique.

Hassan Bentaleb
Mardi 24 Mai 2016

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