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Sommet à Bruxelles : L’Union européenne face au dilemme austérité-croissance




Sommet à Bruxelles : L’Union européenne face au dilemme austérité-croissance
Les chefs d’Etat et de gouvernement européens se réunissent, mercredi à Bruxelles, en sommet extraordinaire pour tenter de convenir d’une stratégie de relance économique face au dilemme des «règles d’or» du pacte budgétaire qui risquent d’ébranler la construction européenne.
Concilier austérité et croissance, tel est le défi auquel les dirigeants européens devraient trouver une réponse commune qui satisfasse aussi bien les adeptes de la politique de rigueur budgétaire que les fervents défenseurs de la relance économique.
La réflexion sur cette question cruciale sera le plat principal des discussions lors du dîner informel des chefs d’Etat et de gouvernement européens qui, même s’ils semblent prêts à lâcher du lest pour trouver un terrain d’entente au sujet de la stimulation de la croissance, sont loin de s’accorder sur les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.
En effet, dans cette conjoncture de crise aiguë où les uns prônent des réformes structurelles pour soutenir la croissance, les autres continuent à défendre la relance par la demande qui s’effectue par une augmentation des dépenses publiques. L’exercice s’annonce ainsi délicat pour la famille européenne qui cherche, à travers cette rencontre informelle, à apaiser les divergences et baliser le terrain au sommet de juin prochain (28 et 29 à Bruxelles) au cours duquel les dirigeants européens devront décider des mesures à engager pour assurer à la fois la relance de la croissance et la consolidation des finances publiques.
Les décisions issues de ce sommet extraordinaire informel devraient concerner les aménagements à introduire au traité de discipline budgétaire qui ne fait pas l’unanimité en Europe en raison de sa forte dose de rigueur.
Pour certains Etats membres, le pacte budgétaire européen inhibe toute dynamique de croissance et doit, de ce fait, être renégocié, surtout que les prévisions annoncent une légère récession du PIB en 2012 dans la zone euro.
Un avis que ne partagent pas les défenseurs de ce mécanisme, adopté par 25 pays de l’UE, qui y voient un moyen indispensable pour restaurer la stabilité et la confiance dans l’Union économique et monétaire.
Face à cette équation pour le moins difficile, la solution de compromis qui répond aux attentes des uns et des autres serait donc de poursuivre la consolidation budgétaire d’une manière différenciée qui favorise la croissance. Il s’agira alors de conjuguer rigueur et relance en persévérant sur la voie de l’assainissement des finances publiques tout en mettant efficacement en synergie les différents leviers de croissance.
Lors de ce sommet, les dirigeants européens devraient également plancher sur le sort de la Grèce qui connaît depuis plus de deux ans une crise de l’endettement sans précédent et dont l’économie est au bord de l’effondrement en dépit d’une cure d’austérité drastique.
Engluée dans la récession, la Grèce, qui se prépare à tenir le 17 juin un deuxième scrutin crucial après que les législatives du 6 mai ont abouti à un véritable vote-sanction contre l’austérité, vit une crise économique et politique qui risque d’hypothéquer son avenir au sein de la zone de la monnaie unique.
Les deux plans de sauvetage de 239 milliards de dollars concoctés par l’UE et le FMI n’auraient vraisemblablement pas suffi pour sauver le pays, ce qui laisse entrevoir le pire : une éventuelle sortie de la zone euro.
Cette probable sortie de la Grèce de la zone euro plonge toute l’Europe dans la tourmente et attise les inquiétudes de l’Union qui redoute un effet domino sur d’autres Etats membres en difficulté économique.
Pour éviter qu’un tel scénario dramatique se produise, l’UE s’est dite prête à continuer à soutenir la Grèce à condition que celle-ci honore ses engagements envers Bruxelles et accepte d’appliquer l’agenda de réformes fixé par ses créanciers.
Mis face à leurs responsabilités, les Grecs, désormais maîtres de leur destin, seront appelés à élire le 17 juin leurs futurs gouvernants lors d’un scrutin crucial qui prend l’allure d’un référendum populaire sur la sortie ou le maintien de leur pays dans la zone euro. D’ici là, l’Europe tient son mal en patience, croise les doigts et attend le verdict fatidique des urnes. 

MAP
Mardi 22 Mai 2012

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