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Sitôt destituée, Dilma Rousseff contre-attaque

L'ex-présidente brésilienne promet "l'opposition la plus ferme que puisse subir un gouvernement putschiste"




L'ex-présidente brésilienne Dilma Rousseff, destituée par le Sénat, a contre-attaqué et fait appel auprès de la Cour suprême pour demander un nouveau procès et l'annulation de la sentence historique qui l'a écartée du pouvoir au terme d'une procédure hautement controversée.
Son avocat et ex-ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, qui l'a défendue fermement depuis le début de la procédure, a exigé auprès du Tribunal suprême fédéral (STF) "la suspension immédiate de la décision du Sénat qui a condamné pour crime de responsabilité la présidente de la République".
Il a également réclamé "un nouveau procès" et le retour à un poste de président par intérim de Michel Temer, 75 ans, l'ancien vice-président de Mme Rousseff devenu mercredi le nouveau dirigeant du Brésil.
Et à Sao Paulo jeudi soir, les partisans de Mme Rousseff sont à nouveau descendus dans la rue pour protester contre sa destitution, une manifestation qui, pour le quatrième jour consécutif, s'est terminée en affrontements avec la police.
Une large majorité des sénateurs avait voté sans surprise mercredi en faveur de la destitution de la présidente de gauche, pour maquillage des comptes publics.
Mais ils ne lui ont pas retiré ses droits civiques, ce qui lui permet d'exercer une fonction publique et d'être candidate à des élections.
Ce que regrettent plusieurs partis favorables à la destitution, qui ont déposé un recours devant le STF. "L'approbation de l'impeachment est en elle-même suffisante pour rendre inéligible l'ex-présidente", avancent dans un communiqué conjoint les partis de droite PSDB, DEM et PPS.
Dilma Rousseff, 68 ans, clame son innocence et dénonce un "coup d'Etat" parlementaire orchestré par l'opposition de droite et Michel Temer.
C'est lui qui avait assumé le pouvoir le 12 mai quand la première femme à avoir été élue à la tête du Brésil, en 2010, puis réélue de justesse en 2014, avait été écartée dans l'attente du vote crucial de mercredi.
Après avoir prêté serment comme nouveau président du Brésil, cet homme fort du PMDB (centre droit) s'est immédiatement envolé pour la Chine, pour un sommet du G20 où il compte redorer le blason du géant sud-américain.
Des réunions bilatérales avec le président chinois Xi Jinping, le président du Conseil italien Matteo Renzi, le chef de gouvernement sortant espagnol Mariano Rajoy, et le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Roberto Azevedo sont prévues.
Il a été salué par le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui s'est déclaré confiant du maintien de "la forte relation bilatérale qui existe entre les deux plus grandes démocraties et économies de l'hémisphère", selon un communiqué de la présidence brésilienne jeudi.
Les présidents argentin Mauricio Macri et péruvien Pedro Pablo Kuczynski ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "ont félicité" également M. Temer.
Un son de cloche radicalement différent est venu de plusieurs gouvernements de gauche d'Amérique latine: le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé le gel des relations diplomatiques et le rappel de son ambassadeur.
En Equateur, le président socialiste Rafael Correa a dénoncé une "trahison" et décidé de rappeler son chargé d'affaires au Brésil, tandis que le gouvernement cubain "rejetait énergiquement le coup d'Etat parlementaire", également critiqué par la Bolivie d'Evo Morales.
En réaction, Brasilia a rappelé pour consultations ses ambassadeurs au Venezuela, en Bolivie et en Equateur.
Tout aussi impopulaire que sa rivale, Temer a promis de "remettre le Brésil sur les rails", lors de sa première réunion de cabinet mercredi.
"Il faudra en sortir sous les applaudissements des Brésiliens. Cela va être difficile", a-t-il reconnu.
Car si ce président conservateur bénéficie de la bienveillance des marchés, pour tenter de sortir de la crise ce pays de 206 millions d'habitants comptant près de 12 millions de chômeurs, un record, la partie n'est pas gagnée.
Maintenant que son Parti des Travailleurs (PT, gauche) est revenu dans l'opposition, après 13 ans au pouvoir, Mme Rousseff a lancé une sévère mise en garde à son successeur. "Ils pensent qu'ils nous ont battus mais ils se trompent. Je sais que nous allons tous lutter. Ils vont être confrontés à l'opposition la plus ferme, infatigable et énergique que puisse subir un gouvernement putschiste", a-t-elle martelé. "Nous reviendrons", a-t-elle promis.

Samedi 3 Septembre 2016

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