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Sit-in du Club des magistrats devant la Cour de cassation : Les juges réclament




Sit-in du Club des magistrats devant la Cour de cassation : Les juges réclament
l'indépendance de la justiceRabat s'est réveillé samedi dernier sur un sit-in des magistrats. Cette première action du genre a été organisée par le Club des magistrats pour réclamer l'indépendance du pouvoir judiciaire, mettre fin à la corruption, qu'ils ont qualifiée de cancer qui gangrène le tissu de notre système judiciaire et pour revendiquer l'opérationnalisation  des dispositions constitutionnelles relatives à l'organisation du pouvoir judiciaire.
Il était environ 9 heures du matin lorsque les premiers magistrats, venus des quatre coins du Royaume, ont commencé à converger vers la Cour de cassation, située au niveau du secteur 16 à Hay Riad. Les premiers arrivés ont endossé leurs robes de magistrat. Il était 10h30  lorsque la foule s'est regroupée, constituée d'environ 1000 magistrats, devant le siège de la plus haute juridiction marocaine.
«Justice sans corruption», «Nous réclamons l'autonomie du pouvoir judiciaire », «Non à la corruption», «L'indépendance du pouvoir judicaire maintenant», «9000 DH (salaire d'un magistrat de troisième degré), loyer, voiture, habillement, santé, éducation…. que faire ?», pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les protestataires. «Il est devenu urgent de concrétiser les axes du discours Royal du 20 août 2009»,  «C'est l'heure d'une indépendance réelle et effective du pouvoir judiciaire», «A quand  la mise en application de la nouvelle Constitution?», «Il faut procéder à une amélioration urgente des conditions de travail des magistrats, comme promis par S.M le Roi Mohammed VI ». Ces slogans se répétaient en boucle sur les bouches des magistrats pendant cette matinée qui restera gravée dans la mémoire de la justice marocaine du fait que cette manifestation est sans précédent.
Les magistrats ayant pris part à ce sit-in ont scandé des slogans en faveur de l'amélioration de la situation matérielle des magistrats et pour « une indépendance réelle et effective du pouvoir judiciaire » et ce, en application de la nouvelle Constitution.
Cette manifestation était l'occasion pour la majorité d'entre eux de crier  leur colère contre la corruption dans le secteur de la justice, dénoncer les  «conditions de vie déplorables des magistrats» et protester contre la politique d'exclusion poursuivie depuis l'arrivée du nouveau ministre à la tête du département de la Justice et des Libertés.  Le bras de fer entre son département  et les différentes composantes du corps de la magistrature d'une part et entre le Club des magistrats et le Conseil supérieur de la magistrature d'autre part n'est apparemment pas près de prendre fin, il ne fait plutôt que commencer.
Contacté par Libé, le vice-président du Club, Mohamed Anbar, a souligné que la revendication principale des magistrats est la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire. Il a également insisté sur le fait qu'il doit y avoir « des décisions politiques pour séparer le pouvoir judiciaire du pouvoir exécutif ».
A propos du dialogue national sur la réforme de la justice, l'ancien président de Chambre à la Cour de cassation, nous a déclaré que  « ce dialogue est plutôt un moyen de procrastination et d'ajournement, c'est pour cela que nous nous sommes retirés de ce dialogue ».
Selon ce magistrat, «la clé de la réforme de la justice est l'amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats ».  « Comment peut-on inspirer une bonne qualité de la justice, au moment où les jeunes recrutés passent un an à recevoir un salaire de 4500 DH, pire encore lorsqu'ils sont affectés dans des régions éloignées. Ces pauvres juges doivent attendre 2 ans avant de percevoir un salaire de 9000 DH», a-t-il dénoncé en donnant l'exemple du jeune juge de Kasbat  Tadla poursuivi dans une affaire de corruption. « Vu ces conditions, un juge risque de succomber aux sirènes de la corruption» a-t-il martelé.
Par la suite, le vice-président dudit Club a insisté sur le fait «  qu'il faut protéger ce métier contre les interventions. A titre d'exemple, « toutes les décisions prises sont justifiées à l'exception  de celles concernant le limogeage des juges, qui sont souvent prises sur de simples coups de téléphone ».
Un autre aspect de ces interventions auxquelles on doit mettre fin, selon M. Anbar,  « le ministre de la Justice défère les juges devant un conseil de discipline, ce qui est en contradiction avec les dispositions pertinentes de la Constitution», une pratique qu'il  considère comme une atteinte à la légalité.
Pour ce qui est des prochaines actions envisagées par le Club, il nous a déclaré qu'elles dépendront de la réaction des autorités après ce sit-in, en indiquant que  «la revendication d'une indépendance de la justice ne se concrétisera que par les sacrifices et la fermeté face à toutes les tentatives visant à confisquer notre volonté et celle de tous les Marocains de doter notre pays d'un pouvoir judiciaire fort et indépendant».
 

M.Taleb
Lundi 8 Octobre 2012

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