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Silvio Berlusconi va-t-il pâtir de ses frasques ?




Le déballage des aventures du Premier ministre commence à irriter. Popularité en baisse et rentrée difficile en vue. Mais la gauche n’en profite pas.
«Je ne suis pas un saint », a concédé à ce propos le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi alors que des extraits de conversations lui étant attribués, notamment avec une escort-girl, sont publiés depuis plusieurs jours par la presse. Est-ce un début d’”aveu” pour le Cavaliere, au centre, depuis maintenant des semaines, de révélations sur ses frasques sexuelles ? Si elles lui ont coûté la séparation avec son épouse, elles ne l’impliquent pas pénalement, même si une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer le rôle d’un entrepreneur inculpé de corruption dans un réseau de prostituées. Et elles ne l’avaient pas davantage fragilisé politiquement jusqu’à il y a peu, sa cote de popularité restant vigoureuse face à une gauche anémiée. Mais la rentrée politique pourrait tout de même s’avérer plus périlleuse que prévu pour le président du conseil italien.
En effet, pour la première fois depuis son retour au pouvoir en mai 2008, l’indice de confiance des Italiens envers Silvio Berlusconi est tombé sous la barre des 50 %, à 49 %. Sa cote de confiance semble donc commencer à pâtir des scandales entourant sa vie privée. Une perte de crédibilité qui, même si elle ne profite pas encore à la gauche, pourrait compliquer sa rentrée politique sur fond d’aggravation de la crise économique et sociale.
“Il est probable que le scandale des escort- girls a pesé lourdement” sur la popularité du chef du gouvernement et que L’Aquila, où s’est déroulé le sommet du G8 début juillet, “a peut-être freiné une hémorragie qui aurait pu être bien pire”, a commenté le quotidien La Repubblica, qui a publié le sondage et qui est dans le collimateur du chef de gouvernement pour sa couverture de l’affaire. “Je ne suis pas un saint, vous l’avez compris, et j’espère que ceux de La Repubblica le comprennent aussi”, a d’ailleurs ajouté Silvio Berlusconi mercredi. Ce même jour, le quotidien, qui appartient au même groupe que L’Espresso, a retranscrit les bandes son des conversations publiées sur le site Internet de l’hebdomadaire (lire ci-contre). L’escort-girl, Patrizia D’Addario, 42 ans, a affirmé qu’elle enregistrait toujours ses conversations avec ses clients et elle a remis ces enregistrements aux magistrats chargés de l’enquête.
Sans répondre sur le “fond” du dossier, Silvio Berlusconi avait réagi, le 13 juin, en accusant “le quotidien La Repubblica d’attaque subversive”; il avait aussi “incité les industriels à le boycotter et à interrompre leurs investissements publicitaires”. Résultat : le groupe de presse de gauche Espresso, dont fait partie La Repubbblica, a annoncé mercredi avoir porté plainte auprès du tribunal de Milan pour diffamation, “abus de fonction” et violation des règles du marché. L’Espresso précise doubler sa plainte pénale d’une action civile pour “concurrence déloyale et boycottage” devant le même tribunal.
Si La Repubblica a été en pointe sur ce dossier, tous les journaux, y compris “Il Giornale” du frère de Silvio Berlusconi, ont publié des bribes des conversations enregistrées. Le sondage illustre “le trouble de l’électorat” de Silvio Berlusconi face aux scandales, en particulier celui “des catholiques pratiquants, des ruraux et des personnes âgées”, souligne le politologue français, spécialiste de l’Italie, Marc Lazar. “Berlusconi souffre de ses non-réponses aux questions qui lui sont posées. Mais cela ne profite pas à la gauche qui est en morceaux, mais aux abstentionnistes comme l’ont montré les dernières élections européennes et locales en juin. Avec 49 %, il y a quand même un Italien sur deux qui lui fait confiance. La bête est blessée mais elle n’est pas morte”, relativise le politologue.

AFP
Vendredi 24 Juillet 2009

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