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Seule la conquête des sommets du monde assouvira cette rage de défi des cimes de Baibanou




Seule la conquête des sommets du monde assouvira cette rage de défi des cimes de Baibanou
En dominant le Mont Mc Kinkley (Alaska, USA) accrochant au passage une quatrième étoile à son 'écusson'', Bouchra Baibanou, avec du cran dans l'estomac, n'a pas encore comblé son obstination, sa rage de toujours s'attaquer aux parois des montagnes, pas n'importe lesquelles mais les sommets du monde.
Cette mère de famille native de Rabat en 1969 qui a pris de l'assurance, depuis bien longtemps, ne semble pas se lasser de cette quête de sommets, du triomphe sur les difficultés pour dompter les montagnes en relevant, toujours, les challenges même après une 'défaite'' où les nombreux moments de doute pour cause de tempêtes de neige, pain quotidien de tout alpiniste qui n'ont pas eu raison d'elle. Au contraire. 
La 'déception'' de 2012 face à l'Aconcagua (Argentine) culminant à 6.962 mètres pour n'y avoir pas atteint le sommet à cause de mauvaises conditions climatiques ne l'a rendue que plus forte, plus coriace frisant l'obstination. Quelque chose qui est restée en travers de la gorge de cette ingénieure d'Etat en télécommunications (lauréate de l'Institut national des postes et télécommunications).
Ce n'était que partie remise pour cette championne qui réussira, en janvier dernier, à dompter le plus haut sommet de l'Amérique du sud. La deuxième était la bonne.
Bouchra, maman d'une fille de neuf ans, est encore plus taraudée par cet entêtement à braver les rêches des éminences excitée qu'elle est par chaque 'grimpette'' menée à bon port pour s'attaquer en juin dernier, tout en transportant sur ses frêles épaules tout son barda (bagages, nourritures, tente et matériel) au Mc Kinley du haut de ses 6.194 m et surtout à son climat extrême et à ses conditions dantesques de froid permanent jusqu'à -30 degrés le soir.
'Nous devions transporter tous nos bagages nous-mêmes. Au départ, on utilisait les slides jusqu'à camp 3 (4.300m) puis tout transporter en sac à dos jusqu'au high camp (5.200m). Cette partie est critique et dangereuse. Il fallait marcher avec un lourd sac à dos de 25 kg sur une pente de 55 degrés en s'aidant par des lignes fixes et après sur une crête très étroite, avec le vent l'on risquait d'être jeté dans l'air'', raconte cette amoureuse des montagnes qui, même avec la peur au ventre ne s'est jamais découragée et continua d'avancer sur les parois de cette montagne majestueuse pour planter sur ce pinacle de l'Amérique du nord le drapeau marocain.
Cette femme de 'petite'' taille mais grande de talent et géante de mental trouve les ressources pour aller chercher plus haut, plus loin les lieux de ses conquêtes, de nouveaux horizons et aventures, sa force et sa technicité s'étant affinées au fil des ascensions. Passionnée du Trekking du temps où, enfant, elle faisait des randonnées à pied dans la région d'Azrou lors de ces nombreuses colonies de vacances, elle avait, mine de rien, chopé à doses homéopathiques ce virus de la montagne, se remémore Bouchra qui, à 26 ans, était déjà venue à bout du Jbel Toubkal (4.167 m), qu'elle escaladera à d'autres reprises en "guise d'entraînement".
Le Kilimandjaro (5.895m), sommet de l'Afrique, sera en mars 2011 la première ligne inscrite sur sa carte de visite d'alpiniste marocaine avérée. Puis les sommets vont s'égrener avec le Mont-Blanc (4.810m), haut pic de la chaîne des Alpes en Europe occidentale, et le Mont-Elbrouz en Russie (5.642 m).
L'appétit vient en mangeant, Bouchra, encouragée et soutenue dans ses aventures par son époux 'toujours partant à l'assaut des montagnes au Maroc'' en sa compagnie et qui n'a surtout pas raté l'occasion de réaliser à ses côtés l'ascension du Kilimandjaro, ne s'arrêtera pas à si bon chemin.
Dans son viseur les sept plus hauts summums au monde, chacun dans un continent pour devenir, non seulement, la première Marocaine à réaliser cet exploit mais également pour entrer dans le cercle fermé des femmes ayant réussi à accomplir cette prouesse. 
Dans ce rêve, l'étape suivante était l'Everest, le toit du monde que seuls 4.000 grimpeurs ont 'vaincu'' en un peu plus de 90 ans d'ascension avant de prendre d'assaut la montagne d'Indonésie, la pyramide Carstensz ou Puncak Jaya (4.884 m) ou encore le point culminant de l'Antarctique, le Mont Vinson avec 4.892 m d'altitude.
Mais pour cela, elle a besoin impérativement de financement, de sponsors, affirme cette cadre du ministère de l'Equipement, département qui la soutient 'moralement'' ne serait-ce qu'en lui facilitant 'ses congés'' pour ses 'escapades'' montagneuses, sans oublier de lancer un appel aux entreprises de prendre en main, de financer et d'accompagner les Marocains dans leur désir d'aller le plus loin dans la concrétisation de leurs ambitions mais aussi à prodiguer un précieux conseil aux jeunes :'N'hésitez pas à vous transcender, à courir derrière vos rêves. Tout un chacun a son sommet qu'il doit vaincre pour s'accomplir''. 

Khalid Abouchoukri (MAP)
Lundi 21 Juillet 2014

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