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Sergueï Lavrov à Damas : Nouvel assaut des forces syriennes sur Homs




Sergueï Lavrov à Damas : Nouvel assaut des forces syriennes sur Homs
Homs, haut lieu de la contestation en Syrie, était mardi matin sous le feu de tirs nourris au lendemain de violences dans lesquelles près de cent personnes ont trouvé la mort et à quelques heures de l'arrivée du chef de la diplomatie russe, allié de poids du régime. Selon des images fixes et du son diffusés en direct par une caméra installée sur un toit par des opposants dans cette ville du centre du pays, des tirs nourris mais sporadiques de kalachnikov et de mitrailleuse lourde, ainsi que des tirs d'obus, étaient entendus dans le quartier de Baba Amro.
Lundi 69 civils ont été tués à Homs -sur un total de 98 dans le pays- dans une offensive lancée contre cette ville appelée par les militants "la capitale de la révolution", deux jours après un pilonnage ayant fait 230 morts.
Le ministère syrien de l'Intérieur s'est engagé, dans un communiqué dans la matinée, à poursuivre ses "opérations" contre les "groupes terroristes" à Homs, alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, dont le pays a opposé avec la Chine son veto à toute résolution des Nations unies visant Damas, devait rencontrer le président Bachar al-Assad.
"Les explosions n'ont pas cessé de la nuit. Toutes les cinq minutes, on entend près de quatre explosions", a affirmé à l'AFP Abou Rami, un habitant de Homs joint par téléphone de Beyrouth mardi matin.
"Ce matin, les tirs se concentrent sur les quartiers de Baba Amro, Inchaat et Joubar", a-t-il ajouté.
"La situation humanitaire est terrible et personne n'ose se déplacer, les snipers sont partout", s'inquiète-t-il. De leur côté, les autorités ont assuré qu'elles poursuivraient leurs "opérations". "Le ministère de l'Intérieur assure que les opérations de poursuite des groupes terroristes se poursuivront jusqu'à ce que la sécurité et l'ordre soient rétablis dans tous les quartiers de la ville de Homs et sa province et que toute personne armée qui terrorise les citoyens et met leur vie en péril soit vaincue", selon un communiqué diffusé par l'agence officielle Sana. Samedi déjà, le régime avait nié tout bombardement sur Homs et imputé les violences à des "groupes armés", comme il le fait depuis le début il y a près de 11 mois de la révolte dont il se refuse à reconnaître l'ampleur et qu'il cherche à étouffer dans le sang, au prix d'au moins 6.000 morts selon les militants. Le Conseil national syrien (CNS, opposition) a appelé la communauté internationale à "protéger les civils syriens d'une guerre d'extermination sous couvert du silence et de la complicité" de ceux qui ont fait barrage à la résolution de l'ONU. La Russie et la Chine ont opposé leur veto samedi, le deuxième depuis le début de la révolte, à un projet de résolution condamnant la répression, présenté par l'Occident et les Arabes.
Lundi, M. Lavrov a dénoncé la réaction "indécente et hystérique" de l'Occident au veto, expliquant l'avoir opposé parce que la résolution ne mentionnait pas la nécessité pour l'opposition de se distancer "des extrémistes armés".
La Russie "a l'intention de faire tout son possible pour une stabilisation rapide de la situation en Syrie via la mise en place rapide de réformes démocratiques indispensables", a indiqué dimanche le ministère russe des Affaire étrangères.
Les Etats-Unis ont émis l'espoir lundi que M. Lavrov fasse "bien comprendre au régime" du président syrien Bachar al-Assad combien il est "isolé". La Maison Blanche a affirmé pour sa part que ceux qui parient sur la solidité du régime du président Bachar al-Assad perdraient, dans une claire mise en garde à la Chine et à la Russie.
Certains pays "ne devraient pas essayer de parier sur le régime Assad, car c'est un pari perdu d'avance", a indiqué le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney. Après l'échec des efforts diplomatiques à l'ONU, les Etats-Unis et l'Union européenne ont annoncé vouloir renforcer les sanctions contre le régime, tandis que Londres a dit réfléchir à "d'autres moyens de faire pression" sur lui.
Les Etats-Unis ont indiqué avoir dépêché à Moscou un haut responsable du Trésor chargé des régimes de sanctions du gouvernement américain. La Grande-Bretagne et la Belgique ont rappelé leurs ambassadeurs à Damas, tandis que Washington a fermé son ambassade, confiant à la Pologne la tâche de le représenter en Syrie. Le président américain a toutefois plaidé contre une intervention militaire. "Il est important de résoudre (la crise) sans recourir à une intervention militaire extérieure et je pense que c'est possible", a déclaré Barack Obama à la chaîne NBC.
Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a reçu lundi à Paris le président du CNS Burhan Ghalioun et s'est entretenu par ailleurs avec deux hauts responsables arabes, a-t-on appris de sources diplomatiques.
Au lendemain du double veto russe et chinois, Alain Juppé avait indiqué que la France ne resterait pas "les bras croisés" et prendrait des initiatives, notamment en vue de constituer un "Groupe des amis de la Syrie".

AFP
Mercredi 8 Février 2012

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