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Séminaire : L’accès aux services de base sous la loupe de l’ONDH




Séminaire : L’accès aux services de base sous la loupe de l’ONDH
L’accès aux services de base « Education et soins de santé au Maroc » a été le thème d’un séminaire organisé vendredi dernier par l’Observatoire national du développement humain (ONDH).
Cet atelier qui s’est tenu en présence d’une assistance nombreuse parmi laquelle le président du Conseil économique et social, le directeur général du Centre Royal des études stratégiques, le directeur général de l’ONDH, la représentante du PNUD, le Programme des Nations unies pour le développement, des professeurs chercheurs, des élus, entre autres, a été l’occasion de présenter deux études de cas, l’une portant sur les disparités concernant une éducation de base de qualité, l’autre portant sur les inégalités d’accès aux soins au Maroc.
Après l’allocution du directeur général de l’ONDH qui a présenté les travaux effectués par les deux groupes d’experts, le professeur Jamal Khallaf, enseignant-chercheur à l’Université Mohammed V et coordonateur du groupe d’experts Education, a pris la parole pour présenter les résultats des études de cas relatifs aux disparités d’accès à une éducation de base de qualité.
Les hauts plateaux de l’Oriental, les zones montagneuses du Haut Atlas, du Moyen Atlas et des régions périurbaines, ont été choisis pour mener les enquêtes de terrain.
La population ciblée était composée de responsables de l’éducation nationale, d’élus et de représentants de la société civile.
Il a été ainsi relevé plusieurs disparités :
 - Des salles de classe insuffisantes et souvent pléthoriques ;
- L’absence de collèges et de lycées occasionnant des déplacements quotidiens parfois dans des conditions climatiques et de sécurité difficiles ;
- La construction d’établissements scolaires n’est pas toujours en harmonie avec l’architecture et les conditions climatiques locales ;
- Les sites d’implantation des groupes scolaires sont parfois choisis avec la complicité et l’orientation de notables locaux au détriment de l’intérêt des élèves ;
- Les établissements scolaires en milieu rural ne sont pas toujours branchés aux réseaux d’eau et d’électricité.
La plupart des établissements concernés par les études de cas souffrent également d’une autre carence : absence fréquente des enseignants, occasionnant des lacunes en matière de réalisation des programmes scolaires.
Autre problème inhérent à l’éducation en milieu rural est l’attitude des parents qui ne sont pas souvent convaincus de l’obligation de scolariser leurs enfants et considèrent que cela leur occasionne un manque à gagner.
Les experts, qui ont mené ces études, avancent des propositions pour surmonter les problèmes constatés. Selon eux, chaque commune concernée devrait disposer de structures et d’équipements appropriés nécessaires à un cursus complet d’éducation de base (du préscolaire au baccalauréat) et assurer l’hébergement et la nourriture des enfants déplacés. Il est proposé également de réhabiliter les établissements scolaires, renouveler les équipements désuets, relier les écoles aux réseaux d’eau potable et d’électricité.
En un mot, la généralisation de l’accès à l’éducation en milieu rural ne peut être accomplie sans la participation et l’implication des représentants, à différents niveaux, de la communauté locale.
La population aux besoins spécifiques, en âge de scolarisation, devrait faire l’objet d’une étude approfondie sur sa situation au niveau des écoles (normes de construction et mobiliers scolaires).
Concernant le deuxième volet du séminaire portant sur les inégalités d’accès aux soins au Maroc, il a fait l’objet d’une intervention du Pr. Marc-Eric Gruénais, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement, coordonateur du groupe d’experts « accès aux soins ».
Ce groupe de travail a été mandaté pour assurer un contrôle des politiques publiques d’accès aux biens et services, et aider à leur évaluation qualitative, en particulier concernant l’accès aux soins de santé.
Afin d’étudier les différents types de contraintes qui peuvent influer sur l’accès aux soins et aux médicaments, les niveaux macro (national), meso (provincial) et micro (localités et centre de santé) ont été analysés. L’accent a été mis sur des études de cas qualitatives dans trois régions connaissant des difficultés spécifiques d’accès aux soins.
Il s’agit de la préfecture de Salé, un espace urbain avec une concentration de personnes à besoins spécifiques qui peuvent rencontrer des difficultés d’accès aux services de santé en dépit de leur proximité géographique, de la province d’Azilal où a été expérimenté le Régime d’assurance médical pour les économiquement démunis (RAMED), caractérisée par ses reliefs montagneux et la province de Figuig, très excentrée par rapport aux grands axes avec ses spécificités liées au contexte saharien et marquée par la diversité des modes de vie de ses habitants à la fois sédentaires et nomades.
Les enquêtes réalisées dans les trois sites choisis font ressortir les difficultés dont souffrent les personnes interrogées et leur perception de la qualité des soins reçus. Ce qui permet de relever les multiples contraintes qui influent sur les décisions de la population de recourir à un prestataire de soins.
L’accès aux soins est jugé souvent difficile, du fait que des barrières géographiques, de langue, mais aussi des difficultés financières empêchent un accès aux soins et aux médicaments. Néanmoins, et malgré ces difficultés, le centre de santé est cité comme la structure préférée pour la consultation médicale même si la qualité des soins est souvent jugée non satisfaisante puisque la garantie de trouver un médecin disponible n’est pas toujours assurée, de même que le manque d’équipements et de médicaments nécessaires.
La possibilité d’obtenir un traitement accessible et efficace est à l’évidence une motivation importante à l’accès aux soins.
Or, le prix des médicaments au Maroc, montre l’étude, est élevé comparativement à d’autres pays. Et l’achat des médicaments représente une part importante des dépenses de santé des ménages. La question de son accessibilité se pose dans le cadre d’une politique pharmaceutique du médicament qui englobe plusieurs éléments et plusieurs intervenants.
Cependant, les services centraux du ministère de la Santé déploient des efforts importants pour améliorer l’accès aux médicaments à la fois dans les secteurs public et privé.
En conclusion, l’étude sur les inégalités d’accès aux soins au Maroc met en évidence des situations extrêmes (non représentatives), illustratives des difficultés rencontrées par les experts enquêteurs. Il est ainsi constaté qu’il y a une multitude d’acteurs confrontés à des enjeux très divers, et qui touchent aussi bien aux politiques publiques nationales (médicaments) qu’à des situations très spécifiques, comme le mode de vie des nomades.
Aussi, chaque type d’acteur adopte des attitudes qui servent ses intérêts, d’où un appel à une coordination des interventions  collectives et publiques.
A noter que l’éducation et l’accès aux soins constituent les deux principaux facteurs qui participent  au classement du Maroc aux derniers rangs du rapport annuel établi par le PNUD sur le développement des pays dans le monde, suscitant l’ire des autorités du pays. 

Youssef BENZAHRA
Lundi 9 Avril 2012

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