Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Selon des sondages espagnols : Les indépendantistes favoris des élections en Catalogne




Selon des sondages espagnols : Les indépendantistes favoris des élections en Catalogne
Les indépendantistes sont donnés favoris des élections régionales anticipées qui ont lieu dimanche en Catalogne et pourraient déboucher sur une crise institutionnelle avec Madrid.
Qu’ils soient de droite ou de gauche, les partisans de la sécession de cette riche communauté autonome du nord-est de l’Espagne, aujourd’hui confrontée à de graves difficultés financières, devraient obtenir une majorité absolue des 135 élus du parlement régional.
Les derniers sondages créditent Convergencia i Unio (CiU, droite nationaliste) d’Artur Mas, président de la région depuis trois ans, de 62 à 64 sièges, en deçà de la majorité absolue. Mais en ajoutant d’autres formations comme Esquerra Republicana (ERC, gauche), qui pourrait doubler sa présence avec 18 élus, les indépendantistes peuvent espérer recueillir les deux tiers des sièges.
Un tel résultat permettrait à Artur Mas de tenir sa promesse d’organiser dans les quatre ans un référendum d’autodétermination dont Madrid ne veut pas entendre parler.
«J’espère être le dernier président d’une Catalogne que l’Espagne s’efforce de détruire par une campagne de coups bas», a déclaré le chef de file de CiU au cours du week-end dernier. «Le prochain ne sera plus dépendant de l’Etat espagnol», a-t-il lancé devant ses partisans.
Les enquêtes d’opinion montrent aujourd’hui que 44% à 57% des Catalans seraient prêts à franchir le pas d’un Etat indépendant, des niveaux jamais atteints auparavant, à condition toutefois que la Catalogne reste intégrée à l’Union européenne.
Le séparatisme en Catalogne, comme au Pays basque, a été durement réprimé sous la dictature franquiste (1939-75) mais les 17 régions espagnoles ont obtenu une large autonomie après le retour de la démocratie et les velléités indépendantistes sont restées limitées dans les années 1980-90.
Des événements récents ont cependant alimenté le sentiment de frustration des Catalans vis-à-vis de Madrid, à commencer par le rejet en 2010 par le Tribunal constitutionnel espagnol de plusieurs articles du nouveau statut d’autonomie régional, l’Estatut, dont celui reconnaissant une «nation» catalane.
La crise économique aiguë que traverse l’Espagne est venue renforcer l’argumentaire en faveur d’une sécession. Avec ses ports méditerranéens très actifs, son tourisme, ses usines automobiles, son industrie chimique ou son secteur bancaire, la Catalogne, forte de 7,5 millions d’habitants, pèse un cinquième de l’économie espagnole. Son produit intérieur brut est comparable à celui du Portugal.
La grave récession qui frappe le pays depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2007 ne l’a pas épargnée : dans l’impossibilité de se financer sur les marchés depuis que ses titres ont été classés au rang d’obligations «pourries», la Catalogne a dû emprunter cinq milliards d’euros à Madrid pour payer ses factures.
Mais de nombreux Catalans rejettent leurs difficultés sur Madrid en accusant le gouvernement central de prendre leurs impôts pour les reverser aux régions les plus pauvres. Les autorités régionales évaluent le manque à gagner à 16 milliards d’euros par an.
A la tête de la Generalité (exécutif régional), Artur Mas a tenté de renégocier un «pacte fiscal» plus avantageux avec Madrid, mais le président du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, y a opposé une fin de non-recevoir le 20 septembre, malgré une manifestation massive de centaines de milliers de Catalans à Barcelone neuf jours plus tôt, le 11 septembre, jour national qui marque la conquête de la Catalogne par l’Espagne en 1714.
Mariano Rajoy souligne que la Catalogne devrait déposer sa candidature à l’Union européenne en cas de sécession et met en garde les électeurs contre «un billet pour nulle part». Le roi Juan Carlos a lui aussi lancé un appel à l’unité.
La récente conversion d’Artur Mas à l’indépendance fait aussi lever quelques sourcils en Catalogne.
Certains soupçonnent le chef de file de la droite nationaliste de vouloir faire oublier une situation économique dramatique et les coupes franches dans les dépenses des hôpitaux et des écoles.
«L’indépendance ne nous aidera pas à résoudre tous nos problèmes», résume Inma Prat, une infirmière à la retraite. Un cadre catalan, préférant rester anonyme, note que les grandes entreprises de la région évitent de prendre position publiquement sur l’indépendance, pour ne pas se mettre à dos les clients du reste de l’Espagne. Certaines PME pensent en revanche qu’une Catalogne indépendante, débarrassée de ses obligations fiscales envers Madrid, pourrait investir dans ses propres infrastructures, ce qui leur serait favorable.
«Un nouvel Etat catalan forcerait les bureaucrates de Madrid à se remettre au travail. Après cinq années de crise, l’Espagne n’a pas de stratégie et aucune idée pour s’en sortir», dit Ramon Tremosa, un élu CiU au parlement régional.

Reuters
Lundi 26 Novembre 2012

Lu 198 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs