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Se défaire d’un patronyme à problèmes 3.000 demandes déposées par des familles désireuses de se faire appeler autrement




Le changement de patronyme est désormais monnaie courante auprès des services de l’état civil. Près de 3000 familles entendent ainsi retrouver un nouveau nom de leur choix. Les raisons sont multiples…
Que ce soit pour incommodité sociale et morale ou encore pour se défaire d’un nom stigmatisé pour être porté aussi par des criminels et surtout par des terroristes. Ils sont ainsi près de 3000 demandeurs à avoir déjà déposé le dossier requis pour résoudre un problème qui obsède de nombreuses familles.
 «Il y a certains patronymes qui touchent même à la commodité sociale et morale, comme le fait de porter un nom de famille animalier ou du moins péjoratif ; du coup la loi permet aux porteurs de s’en débarrasser et d’en retrouver d’autres», confie à Libé, Me Mohamed Boukerman.
Pourquoi maintenant? Les responsables des services d’état civil affirment qu’auparavant les citoyens ignoraient l’existence d’une loi permettant le changement de patronyme. Avec la sensibilisation des associations, nombre de familles se sont décidées à changer leurs noms pour inconvenance sociale lorsque le nom affecte la pudeur publique ou pour se défaire d’un nom lié à un terroriste. «De par la médiatisation, les noms de famille de certains auteurs d’actes terroristes en Europe notamment sont vite mis en avant, ce qui embarrasse les autres porteurs désireux globalement d’éviter la stigmatisation de l’autre, notamment en Europe», souligne Me Boukerman, un avocat au barreau de Fès.
Par ailleurs, un autre phénomène d’actualité est apparu ces trois dernières années, selon les services d’état civil, à savoir des patronymes  dont les enfants porteurs sont victimes de plaisanteries ou de moqueries. «Les enfants sont souvent la cause d’une grande partie des demandes de changements de patronymes … Certains élèves refusent  même d’aller à l’école à cause des plaisanteries des autres sur un nom de famille qui déroge à la bienséance sociale ou morale», précise Me Boukerman.
Le ministère de l’Intérieur indique, en effet, que le nombre de demandes est en hausse ces derniers mois et que, en 2016 seulement, 3.000 requêtes avaient été transmises à la haute commission d'état civil, dont 2.261 ont été validées et 2.137 définitivement acceptées.
La procédure stipule que les personnes dont les dossiers ont été approuvés par décret sont autorisées à opter pour un autre nom de famille.

L'investissement sur le nom

Le nom est à associer à une identité physique, certaines expressions en témoignent : on parle de nom «estropié»  ou «écorché». Le nom est comme une peau. C'est aussi un marqueur. Comme disait Lévi-Strauss, «le nom classe». Il classe à la fois ceux qui sont nommés et ceux qui nomment. Il renvoie également à une généalogie, à une histoire, il dit d'où l'on vient, où l'on naît, parfois à quel milieu on appartient. Il n'y a pas d'humanité sans nom, les anthropologues n'ont pas trouvé de sociétés qui en soient dépourvues.

 

Mustapha Elouizi
Jeudi 8 Juin 2017

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