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Santé publique dans la Ville des vents : Une femme perd son nouveau-né et meurt d'une hémorragie
Visiblement, Essaouira a impérativement besoin d'un observatoire local pour protéger le droit des citoyens aux soins car les défaillances du secteur de la santé ne cessent de faire des victimes.
Quelques jours après l'affaire de l'enfant atteint de méningite qui n'a pas reçu les soins nécessaires et qui se trouve dans le coma au CHU de Marrakech, la province d'Essaouira vient d'être encore secouée par la mort tragique d'une femme enceinte et de son nouveau-né. Elle est native de Ait Daoud, et mère de cinq enfants. Samedi 21 août, elle s'est rendue au service de maternité du CHP Sidi Mohammed Ben Abdellah à Essaouira pour y accoucher. Mais, elle a dû attendre plusieurs jours sans aucune intervention de la part du staff médical, justifiant que l’accouchement n’était pas arrivé à terme. De ce fait, elle a demandé à son mari de la ramener chez elle contre l'avis des médecins, d'après le directeur du CHP Sidi Mohammed Ben Abdellah. Deux jours après avoir regagné sa maison à Ait Daoud à soixante kilomètres d'Essaouira, les contractions avaient repris. Faute de moyens de transport au douar, on a conduit la femme enceinte à dos d’âne au centre hospitalier d'Ait Daoud avec l'espoir d’arriver à temps. Coup du sort: son enfant était déjà mort. A son tour, elle décède dans les bras de son mari quelques minutes seulement après son admission au centre hospitalier à cause d'une hémorragie. Pourquoi l'a-t-on laissée rentrer chez elle alors qu'elle devait accoucher dans les 24 ou 48h? Pourquoi n'a-t-on pas pris en considération le facteur social, géographique ou sanitaire dans cette affaire? D'après un ami de la famille, la victime s'était rendue au service de maternité sur avis de son médecin traitant. Elle devait être admise de toute urgence parce qu'elle avait perdu ses eaux. Est-ce que le staff médical a effectué les contrôles d’usage pour déterminer l'état de l'enfant et le stade de la grossesse? Des dizaines de femmes meurent chaque année dans la province d'Essaouira dans des conditions similaires à cause des ambulances qui manquent, ou qui sont exploitées à d’autres fins. Des femmes et des nouveau-nés victimes de négligence, de traitements inhumains et irresponsables qui leur coûtent la vie, mais dans l’indifférence générale. Certes, Essaouira est une province qui subit les contraintes de sa superficie et de sa géographie; ses douars et ses centres ruraux étant éparpillés sans organisation ni planification. De ce fait, il n'est pas toujours évident d'assurer les soins médicaux à temps. Mais cette femme avait au moins fait le nécessaire pour être à l'heure et au bon endroit pour accoucher dans des conditions normales. La pauvre avait été indirectement contrainte de rentrer chez elle pour perdre son enfant et mourir à cause d'une hémorragie. Qu'en pensent les responsables ? Mardi 31 Août 2010
Abdelali Khallad
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