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Samsung Electronics Maroc mise à l’index

Licenciement abusif, réduction de moitié du montant des indemnisations et non-respect du Code du travail




Samsung Electronics Maroc mise à l’index
Samsung qui a fait l’objet de class actions (attaques en justice groupées) pour cause supposée d’obsolescence programmée est-il en train d’appliquer cette technique à son personnel marocain ?
Près de quarante employés en ont fait les frais depuis 2010 pour des raisons aussi diverses qu’incongrues. La dernière en date vient de prendre attache avec nous, pour nous préciser, preuve à l’appui, que son licenciement serait « injuste et abusif ».
«L’on a mis un terme à mon contrat de travail à durée indéterminée (CDI) du jour au lendemain. Les motifs invoqués : incompétence et insuffisance professionnelle, manque de performance et non atteinte des objectifs.», s’étonne-t-elle avant de répondre à ces reproches : « Primo, j’ai été recrutée sur la base d’un CDI et la durée d’essai étant largement dépassée, il n’y a pas lieu de parler d’incompétence ni d’insuffisance professionnelle. Secundo, depuis mon intégration et chiffres à l’appui, les ventes au sein du département « entreprise business » ont connu une nette hausse.»
Dans la foulée, le fait de pointer du doigt un manque de performance doublé de la non atteinte des objectifs l’a fait sortir de ses gonds dans la mesure où à la fin du mois de mai dernier, elle avait reçu une prime de rendement, dénommée dans le jargon de l’entreprise, bonus ! Une interrogation fuse néanmoins : comment peut-on parler de manque de performance et de non atteinte des objectifs au sujet d’un salarié qui, il y a à peine deux mois, a réalisé un nombre de ventes qui lui ont fait gagner un bonus conséquent ?  D’aucuns diront que ces prétextes sont cousus de fil blanc et ne font pas partie de fautes professionnelles passibles de licenciement aux termes du Code du travail.
En fait, il y a de cela deux ans et des poussières, cette mère, divorcée avec deux enfants à charge, a été carrément débauchée d’une société concurrente de la place. Mais à ce moment-là, elle ne croyait pas avoir mis les pieds dans une souricière. En effet, elle  déclare avoir pris sur le fait certains responsables de la boîte qui ont menti à la maison mère au sujet de son recrutement. Ils ont, précise-t-elle, présenté une attestation, en bonne et due forme, qui stipule qu’ils ont fait appel à des chasseurs de têtes pour son embauche. « Il n’a jamais été question d’agence de recrutement. La filiale marocaine a grugé le groupe sud-coréen avec une fausse facture …», tonne-t-elle avant d’ajouter que cette forme de magouilles pullule certes dans certaines sociétés mal famées mais pas dans celles qui vendent le nec plus ultra des produits ! 
Il est vrai que, Samsung Electronics est la 40ème plus importante société, d’après le classement Fortune Global 500. En 2012, son chiffre d’affaires s’est élevé à 178,6 milliards de dollars, ce qui la classait leader mondial de l’industrie du high-tech devant d’importants groupes, et elle emploierait 370.000 personnes dans 80 pays.
Sous le ciel marocain, entre l’impression et la réalité, la différence est on ne peut plus grande. Samsung Electronics Maroc, au capital déclaré de 38.376.000 DH, n’a jamais eu de problèmes de trésorerie. Pourquoi alors, s’interroge cette employée à qui on vient de montrer la porte, cette entreprise préfère-t-elle user de subterfuges au lieu de traiter convenablement les questions ayant trait à son  personnel ? C’est là où le bât blesse ! Elle apporte de l’eau au moulin en déclarant qu’en 16 ans de carrière, elle ne s’est jamais trouvée confrontée à une situation qui risque de nuire à sa carrière et à sa réputation ! Et d’ajouter, en plus de ses transgressions patentes au Code du travail, la direction a osé sans scrupules, lui proposer de se suffire de 50% seulement de ses droits ! En décidant de dénoncer ce déni de droit, elle tire la sonnette d’alarme et attire l’attention du ministère de l’Emploi et des Affaires sociales ainsi que de la CGEM sur les pratiques illégales qui auraient cours au sein de Samsung Electronics Maroc. En effet, cette société compte entre 100 et 200 employés sans l’ombre d’un seul délégué du personnel ou d’un syndicaliste. Et heureusement que la bêtise ne tue pas, dans une convocation à un entretien préalable adressée à cette employée, il y est écrit noir sur blanc : « Nous vous précisons que vous êtes en droit de vous faire assister, au moment de cet entretien, notamment, par un salarié de votre choix». C’est dire qu’au sein d’entreprises que d’aucuns jugent respectables de l’extérieur, il en est des réalités qui frisent l’irrationnel. En effet, qui défend les salariés au sein de ce type d’entreprises qui ne respectent pas la loi ? Pour le cas de Samsung Electronics Maroc, ont-ils été laissés à leur triste sort pour faire plaisir à une multinationale qui bannit toute forme de syndicalisme en son sein ? 

Meyssoune Belmaza
Jeudi 14 Août 2014

Lu 2217 fois


1.Posté par couc le 13/08/2014 19:48 (depuis mobile)
C pas étonnant

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