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Royaume-Uni : Brown se sacrifie dans l’espoir d’un gouvernement Labour-Lib Dems




Le Premier ministre Gordon Brown a provoqué un coup de théâtre lundi en offrant de se sacrifier pour favoriser une coalition entre le Labour et les libéraux-démocrates et barrer l’accès de Downing Street au conservateur David Cameron, vainqueur sans majorité des législatives britanniques du 6 mai.
L’imbroglio institutionnel était à son comble lundi soir à Londres, où conservateurs et travaillistes se sont lancés dans une surenchère spectaculaire dans l’espoir de constituer un gouvernement avec les libéraux-démocrates, solidement placés en situation de faiseurs de roi.
Les négociations marathon entre tories et Libs Dems paraissaient en passe d’aboutir, quand le Premier ministre travailliste Gordon Brown a offert sa démission du Labour, en sacrifice politique, pour tenter d’arracher une alliance Labour/Lib Dems.
«En tant que chef de parti, je dois accepter qu’il y ait un jugement sur moi», a déclaré M. Brown sur un ton particulièrement solennel.
Moins de deux heures après, William Hague, négociateur en chef des tories, a offert aux Libs Dems «une ultime concession» de taille: la promesse d’un référendum sur la modification du mode de scrutin, une réforme exigée par M. Clegg, le chef des libéraux démocrates.
M. Brown a de son côté promis de modifier au parlement la loi électorale, pour introduire la proportionnelle en remplacement du scrutin majoritaire uninominal à un tour, qui a jusqu’ici empêché les petits partis comme les Lib Dems d’avoir une juste représentation à la chambre des Communes.
Le suspense demeure entier quatre jours après des législatives du 6 mai, remportées par les conservateurs, mais sans la majorité absolue qui permet de former seul un gouvernement.
En s’alliant au Labour délesté de M. Brown, les libéraux démocrates permettraient aux travaillistes de décrocher un quatrième mandat historique. En scellant un accord avec les conservateurs, ils porteraient au pouvoir David Cameron, le plus jeune Premier ministre jamais désigné au Royaume-Uni, mettant fin à 13 ans de traversée du désert des conservateurs.
M. Brown a indiqué qu’il quitterait la tête du Labour d’ici l’automne. Il pourrait rester Premier ministre pour assurer la transition d’ici là, à la tête d’une coalition avec les Lib Dems, ou démissionner dans les prochains jours du 10 Downing Street pour laisser la place à un successeur.
Le nom du ministre des Affaires étrangères David Miliband circule depuis plusieurs jours. Il est d’ailleurs donné favori par les bookmakers. M. Brown a lui même succédé à Tony Blair en 2007 sans passer par la case élection.
Nick Clegg, qui ne cache pas son animosité envers l’impopulaire Brown, a immédiatement salué comme «un élément important» la perspective d’un départ de ce dernier, «dans l’intérêt général» pour favoriser une transition en douceur. Les deux hommes s’étaient rencontrés en secret à deux reprises, dimanche et lundi, alors que les négociations à huis-clos entre libéraux démocrates et conservateurs paraissaient sur la bonne voie.
Les deux processus de négociations se poursuivront en parallèle dans les jours à venir, laissant entrevoir un suspense durable.
La date butoir pour la constitution d’un gouvernement est fixée au 25 mai, jour où la reine doit prononcer devant le nouveau Parlement le discours-programme du gouvernement.
Lundi en fin d’après midi, les libéraux-démocrates avaient provoqué une première surprise en demandant des «clarifications» aux Tories, sur les thèmes de la fiscalité, de l’éducation et de la réforme du scrutin électoral, et en réclamant qu’une oreille attentive continue d’être prêtée aux propositions avancées par les travaillistes. Chez les tories, une même suspicion existe à l’égard des positions des Lib Dems, plus europhiles, accusés de «laxisme» sur l’immigration, et partisans d’une réforme du mode de scrutin qui révulse la majorité des conservateurs.
David Cameron et Nick Clegg avaient rendez-vous lundi avec les instances respectives de leur parti, pour tenter de vendre les compromis nécessaires à l’établissement d’une plate-forme commune.
Tous deux ont insisté sur la nécessité —désormais illusoire— d’avancer rapidement en vue de rassurer les marchés.

AFP
Mercredi 12 Mai 2010

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