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Rhany Kabbadj : La musique est un langage universel qui permet de rapprocher les peuples et d’adoucir les mœurs




Rhany Kabbadj : La musique est un  langage universel qui permet de rapprocher les peuples et d’adoucir les mœurs
Natif de Marrakech, Rhany Kabbadj a été séduit par le monde de la musique, dès son plus jeune âge. A 17 ans, il a composé son premier titre, qu’il a enregistré à Washington, en 1990. Puis, en 1997, il a sorti son tout premier album 
«Dablet », fortement imprégné de musique latino-américaine.
Son amour pour les rythmes cubains et latino le poussa donc, en 1999, à voyager, en compagnie de son producteur à Cuba, pour réaliser son second album « Alamtini ».
Depuis sa consécration, 
meilleur artiste nord-africain, en 2001, Rhany multiplie les tournées et les festivals. 
Aujourd’hui, il prépare un nouvel album, qui sortira en 2015, et un spectacle, où 
il racontera sa vie, avec une certaine note d’humour. 
Entretien. 
 
Libé : Vous avez débuté votre carrière en tant qu’imitateur d’Elvis Presley. Que représente pour vous cet artiste ?    
 
Rhany Kabbadj : Très petit, j’ai été influencé par la musique rock. C’est à cette  époque que j’ai découvert Elvis Presley. Aujourd’hui j’ai presque tous ses albums, ses DVD, ses films et quelques livres qui ont été écrits sur lui, sur sa carrière et son histoire. Et ce qui m’a interpellé chez lui, c’est l’homme spirituel qu’il était. Je pense que c’est grâce à sa musique que je fais aujourd’hui partie du monde artistique. Alors c’est bien parti d’une imitation.
 
Vous êtes surtout connu pour les fusions entre la musique marocaine et d’autres styles internationaux. Peut-on en savoir plus ?
 
J’ai en fait commencé très jeune. Déjà à l’âge de 17 ans, j’ai composé mon premier titre en anglais que j’ai enregistré à Washington en 1990. Je suis passé à la chanson française après le raï, tout cela pour essayer de trouver mon style. En 1997, j’ai sorti mon premier album en arabe, « Dablet », avec une légère influence latino-américaine. Avec mon producteur, nous sommes partis, à Cuba, en 1999, pour réaliser un album qui a pour titre « Alamtini », enregistré dans les studios mythiques, Egrem. C’était un joli début.
 
Vous avez vécu une drôle d’histoire avec Cheb Khaled. Racontez-nous ce fait.
 
Avec du recul, c’est une histoire drôle, mais sur le moment, ça l’était beaucoup moins. L’histoire est que je devais figurer parmi les artistes qui  feraient la première partie du concert de Khaled en 1998. Je me rappelle qu’à l’époque je résidais encore en France. J’ai dû venir avec mon père de Paris à Marrakech, j’étais super content et très excité à l’idée de me produire dans la première partie du king du raï. 
Les choses ont mal tourné, lorsqu’on m’a annoncé que je n’allais plus chanter et que je ne faisais plus partie des artistes qui feraient la première partie, car ils étaient déjà trop nombreux et j’étais le moins connu. Mais comme je ne crois pas au hasard, je dirai que le destin a fait que mon manager de l’époque avait rencontré un des musiciens qui faisaient partie du groupe de Khaled, Cheb Kada. Ce dernier est allé raconter mon histoire à Khaled qui a insisté pour que je chante avec lui et non en première partie.  Ce qui était pour moi un rêve s’est réalisé.  Sans rentrer dans les détails, c’était un moment très émouvant. Alors, cette histoire fait, justement, partie de mon prochain spectacle qui est plus ou moins une biographie dans laquelle je raconte des étapes de ma vie en chantant.
 
Vous avez déjà eu l’occasion de rencontrer Nelson Mandela et l’ex-président français Jacques Chirac. Vous-ont-ils encouragé à poursuivre votre carrière de musicien ? 
 
Ce qui est extraordinaire dans ce métier, c’est que l’on rencontre beaucoup de monde. Parmi les moments qui m’ont marqué le plus, c’est le jour où j’ai rencontré Nelson Mandela. C’était en 2001, lorsque j’ai reçu le prix du meilleur artiste nord-africain, le « Kora Award ». J’ai eu aussi l’occasion et le plaisir de rencontrer le président Jacques Chirac en 2004 lors de sa visite privée à Marrakech. J’ai gardé d’excellents souvenirs, non d’un chef d’État, mais du fait de m’être adressé à un homme, un grand homme, d’une générosité et d’une simplicité inégalables. Ces deux hommes remarquables m’ont beaucoup encouragé et donné un souffle qui m’a permis de continuer à me battre pour atteindre certains objectifs, et ça n’a pas été toujours facile.
 
Considérez-vous, comme beaucoup de chanteurs, la musique comme étant une langue universelle qui peut unir les peuples du monde entier ?
 
Bien sûr. Pour moi, la musique est un langage universel qui permet de rapprocher les peuples, d’adoucir les mœurs, de faire connaître sa culture à d’autres  et, en premier lieu, de créer le bien-être autour de soi.
 
La télé marocaine aura bientôt droit à sa propre version de la fameuse émission télévisée « Fort Boyard ». Avez-vous réellement participé ?
 
Oui et je suis très heureux d’avoir participé  à ce jeu. Au départ, j’étais un spectateur ; aujourd’hui j’ai l’occasion d’y participer en tant qu’acteur. Je ne rate aucune occasion, surtout pour la bonne cause. C’était aussi une opportunité de rencontrer beaucoup d’artistes marocains, des sportifs, des anonymes très sympas et des amis que j’aime. C’était pour moi une expérience extraordinaire, car il y avait beaucoup de défis à relever. Je pense que nous avons tous été à la hauteur,  je ne veux pas en dire plus pour maintenir le suspense...
 
 Des projets d’avenir ? 
 
Je prépare un album pour 2015  et un spectacle où je raconterai ma vie avec une note d’humour, où il y aura des anecdotes, le récit de certaines rencontres, des introductions pour chaque chanson qui raconteront l’histoire de chacune d’elles. En ce moment, je suis en pleine rédaction de ce spectacle. 

Propos recueillis par Mehdi Ouassat
Vendredi 11 Juillet 2014

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