Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Retour de manivelle pour Abdeslam Seddiki




Retour de manivelle pour Abdeslam Seddiki
Au lieu de rendre publique sa Stratégie nationale de l’emploi en cette fin de mois, le ministre s’est contenté d’un simple rapport-diagnostic
Apparemment, pour Abdeslam Seddiki, une chose promise n’est pas forcement chose due. Alors qu’on s’attendait à ce que la stratégie nationale de l’emploi soit dévoilée avant la fin de cette année, comme il l’a d’ailleurs promis, la rédaction de « Libé » a reçu copie d’un simple rapport qui dresse le diagnostic de la situation de l'emploi au Maroc, disponible également sur le site officiel du ministère de l’Emploi et des Affaires sociales.
En réalité, il ressort clairement de ce document qu’il s’agit ni plus ni moins d’une réflexion sur la Stratégie nationale de l’emploi (SNE) à élaborer que d’une véritable stratégie. En substance, il y est question d’enjeux de la SNE, de l’état des lieux de l’offre de travail (entre progrès et faiblesses qui persistent), des principaux défis du dispositif de gouvernance du marché du travail et de l’emploi, du taux d’activité national selon les tranches d’âge (entre 2000-2013) et des diplômés qui sont fortement touchés par le chômage…
Ainsi, s’agissant du cadrage macroéconomique et sectoriel de l’emploi ou encore de liens entre la croissance économique, la productivité et l’emploi aux niveaux national et régional, le rapport est bien renseigné ! Mais quid de la SNE, tant attendue ?
Pour rappel, Abdeslam Seddiki avait déclaré, en marge des travaux d'un atelier organisé à Rabat sur "l'emploi des jeunes et les dispositions du Code du travail", fin septembre dernier, que la fameuse Stratégie nationale de l'emploi sera dévoilée avant fin 2014.
Le souvenir est également encore vivace du lancement, en mai dernier à Rabat, des travaux relatifs à la SNE que M. Seddiki a qualifié de «première», afin de «contrecarrer ce fléau»…Dans la foulée, il avait relevé que l’élaboration de cette stratégie a nécessité un travail qui a démarré en 2011 pour s’étaler sur trois étapes principales, la première (mai 2013 et mars 2014) concernant le diagnostic du marché de l’emploi et permettant de dresser un état des lieux de la situation actuelle, la seconde phase (mai-juillet 2014) devait permettre l’élaboration de la stratégie via la mobilisation de l’expertise technique, la mise en place d’un comité de pilotage et d’un comité technique en charge de piloter et de suivre la formulation de la stratégie et la dernière (juillet-septembre 2014) pour la planification opérationnelle et la mise en place d’un plan d’action de la stratégie.
Pavé dans la mare, le point de discorde est que le deadline des trois étapes n’a pas été respecté, selon les propres dires du ministre contenus dans la préface dudit rapport. En effet, ce dernier y fait état en ces termes : «Le travail de diagnostic engagé en 2013, objet du présent rapport, est la première étape du processus d’élaboration de la SNE (…). Les résultats du diagnostic, que nous mettons à la disposition de toutes les parties prenantes du processus, mettent en évidence les atouts du Maroc en termes de création d’emploi mais aussi les déficits et les écarts quantitatifs et qualitatifs à combler qui sont autant de défis à relever pour construire le Maroc de demain, un Maroc fondé sur les valeurs de modernité, de liberté, de solidarité et de respect des droits fondamentaux au travail». Et de diagnostic, on en connait d'autres depuis belle lurette! Résultat des courses : le cheval de bataille de M. Seddiki s’apparente plus à de la langue de bois enveloppée dans un discours mielleux mais, décidément, au goût de fiel pour les chômeurs qui espéraient ardemment le lancement effectif de la SNE.
Tombés des nues aussi, d’aucuns espèrent ne jamais voir inclus dans cette stratégie destinée à résorber le chômage, l’avis personnel du responsable gouvernemental émis sur une radio de la place le 22 octobre dernier, à savoir qu’ « au Maroc vaut mieux être un technicien (électricien ou plombier…) riche qu’être bardé de diplômes et pauvre ! ». En tous cas, force est de constater que ces diplômés qui bénéficieront, dans le cadre du programme Idmaj de l’Etat avec la création de nouveaux postes à partir de 2015, dixit toujours le ministre à l’antenne, de certaines mesures dont un stage rémunéré de 6000 DH, et de ce fait, un bac+5 sera traité sur le pied d’égalité qu’un bac+2 ! Et au journaliste radio de sortir de ses gonds en lui tonnant qu’au final il est inadmissible que l’Etat cautionne et entretienne le fait de mettre à disposition des entreprises de la main-d’œuvre gratuite puisqu’il s’agit, en somme, d’une sorte de subvention de l’Etat aux entreprises ! Quoi qu’il en soit, l’on voit mal quand et comment le ministre compte passer à l’acte alors que l’actuel Exécutif a une durée de vie inférieure à deux ans ! Certains sont même tentés de penser que le but du ministre en traînant justement le pied est de filer la patate chaude à son successeur ! C’est dire aussi que M. Seddiki n’aura pas de compte à rendre aux électeurs qu’il devra affronter lors des élections prévues en 2016 … Drôle de logique, comme dirait l'autre.

Meyssoune Belmaza
Samedi 27 Décembre 2014

Lu 1174 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs