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Réseau marocain Euromed des O.N.G : Une contribution positive au raffermissement des relations Maroc–UE




Réseau marocain Euromed des O.N.G : Une contribution positive au raffermissement des relations Maroc–UE
Le Réseau Marocain Euromed des O.N.G a organisé dernièrement une conférence de presse pour présenter son projet :
« Monitoring collectif par la société civile
du plan d’action
UE- Maroc » ainsi que ses diverses activités pour 2009-2010.
Le Partenariat entre le Maroc et l’Union européenne ne date pas d’aujourd’hui. Rappelons que dès 1962, le Maroc avait amorcé des pourparlers relatifs aux accords commerciaux avec la Communauté européenne. Une série d’autres accords va voir le jour par la suite : accord Commercial  en 1969,  de Coopération en 1976,  d’Association en 1996 qui élargit  le domaine du Partenariat au dialogue politique, et prévoit la création d’une zone de Libre-échange à l’horizon 2010 et qui sera totale en 2012.
Après la signature  de la Déclaration de Barcelone  en 1996,  une aide financière de l‘UE  est accordée au Maroc pour sa mise à niveau, dans le cadre des programmes MEDA : MEDA I : (1996-1999) et MEDA II (2000-2006) 
Partisan convaincu d’une relation différenciée allant vers un plus grand ancrage à l’Europe, le Maroc a donné suite à la Politique Européenne de Voisinage (PEV) qui lui a été proposée en 2003.  La PEV, qui s’inscrit dans le cadre d’une relation plus poussée, a pour ambition de soutenir le développement politique et l’intégration économique de ses voisins afin de  renforcer leur stabilité, leur sécurité et leur bien-être. Cette relation est fondée sur un engagement mutuel à promouvoir des valeurs communes, comme  le respect des règles de droit, la bonne gouvernance, le respect des droits de l’Homme, la promotion de bonnes relations de voisinage, l’économie de marché, le développement durable, etc.
La  participation suivie, active et constructive du Maroc au Partenariat Euro-méditerranéen est très appréciée, et fait de lui un acteur dynamique du
« Processus de Barcelone » processus que l’Union pour la Méditerranée est venue relancer afin de donner une nouvelle impulsion à la coopération de l’Union européenne avec les pays partenaires méditerranéens et là encore, l’UE a salué le soutien et l’engagement du Maroc en faveur de cette initiative dont l’idée, rappelons- le, est partie de Tanger.
Le Partenariat entre le Maroc et l’UE, on le voit, a mis des décennies à se construire et le 13 octobre 2008, il est entré dans une nouvelle phase puisque le Maroc s’est vu attribuer le statut avancé par l’Union Européenne (UE). Une nouvelle étape est donc franchie dans le raffermissement des relations entre les deux parties. En effet, l’adoption du document conjoint sur le statut avancé ouvre de nouvelles perspectives  pour le Maroc: il trace une feuille de route prometteuse tant en terme de coopération politique qu’en terme économique et social avec, pour la première fois, l’objectif explicite d’une convergence vers l’acquis communautaire et une implication accrue des acteurs sociaux. Il a pour objectif également la négociation d’un accord de libre-échange global et approfondi.
Ce partenariat renforcé traduit la volonté de l’Union européenne de répondre positivement aux attentes et aux besoins spécifiques du Maroc, afin de l’accompagner dans son processus de modernisation et de transition démocratique entrepris depuis plusieurs années.
La densité et la régularité du Partenariat entre le Maroc et l’UE témoignent du chemin parcouru de part et d’autre et de l’accroissement qualitatif et quantitatif des relations entre les deux parties. Mais l’implication du Maroc, aussi forte soit- elle, ne peut être efficiente que si la société civile marocaine s’implique à son tour pour que le Partenariat Maroc/ UE se décline concrètement en actions et en réalisations structurantes et réformatrices pour notre pays. Or, souvent, la société civile marocaine ne se sent pas concernée et ne mesure pas l’ampleur des enjeux en question.  Son non implication de manière directe dans l’élaboration des contenus des accords ainsi que dans le suivi global du Partenariat  est la raison principale de son désintéressement, d’où l’intérêt et la pertinence du Réseau marocain euromed des ONG qui, en s’inscrivant dans une dynamique de groupe,  a pour but de permettre aux composantes vives de notre société et à ses partenaires d’apporter une contribution positive à une nouvelle attitude par rapport à l’avenir des relations Maroc–Union Européenne. Grâce à l’expertise de ses membres, acquise tout au long de cette dernière décennie, le Réseau peut participer à rendre accessible le contenu  des accords et surtout le contenu du Plan d’Action UE – Maroc. Son expérience en matière de suivi du Plan d’Action de la politique de voisinage est novatrice au niveau maghrébin et régional (région euro-méditerranéenne). Par ailleurs, le Réseau marocain,  par son adhésion à la Plateforme non gouvernementale Euromed -composée d’acteur-E-s de la société civile de la région Euromed- s’inscrit dans une dynamique régionale chargée du suivi du Partenariat euro-méditerranéen. Dans ce sens-là, le partage d’expériences avec lesdits acteurs parait opportun pour participer à faire de la région Euromed, où de violents conflits menacent sans cesse, une zone de prospérité, de stabilité et de paix.
Les valeurs du Réseau marocain Euromed des ONG sont celles qui prônent le respect des droits de la personne humaine et des règles de la démocratie afin de consolider l’Etat de droit. Le Réseau œuvre pour que prime la dignité humaine dans la justice, la tolérance, le respect du multiculturalisme, l’égalité des genres, le développement social et économique…
Les Objectifs du Réseau marocain sont multiples :
-impliquer davantage la société civile marocaine pour qu’elle participe à l’optimisation et à l’amélioration des objectifs fixés par le Partenariat Euromed et particulièrement le Partenariat Maroc/UE, dans le respect des droits humains;
-contribuer au renforcement  des capacités des acteur-E-s associatifs-ves marocain-E-s en matière de monitoring et de suivi du Partenariat Maroc/UE ainsi qu’en matière de maîtrise des instruments juridiques et financiers dudit Partenariat.  
-veiller à la mise en œuvre des recommandations de la société civile et du Plan d’action dans sa globalité, dans le cadre de la politique européenne de voisinage Maroc/ UE.
-informer l’opinion publique sur l’évolution du partenariat  Maroc-UE ;
-partager l’expérience du suivi du Plan d’Action avec les acteurs de la société civile au niveau maghrébin et régional.
Les Groupes- Cibles sont diversifiés :
Les militant-E-s de la société civile marocaine des différents secteurs d’intervention, les médias,  le gouvernement marocain, les représentants de l’union européenne, certaines ONG des pays du Partenariat Euromed et plus globalement l’opinion publique marocaine et régionale. 
Le rôle du Réseau marocain Euromed des ONG ne se limite pas à ce Projet ; le Réseau se veut un acteur à part entière dans le Partenariat Maroc/UE pour apporter un plus dans l’édification de l’espace méditerranéen dont le présent  problématique ne doit pas nous décourager. Cette construction nous interpelle; elle est notre affaire à tous : femmes et hommes des deux rives. Même mer (mère ?) même destin !
 La Méditerranée, en formant un lien naturel entre plusieurs continents (l’Europe, l’Asie Occidentale, l’Afrique septentrionale)  ainsi qu’entre les pays qu’elle baigne et en  communiquant avec d’autres mers, nous  donne une belle leçon d’ouverture sur les autres. C’est à nous de mettre en œuvre sa leçon pour que la Méditerranée ne soit plus un récif monstrueux contre lequel viennent s’écraser les barques de la mort ! Nous devons nous  interroger sur le sens profond que nous voulons donner à notre cohabitation et répondre aux grandes questions qui sont au cœur de notre région et qui restent en suspens : la paix, l’entente entre les peuples, le développement économique, social, et culturel ; les migrations,  le développement durable avec le problème crucial de l’eau, de l’énergie, la sauvegarde de l’environnement… De nous et des valeurs que nous préconisons dépendra l’avenir de mare nostrum.
Dans cet univers médiatisé à l’extrême, de nouvelles idées apparaissent au firmament comme de belles fusées, prêtes à retomber pour faire place à d’autres. La toute dernière est le souci de moraliser le capitalisme affiché par les gouvernements de toutes sortes, ce qui n’est guère évident. En fait la moralisation du capitalisme, en l’occurrence les rémunérations des dirigeants, est un problème d’incitations qui doit être réglé entre actionnaires et dirigeants. C’est à l’assemblée des actionnaires de trouver le remède à la perversité du système actuel des rémunérations des dirigeants qui s’écarte des valeurs originelles du capitalisme, à savoir le mérite et la responsabilité.
Ensuite, demandons- nous si les gouvernants savent réellement ce qu’est le capitalisme. La question est intéressante : s’ils savaient, ils comprendraient le rôle fondamental de la responsabilité pour le bon fonctionnement du capitalisme et ils n’auraient pas eux-mêmes introduit des mécanismes empêchant justement la responsabilisation des acteurs de la finance, et ce, bien avant la crise (qui y trouve ses racines) et au surplus, depuis la débâcle (comme soi-disant remède à la crise).
Pour moraliser, ils prennent en cible les patrons avec une allégresse difficile à cacher. Les termes techniques leur sont d’un grand secours : bonus, parachutes dorés, stock-options, primes de départ, retraites-chapeaux, etc. Ils désignent ainsi des contrats extrêmement compliqués et parfois incertains dans leurs effets. Exemple : des stock-options n’ont de la valeur que, si le jour de l’exercice du droit à souscrire les actions, celles-ci ont elles-mêmes de la valeur ; beaucoup de stock-options contractées il y a quelques années ne valent rien aujourd’hui.
Mais que les hommes politiques désirent moraliser le capitalisme suppose qu’ils soient eux-mêmes irréprochables. Et il y a beaucoup à dire à ce sujet, et le plus surprenant est le silence des médias sur les avantages des politiques et de leur entourage.
Retraites chapeaux? Qui évoque publiquement les retraites fastueuses des ministres? En France, le système est tellement bien ficelé que certains peuvent toucher des retraites de fonctions jamais remplies : retraite d’ambassadeur ou de magistrat de la Cour des comptes par exemple ! Rémunérations ? Ce que gagnent les politiques en argent formel ou informel est impossible à calculer vraiment : personne ne nous dira jamais, et pour cause, combien représente l’usage sa vie durant d’une voiture avec chauffeur. Cumuls? Cette pratique courante en France remplit d’étonnement les étrangers ; les Américains, habitués au travail bien fait et aux missions claires, ne comprennent pas que l’on puisse être ministre et, simultanément, maire de grande ville ou président de conseil régional, toutes fonctions qui se télescopent. Un cumulard, richissime de ses cumuls, est-il qualifié pour moraliser les autres?
Parachutes dorés? Ici l’observateur attentif aperçoit dans la sphère publique d’innombrables et brillants «parachutistes». En France, les anciens premiers ministres disposent d’un statut de prince vénitien leur vie durant : salaires, voitures avec chauffeur, voyages, secrétariat. Cincinnatus ayant quitté le pouvoir à Rome était retourné à sa charrue après avoir bien rempli sa fonction. Ces jours-ci un remaniement gouvernemental se prépare ; une grande partie de l’énergie de tous les politiques s’emploie a trouver des points de chute pour les futurs anciens ministres, qui en plus bénéficieront d’avantages retraites conséquents : un adroit « parachutiste » doit savoir où atterrir en douceur !
En France, encore, le gouvernement vient de créer, ex nihilo, un poste d’ambassadeur pour favoriser un de ses amis-opposants, déjà ancien premier ministre ; personne n’a besoin de ce nouveau poste qui va engendrer le désordre dans toutes les affaires étrangères avec bien entendu les dépenses extravagantes que le nouvel ambassadeur va occasionner ; il est prévu pour commencer une croisière pour donner des conférences à proximité de la banquise !
Mais les « parachutistes » de l’UE sont encore bien plus gâtés. Les Commissaires qui vont quitter leurs fonctions cette année recevront chacun plus d’1 million d’euros en pensions et en indemnités de «transition» et de «réinstallation» ! Le nombre de Commissaires qui partiront n’est pas connu à ce jour ; ils pourraient être vingt et recevoir dans ce cas un total de 24,5 millions d’euros.
Tout cela s’ajoute aux salaires et avantages auxquels ces Commissaires ont droit au cours de leur durée de service, à savoir un salaire de base d’au moins 235.000 euros par an. Il s’ajoute une foule d’autres avantages, dont des indemnités de résidence. Au total, les 27 commissaires européens ont coûté aux contribuables au moins 75 millions d’euros ces cinq dernières années.
Les citoyens de toute l’Europe, victimes de la crise, pourront se demander à juste raison pourquoi ils doivent payer une si énorme facture pour une poignée de fonctionnaires éloignés pour lesquels ils n’ont jamais voté.
La conclusion est que la rémunération des dirigeants est un problème interne à l’entreprise dont la solution passe par des contrats plus responsabilisant. Certes, les politiques peuvent s’en occuper mais la question se pose de savoir s’ils sont vraiment bien placés pour le faire compte tenu de leurs propres pratiques!

* Economiste
Article publié en collaboration avec www.unmondelibre.org


Par Michel de Poncins *
Jeudi 30 Avril 2009

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