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Réquisitoire contre juges et procureurs

En présence d’un ministre de tutelle trop passif




Réquisitoire contre juges et procureurs
Etonnante attitude de la part de Mustapha Ramid connu pour être impulsif voire irascible et, surtout, ne pas avoir la langue dans sa poche comme tout Doukkali qui se respecte. En marge d’une conférence-débat sur la réforme de la justice tenue le 27 août à Rabat, des accusations graves contre le corps des magistrats ont été portées par l’un des intervenants, en présence même de Ramid, ministre de la Justice et des Libertés, de son état, pour rappel.  L’assistance a donc dû suivre un réquisitoire faisant état de dysfonctionnements dans notre système judiciaire. Ainsi, nos juges sont accusés d’être soumis à des consignes et des ordres par téléphone. Certains d’entre eux sont même accusés d’être contre le processus de réforme. Les procureurs du Roi n’ont pas été non plus épargnés. On les accuse de connivences avec  certains cercles du pouvoir. Pire, le parquet n’assume pas ses responsabilités face à certains dossiers montés de toutes pièces par la police judiciaire. 
Une situation qui risque de s’aggraver avec le projet de loi organique relatif au pouvoir judiciaire qui compte dissocier les parquets de la tutelle du ministère de la Justice et des Libertés au profit du procureur général près la Cour de cassation.  Une mesure qualifiée de saut dans le vide qui annonce  « l’Etat des juges ».  Des parquets sous l’autorité du procureur général, cela signifie plus de contrôle et de reddition des comptes.  
Un intervenant est allé plus loin. Il n’a pas hésité à qualifier Mustapha Ramid d’être le maillon faible du système judiciaire en soulignant que l’indépendance de la justice n’existe que dans son imaginaire puisqu’il n’est pas le seul à contrôler le système. L’intervenant estime que  l’Etat, les nantis et les  personnes influentes continuent de  s’immiscer dans les affaires de la justice.
Force est de reconnaître, cependant, que Ramid n’est pas resté muet telle une carpe. Il a dû réagir, en usant d’arguments trop peu convaincants, se perdant dans une rhétorique qui ne convient guère à la situation. Ainsi, a-t-il expliqué  que la réforme est un processus complexe et cumulatif qui exige de la volonté de la part de toutes les parties prenantes. Dans ce sens, il a indiqué que le Maroc  a davantage besoin d’une réforme globale  de son système judiciaire.
Concernant  la corruption des juges, le ministre a précisé que son département suit à l’œil les signes ostentatoires de richesse affichés par certains juges et qui ne correspondent pas à leurs salaires. Pourtant, ce contrôle ne semble ni volontaire ni récurrent puisque, selon les propos de Ramid, aucune interpellation ne sera engagée qu’après dénonciation.  
En bref, Ramid n’a rien à dire de concret. La lutte contre la prévarication qui semble être le credo de son gouvernement, ne fait plus l’actualité. Notre homme a l’air d’être dépassé par les évènements. La purge tant attendue  n’a pas eu lieu et les rumeurs évoquant la corruption de notre justice enflent de plus belle et ne semblent pas prendre fin. 

Hassan Bentaleb
Lundi 1 Septembre 2014

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