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Reprise du procès de Moubarak. Haute surveillance sécuritaire et audiences à huis clos




Reprise du procès de Moubarak. Haute surveillance sécuritaire et audiences à huis clos
Le procès du président égyptien déchu Hosni Moubarak, renversé le 11 février par la rue égyptienne après 29 ans de pouvoir, a repris lundi sous haute surveillance sécuritaire dans l’enceinte de l’école de police au nord du Caire. Des dizaines d’ambulances, deux cliniques de campagne et des mesures de sécurité draconiennes ont été mises en place pour assurer le bon déroulement du procès du président déchu, ses deux fils, ainsi que l’ex-ministre de l’Intérieur et ses collaborateurs. Cette reprise intervient après une suspension de deux mois après le recours des parties civiles contre le président de la Cour, le juge Ahmed Refaat, accusé de partialité en faveur des partisans de l’ancien président. La justice a finalement décidé le 7 décembre de maintenir le magistrat, et confirmé la reprise du procès, dont les premières audiences ont été retransmises en direct à la télévision. La tenue de cette audience par la suite à huis clos, dans une école de police de la périphérie du Caire qui s’est transformée en tribunal, était motivée pour des raisons visant à «préserver la sécurité nationale». L’objectif était d’entendre en tant que témoins un grand nombre de hauts responsables, dont le Maréchal Hossein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées, l’ancien vice-président de Moubarak, le général Omar Souleimane, le chef de l’Etat-major, Sami Anan, ainsi que les anciens ministres de l’Intérieur, Mansour Aissaoui et le général Mahmoud Wajdi. Agé de 83 ans, l’ancien président égyptien, qui assiste à ces audiences sur une civière, et ses fils, avaient plaidé non coupables des charges retenues contre eux lors de l’ouverture le 3 août de ce procès. Parmi les chefs d’accusation retenus contre Hosni Moubarak et ses deux fils figurent ceux d’»homicides volontaires et de tentative de meurtre de manifestants» ainsi que ceux d’abus d’influence, dilapidation délibérée de fonds publics et d’enrichissement privé illicite. Le parquet accuse également Moubarak d’avoir «participé avec Habib Al Adli, l’ancien ministre de l’Intérieur et certaines autorités policières (...) au meurtre prémédité de plusieurs participants aux manifestations pacifiques à travers le pays».
Selon des sources judiciaires égyptiennes, l’ex-président égyptien pourrait être condamné à la peine capitale s’il était reconnu coupable. D’après une commission d’enquête gouvernementale, 846 personnes ont été tuées et 6.476 autres blessées lors de ces manifestations. Dans un rapport, la Commission a fait état d’un «usage excessif de la force par les Services de sécurité» contre les manifestations en ouvrant le feu à balles réelles, en postant des tireurs sur les toits et utilisant des véhicules pour faucher les protestants. Dans le cadre de ce procès, l’homme d’affaires Hussein Salem, très proche des Moubarak, est jugé par contumace. Lors des premières audiences, les avocats de la défense du Raïs et des victimes avaient demandé l’audition de 1.600 témoins. Selon la défense, ce témoignage pourrait aider la Cour à déterminer si Moubarak a donné l’ordre à son ministre de l’Intérieur Habib Al Adli de tirer sur les protestataires ou si Adli a agi indépendamment. Afin de disculper l’ancien Raïs de l’accusation de «massacre de manifestants» sur la place Tahrir, Me Al-Dib a évoqué les dépositions du principal témoin de cette affaire, le chef du service de renseignements généraux, Omar Souleimane.
Ce dernier a confirmé que dès le début de la révolte, des combattants armés du groupe chiite libanais Hezbollah s’étaient infiltrés en Egypte pour déstabiliser le pays avec l’aide des extrémistes du mouvement des Frères musulmans. «Ce sont ces éléments qui ont participé aux massacres, aux attaques de commissariats de police et à la libération de milliers de criminels dangereux détenus en prison», a indiqué l’avocat. Concernant l’accusation d’enrichissement illégal, l’avocat fait savoir que «tout ce que Moubarak possède personnellement et que l’instruction a réussi à prouver, ce sont un compte de six millions de livres».
«Tout ce qui est dit actuellement au sujet de Hosni Moubarak et des membres de sa famille relève du mensonge», a déclaré l’avocat. «Tout ce qu’on dit des millions amassés à l’étranger, des massacres de manifestants et de l’intention de nommer son fils cadet Jamal comme successeur est absolument faux», a-t-il affirmé. Selon Me Al-Dib, aucun chef d’accusation retenu contre l’ancien leader égyptien n’est étayé par des preuves concluantes.
«Un peu plus d’un million de dollars dans une banque égyptienne et une petite maison à Charm-El-Cheikh, c’est tout ce qu’il (Moubarak) a accumulé en 62 années de fonction publique et de service militaire», a précisé l’avocat. Et d’ajouter que «personne n’a trouvé à l’étranger un seul dollar ni un seul mètre carré d’immobilier appartenant au prévenu». Après la chute du régime de Hosni Moubarak, des dizaines d’actions pénales ont été intentées contre d’anciens responsables égyptiens. Un grand nombre d’entre eux, dont le président lui-même et ses deux fils, ont été arrêtés et placés en détention provisoire.

AFP
Jeudi 29 Décembre 2011

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