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Rendez aux Marocains leur football !




Rendez aux Marocains leur football !
Je ne remercierai jamais assez feu mon père de m’avoir emmené voir mon premier match de football, au stade Père Jego, dans les années 60.
A la fin du match, curieux de connaître ma réaction, il avait sollicité mon avis et je lui avais répondu par une question : c’est qui le numéro 6? Il m’a répondu Petchou, surnommé le cheval.
Je me rappelle que je lui avais dit qu’à lui seul, il a fait pratiquement 50 % du spectacle.
Un peuple fier qui
aime le football

Le message derrière cette anecdote est simple : si  le football cesse d’être un spectacle, le peuple finira par s’en désintéresser.  C’est exprès que j’utilise le terme peuple au lieu de public pour bien marquer que ce sport est un loisir, bien sûr mais aussi qu’il est devenu source d’identification.
Or, aujourd’hui, et depuis le début des années 2000, ce sport adoré des foules, a tellement été malmené par les opportunistes de tout bord qui gravitent autour qu’il a fini par devenir une source d’humiliation pour le peuple marocain.
Comment en est on
arrivé là?  

C’est lors des éliminatoires de la Coupe du monde (CM) 1962 au Chili que les Marocains ont commencé à s’identifier à leur équipe nationale (EN) de football. En effet, cette année là, le Maroc, après  avoir éliminé tous ses adversaires africains, notamment la Tunisie et le Ghana, s’est vu imposer par la FIFA, un match de barrage contre l’Espagne avec ses grandes vedettes de l’époque : Del Sol, Santamaria, Gento, Puskas, Di Stefano, entre autres. Malgré cela, les Akesbi, Tatum, feu Bettache, feu Khalfi, Anataki, Zhar,....  ont honoré le Maroc en faisant souffrir l’Espagne qui se qualifia difficilement (1-0, à Casa et 3-2 à Madrid).
En 1970, après avoir boycotté la CM 1966, le Maroc écarte tous ses adversaires africains: : Tunisie,  Sénégal, Nigeria et Soudan pour occuper  la seule place africaine en Coupe du monde. A Mexico, les Bamous, Houmane, Ghazouani, Maâroufi, Filali,etc. rendent la vie dure à l’Allemagne (1-2) et la Bulgarie (1-1) et s’en sortirent avec les honneurs.
En 1974, le Maroc est éliminé par le Zaïre suite à un arbitrage scandaleux du Ghanéen Major Lemptey. Auparavant,   en 1972, l’EN,  avec  3 matches nuls (1-1) et 3 buts de Faras, n’a pas pu passer au deuxième tour de la CAN 1972 au Cameroun. Mais 4 ans plus tard, le Maroc remporte la CAN en Ethiopie avec une ossature massaouie (Hazzaz, Zahraoui, Tazi  et  Guezzar).
En 1979, le Maroc est humilié par l’Algérie (5-1, à Casa); c’est la fin de carrière pour les Hazzaz, Faras, Ahardane,etc. Ils sont remplacés par les Timoumi, Zaki, Lemris, Bouderbala, ...
Dès 1980, cette nouvelle équipe va occuper la 3ème place à la CAN 1980 au Nigeria; l’ossature de la belle équipe de 1986 venait de naître; elle sera la première équipe africaine à passer le premier tour d’une Coupe du monde en prenant la tête de son groupe devant l’Angleterre, la  Pologne et le Portugal. Auparavant, cette même équipe a joué les demi-finales de la CAN 1986; exploit qu’elle réitèrera en 1988 au Maroc.
Le football marocain vivra ensuite une éclipse jusqu’en 1994, année où l’équipe nationale s’est qualifiée pour la CM 1994 aux Etats-Unis. Cette année là, le public et les médias ont contribué à virer Louzani, jugé trop strict sur le plan de la discipline malgré ses bons résultats. Il sera remplacé par feu Blinda qui constituera une équipe à ossature wydadie (Azmi, Naybet, Daoudi, Abrami, Mjid  et Nader) renforcée par quelques professionnels (Triki, Nacer, Chaouch et Hajji); cette équipe a raté  lamentablement la CM 1994 (3 matches, 3 défaites).
Le peuple en colère poussera feu le Roi Hassan II à intervenir en confiant la direction de la Fédération au général Hosni Benslimane. Henri Michel, un entraîneur français à la riche expérience est nommé entraîneur. Il va bâtir, en quelques mois, une équipe compétitive qui jouera les quarts de finale de la CAN 1998 et se qualifiera la même année pour la Coupe du monde, en France. Lors de cette manifestation, le Maroc a été brillant mais à cause d’une coalition mercantile FIFA-Brésil, il n’a pas réussi à passer le deuxième tour malgré une large victoire (3-0)  sur l’Ecosse.
Juste après, le Maroc vivra une autre longue éclipse, jusqu’en 2004, année où l’EN dirigée par un coach national, Zaki et renforcée par de jeunes Marocains issus de l’émigration (Zairi, Hajji, Chammakh, Ouaddou, Régragui , Yakoubi et Mokhtari) atteindra la finale de la CAN 2004 (perdue contre le pays organisateur, la Tunisie) et ratera de peu la qualification pour la CM 2006.
Après le départ de Zaki, en 2005, l’EN va vivre sa plus longue éclipse qui continue jusqu’à aujourd’hui, malgré la multitude  d’entraîneurs (Cuelho, Kasperzak, Henri Michel, M’hamed Fakhir, Lemerre, Moumen et son quatuor, Cuperly et  Gerets) qui se sont succédé à sa tête.
Taoussi, arrivé il y a quelques mois, aura finalement été le fossoyeur d’une équipe déjà bien mal en point.
 Les défaillances de l’entraîneur sont tellement nombreuses que je vais faire l’affront de  rappeler les multiples fonctions d’un entraîneur.
1) Il choisit la tactique adéquate en fonction de l’équipe adverse ;
2) Il optimise le choix des joueurs de façon à avoir le meilleur joueur à chaque poste. Les critères de choix sont nombreux : forme du moment, compétition, importance du club d’appartenance et du niveau du championnat où il évolue et surtout la motivation et la combativité.
3) Il crée une saine ambiance de travail en renforçant l’entente, la solidarité et l’esprit d’équipe;
4) Il aide chaque joueur à s’adapter à la tactique élaborée ;
5) Il  mobilise le groupe ;
6) Il veille à la discipline ;
7) Il effectue le travail psychologique nécessaire ;
8) Il communique avec les joueurs, les dirigeants, les médias et le public;
9) Il fait preuve de réactivité pendant le match, effectue les changements nécessaires et adapte la tactique en fonction du jeu de  l’adversaire;
10)    Il rend compte à la fédération pour lui faciliter le travail de communication avec le public et pour l’aider à effectuer les correctifs nécessaires.
Que faire maintenant?
Après  deux CAN successives (2012 et 2013) où elle a montré ses limites. Et après la raclée que lui a infligée la Tanzanie (3-1), l’EN devra disputer encore trois matches de qualifications pour la CM 2014 qui ne seront qu’une formalité vu qu’elle est d’ores et déjà éliminée. C’est pourquoi, des mesures radicales s’imposent :
- Il faut se séparer immédiatement de Taoussi  qui n’a finalement rien compris et a perdu toute crédibilité;
- Nommer un entraîneur-encadreur-formateur capable de bâtir une grande équipe à partir d’une pépinière de jeunes prometteurs encadrés par quelques joueurs expérimentés d’âge moyen pour que le Maroc soit compétitif pour sa CAN 2015. Je pense au Marocain M’hamed Fakher ou le Français Alain Giresse qui a entraîné au Maroc et qui a fait du bon travail avec le Mali. Zaki, n’en déplaise à ses multiples fans, n’est pas l’homme de la situation, car il a un ego surdimensionné et il a trop de comptes à régler pour pouvoir travailler dans la sérénité;
- Assainir la FRMF en écartant les parasites qui ont nui à l’ambiance et au fonctionnement de l’EN ainsi que ceux qui n’ont pas su la protéger;
- Rappeler à tous le rôle et les attributions de cette fédération qui ne se limitent pas à la logistique. Elle doit gérer tout le football national, fixer des objectifs à tous les intervenants, les suivre, exiger des résultats, sévir s’il le faut (se rappeler le pourrissement du  cas Taarabt qui a nui à la réputation de l’EN sans jamais être inquiété,…);
Le public marocain, passionné de football, meurtri par toute une série de contre-performances, humilié dans son amour propre, ne pourra pas supporter de rater sa CAN en 2015.

Par Radouane Bnou Nouçair
Samedi 6 Avril 2013

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1.Posté par moumed le 10/04/2013 08:26
Article intéressant mais ce qu'il faut pour remédier au problème de l'EN c'est une direction technique IMMUABLE qui transcende l'apport d'un "entraîneur-encadreur-formateur" et qui programme sur le long terme en touchant toutes les catégories des jeunes pour assurer la continuité.

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