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Rencontre à Tétouan : Quand le profit se conjugue avec la gestion environnementale




Rencontre à Tétouan : Quand le profit se conjugue avec la gestion environnementale
Ceux qui pensent que, dans une entreprise lambda, les bénéfices d’ordre économique, organisationnel et environnemental ne vont pas de pair, se trompent lourdement. Ce ne sont sûrement pas les adeptes du GEP qui le diront.
Ces adeptes du GEP, les « GEPistes », se sont donné rendez-vous jeudi 21 mai, à Tétouan, à l’initiative de l’Association du quartier industriel de Tétouan (AQIT) et la délégation provinciale du commerce et de l’industrie de Tétouan, autour de la thématique «La gestion environnementale GEP® : véritable levier pour améliorer la productivité des entreprises au Maroc ». Cette rencontre fait suite à une action formation coaching GEP®, organisée dans le cadre de la convention tripartite liant l’AQIT, l’Agence nationale pour la promotion de la PME (ANPME) et la coopération technique allemande (GTZ). L’objectif de cette rencontre était de présenter les résultats de cette expérience menée auprès de quinze entreprises de la région travaillant dans des secteurs tels que la céramique, le béton et l’agroalimentaire.
Il est vrai que les entreprises, de par le monde, ont toujours eu du mal à concilier respect de l’environnement et maîtrise des coûts. Actuellement, les choses changent puisque les entreprises doivent répondre aux contraintes du marché extérieur qui exige des certifications prouvant le respect de l’environnement par ces entreprises.
Rappelons que les entreprises actuelles qui s’imposent et qui intègrent la compétitivité internationale sont celles qui mettent en avant leur respect de l’environnement, celles qui répondent au standard écologique, celles qui arborent fièrement un label vert… Tant mieux pour notre écosystème. Il faut souligner que les entreprises rejettent des déchets liquides, gazeux ou solides qui ont un impact négatif irréversible sur la faune et la flore. Pour en juger, il suffit de constater les dégâts sur l’écosystème qui entoure l’Oued Mhannech, non loin de la zone industrielle de Martil.
Le programme GEP répond en effet aux inquiétudes des entreprises qui sont elles-aussi conscientes de la problématique environnementale qu’elles souhaiteraient concilier avec leurs activités industrielles sans pour autant perdre en productivité. Réduire le coût de production en rationalisant les matières premières, utiliser correctement les ressources hydriques et l’énergie, réduire les déchets voire savoir les réutiliser… voilà des arguments qui ont trouvé preneur auprès des quinze entreprises qui ont été mobilisées et qui, grâce à leur motivation, ont contribué au succès de la formation.
Les entreprises ont bénéficié au total de 84 jours de formation et de consultation. Ells ont été divisées en deux groupes de travail. 24 mesures ont été implémentées pour le premier groupe, ce qui a engendré 187 effets positifs (50% ont trait à l’aspect organisationnel, 26% à l’environnement, 24% à la santé et la sécurité au travail). 18 mesures ont été mises en place pour le second groupe (soit 179 effets positifs). Les mesures sont parfois simples ; elles concernent de nouveaux produits, l’amélioration du processus aussi bien technique, qu’organisationnel. Elles peuvent également concerner l’amélioration de la manutention de stockage et la propreté, de nouvelles installations et aussi à l’amélioration des relations clients-fournisseurs. Les chiffres sont sûrement les meilleurs arguments pour une entreprise. Le montant des coûts d’investissement pour le premier groupe, par exemple, est estimé à plus de 5.833.800 dirhams avec une économie de 26.915.535 dirhams.
Plusieurs expériences ont été rapportées afin de jauger les effets positifs sur les entreprises bénéficiaires de cette formation. Une société de briqueterie a pris la mesure de renforcer le contrôle et le suivi, ce qui lui a permis de réaliser un gain de 2000 briques par mois et par personne et de réaliser un bénéfice de 800 dirhams par mois et par personne. Ceramica Tétouan, société active dans le secteur de la céramique, a acheté un nouveau four lui permettant de fabriquer 6000 m? de carreaux par jour. Cet achat lui a permis de réaliser un gain de 7300 dirhams par personne et par mois. Colainord, coopérative laitière de Tétouan de quelque 570 employés, a changé le conditionnement du lait pasteurisé en optant pour le carton au lieu du plastique. Cette mesure lui a permis de réaliser un gain de 10 pièces par personne et par heure (soit 900 dirhams par personne et par heure). Pour une société de briqueterie, l’achat d’un broyeur lui a permis de recycler ces carreaux crus cassés et de réaliser un gain de 64000 dirhams par an. Les exemples sont nombreux et montrent que ce sont parfois des mesures simples qui changent ostensiblement le cours des choses. Ici, l’œil extérieur à la société, «le troisième œil» voit mieux les défauts de l’entreprise et analyse la situation pour proposer les meilleures solutions. Les entreprises en sortent triplement bénéficiaires, mais c’est également notre écosystème qui souffre moins de l’industrialisation, ce mal nécessaire.

Amel NEJJARI
Jeudi 28 Mai 2009

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