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Remaniement ou restructuration du gouvernement

Les questions que suscite le cabinet Benkirane II




Remaniement ou restructuration du gouvernement
A peine installé, le nouvel exécutif n’en finit pas de soulever des questions. Alors que députés et conseillers  ont fait, hier vendredi, leur rentrée, l’opposition sinterroge déjà. « Le gouvernement benkirane II doit repasser par le parlement et se soumettre à un nouveau vote de confiance. Nous sommes face à un nouvel exécutif qui a de nouvelles priorités et donc un nouveau programme.  Ce programme doit être examiné et voté par les députés », a déclaré jeudi soir  le député usfpéiste Hassan Tariq sur Médi 1TV.
Chez politologues et constitutionnalistes, le débat s’annonce passionnant. Le gouvernement Benkirane II devra-t-il passer de nouveau par la case « Parlement », présenter son programme et solliciter le vote de confiance ? « Il est en tout cas légitime de se poser la question. Pour deux raisons au moins. D’abord, il ne faut pas oublier que le programme du gouvernement Benkirane auquel les députés de la majorité-dont l’Istiqlal-  ont accordé leur confiance n’a pas eu les faveurs du  RNI qui a voté contre la déclaration gouvermentale. Ensuite, il faut bien remarquer que nous sommes au moins devant une restructuration de l’Exécutif et non un simple remaniement », souligne ce politologue de la place.
Des ministères ont changé d’appellation. De nouveaux départements ont fait leur apparition. Une nouvelle architecture gouvernementale  a été imposée, exactement comme l’avait promis le Rassemblement national des indépendants avant d’entamer les négociations avec le patron du gouvernement et rejoindre les bancs de la majorité.

Le PJD perd
le monopole du social
Ce sont précisément des départements détenus par les islamistes du PJD qui en ont fait les frais. Ainsi, Mostafa Ramid perd les libertés pour ne garder que la justice. Les défenseurs des droits humains veulent y voir un signal fort alors que le journaliste Ali Anouzla est en détention dans l’attente de son procès. Habib Choubani s’est vu lui contraint de se défaire de la société civile pour ne s’occuper que des relations avec le parlement. « L’opposition n’a eu de cesse de dénoncer cette mise sous tutelle des associations avec un ministre qui voulait mettre au pas la société civile, en distribuant ses bons et ses mauvais points. Reste aujourd’hui une grande question. Que va devenir ce dialogue national sur la société civile lancée par Choubani, présidé par Ismaïl Alaoui et boycotté par de très nombreuses associations ? »se demande cet associatif dont le cœur bat à gauche.
Autre remarque qui s’impose : le PJD n’a plus le monopole du  champ social.  L’islamiste Bassima Haqqaoui, en charge également du développement social, ne sera plus seul maitre à bord. Le ministre de l’emploi, le PPS Abdesslam Seddiki, sera aussi celui des affaires sociales. La ministre RNI de l’artisanat, Fatima Marouane est également en charge de l’économie sociale et solidaire.
Après trois mois de longues tractations et une difficile  maïeutique, la nouvelle version du cabinet Benkirane est née au forceps et sous le signe de l’inflation. 39 ministres composent la nouvelle équipe  soit 8 de plus par rapport au gouvernement sortant. Les ministres délégués sont légion : ils sont 13 à être placés sous la tutelle d’un ministre.  « En ces temps de vaches maigres, Benkirane n’a pas été avare en termes de distribution de portefeuilles. Il y a même de nouveaux responsables gouvernementaux qui risquent de se retrouver SMF, sans ministère fixe », ironise ce ténor de l’Istiqlal.
L’entrée de cinq femmes qui se sont ajoutées à Bassima Haqqaoui ne saurait donner un plein satisfecit au premier ministre. Sur les six femmes que compte le gouvernement Benkirane II, quatre sont (seulement) des ministres déléguées et donc sous tutelle. Aux  Affaires étrangères, à l’eau, à l’environnement et à l’enseignement supérieur, Mbarka Bouida (RNI), Charafat Afilal (PPS), Hakima El Haiti (MP) et Soumaya Benkhaldoune (PJD) n’occuperont que des strapontins. « On a fait des concessions pour satisfaire les partis, pour ne pas laisser sur le quai des ministres. Mais à l’évidence, le même effort n’a pas été fait pour  la représentativité féminine qui a été poussive. On a choisi la facilité avec la création de sous ministères pour caser des femmes et non des profils », conclut cette activiste des droits des femmes.

Narjis Rerhaye
Samedi 12 Octobre 2013

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