Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Réinventer l’école




Réinventer l’école
Le texte de Michel Serres, «Petite poucette» (Le Pommier, 2012) ne laisse point indifférent son lecteur. Michel Serres déploie tout au long de son texte une idée centrale selon laquelle le monde a bien changé que les jeunes doivent tout réinventer. Vu l’essor de la technologie, le philosophe tranche qu’«un nouvel humain est né», et il le baptise «Petite poucette», allusion faite à l’usage des pouces qui lui permettent de transmettre tous ses messages. La réflexion de Michel Serres nous conduit à rebondir sur la question de l’école et de l’enseignement d’une manière générale : qu’est-ce qu’enseigner au XXIe siècle? Enseigner est un art qui doit s’accomplir dans la liberté inconditionnelle des deux pôles de l’opération enseignement/apprentissage : enseignant et apprenant. Dans l’acte d’enseigner, il s’agit de libérer le dire enseignant du dire contraignant, c’est-à-dire enseigner sans contrainte et sans patronage. 
Enseigner dans son acception structurelle est le synonyme de défaire les principes de la connaissance absolutiste comme idéologie d’exclusion. L’enseignement absolutiste commence, en effet, lorsque l’enseignant considère son public comme mineur, sans connaissance préétablie. D’où l’application d’une verticalité regardante, arrogante au désavantage d’une horizontalité coopérante, indulgente. L’enseignant est aujourd’hui appelé vivement à respecter l’autonomie de son apprenant, autonomie sans laquelle l’opération enseignement/apprentissage passera pour nulle et non avenue. L’apprenant se trouve être le produit d’un processus historique qu’il faudra prendre en considération de la part de l’enseignant. L’apprenant est une conscience inscrite dans le mouvement de l’Histoire ; elle est évolutive. 
De là à déduire que s’il y a crise d’enseignement aujourd’hui, c’est parce qu’il y a incompatibilité entre la conscience enseignante et la conscience apprenante. L’une est arrimée à un passé révolu, l’autre, elle, est toujours à venir. Le débat doit désormais graviter autour du rôle de l’enseignement dans un monde versatile.  L’enseignement est en crise. En voilà une vérité générale qui revient sur toutes les bouches. Si tout le monde en parle, c’est parce que tout le monde en est conscient. Si l’Ecole dans le sens académique et sociologique est en crise, c’est parce que l’enseignant est débordé par les événements qui l’entourent. L’école doit changer car les apprenants ont changé ; les apprenants ont changé car le temps jadis n’est plus. Le XXIe siècle annonce déjà la couleur de l’école de demain : une école de réinvention de tout, à commencer par le sens de l’école elle-même…

Les lundis d’A. Bissani
Mardi 22 Octobre 2013

Lu 1005 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs