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Regards croisés sur les défis du Printemps arabe


Débat à Asilah entre des intellectuels et de hauts responsables arabes



Regards croisés sur les défis du Printemps arabe
Le Printemps arabe, qui a marqué un virage décisif dans l'histoire de la région, a eu des conséquences sensiblement différentes sur les pays qu'il a touchés, en permettant l'avènement de la démocratie ou l'accélération du processus de démocratisation déjà en branle dans certains pays, et en plongeant d'autres dans la spirale de la violence et de la discorde. Telle est l'idée principale qui ressort des interventions de responsables et intellectuels arabes réunis mercredi soir à Asilah autour d'un colloque sur «Les Arabes demain: attentes et sort».
Dans son intervention lors de ce colloque organisé dans le cadre du 36ème Moussem culturel international d'Asilah, la ministre bahreïnie de l'Information, porte-parole du gouvernement, Samira Rajab, a longuement insisté sur le fait que «toute réforme doit émaner de l'intérieur et être le fruit d'un processus social bien mûri, plutôt que d'être dictée par des forces étrangères ou élaborée à partir de concepts aveuglément importés de l'étranger».
La démocratie, a-t-elle affirmé, n'est pas une recette miracle qui peut fonctionner dans n'importe quelle société, mais elle doit être pensée et appliquée en tenant compte du contexte historique, politique et socioculturel propre à chaque pays.
Tout en considérant que le processus de réforme et de modernisation constitue un gage de stabilité et de développement pour les peuples, Mme Rajab a dénoncé les agissements de certaines forces extérieures qui utilisent le «soft power» -dont les médias, la société civile, les programmes et les stratégies d'aide ou de formation- pour renforcer leur influence dans la région arabe et attiser les tensions politiques et sociales en se servant de mauvaise foi des valeurs de pluralisme et des droits de l'Homme. Pour le secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe (UMA), Habib Ben Yahia, le Printemps arabe a marqué un virage essentiel pour la région, puisqu'il a eu le mérite d'accroître la prise de conscience quant à l'importance de respecter les droits de l'Homme et d'associer davantage les peuples et la société civile à la gestion de la chose publique et à la prise de décision.
Le revers de la médaille, a-t-il nuancé dans une allocution lue en son nom par Tarek Latef, directeur des affaires politiques au sein de l'UMA, c'est que ce même printemps qui a apporté des promesses de liberté et de démocratie s'est transformé, dans certains pays arabes, en un facteur d'instabilité et d'insécurité, notamment à la lumière de la prolifération du terrorisme, du trafic des drogues et des êtres humains et de l'immigration clandestine. 
Selon M. Ben Yahia, la coordination étroite entre les pays arabes demeure la seule voie permettant de remédier aux risques sécuritaires croissants qui pèsent sur la région. Le secrétaire général de l'UMA a rappelé, à cet égard, la tenue de plusieurs réunions au niveau maghrébin qui ont traité de la coopération sécuritaire, dont une réunion du Conseil des ministres de l'Intérieur des pays de l'UMA (avril 2013 à Rabat) et la 32ème session du Conseil des ministres maghrébins des Affaires étrangères (mai 2014 à Rabat), ajoutant que les conclusions et recommandations issues de ces réunions tracent les grandes lignes d'une stratégie maghrébine unifiée dans le domaine sécuritaire.
Aux yeux de Michel Kilo, analyste politique et fondateur de l'Union des démocrates syriens, la crise dont souffre le monde arabe actuellement ne doit pas être mise sur le compte des bouleversements récents intervenus dans le sillage du Printemps arabe, mais plutôt sur les pratiques délétères entretenues de longue date par des régimes totalitaires qui se sont activés, pendant des dizaines d'années, à détruire tous les fondements de l'Etat moderne et à creuser les clivages communautaires.
En Syrie par exemple, a-t-il poursuivi, le régime de Bachar Al-Assad a divisé la société en deux groupes distincts, à savoir les proches du régime qui lui ont prêté allégeance en contrepartie de privilèges d'ordre politique et économique, et les laissés-pour-compte qui ont pour lot quotidien la privation de leurs droits les plus basiques à la vie digne et à la liberté d'expression.
Ce colloque fait partie de rencontres programmées dans le cadre de la 29ème université d'été Al Mouatamid Ibn Abbad, sur des thèmes tels que «L'Etat nation et les unions régionales dans les pays du Sud», «Le développement durable dans les moments difficiles: le rôle des organisations multilatérales» et «L'art arabe contemporain: enjeux et défis».
 

MAP

Vendredi 22 Août 2014

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