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Rebelles et régime s’accusent mutuellement d’attaques aux armes chimiques


Les alliés des protagonistes en désaccord sur l’enquête à mener au sujet d’armes non conventionnelles



Rebelles et régime s’accusent mutuellement d’attaques  aux armes chimiques
La Russie, d'un côté, la France et le Royaume-Uni, de l'autre, se sont opposés mercredi au sein du Conseil de sécurité des Nations unies quant à la nature des enquêtes à mener sur l'emploi éventuel d'armes chimiques au cours de la guerre civile syrienne.
Moscou soutient la demande par le gouvernement du président Bachar al Assad d'une enquête sur la seule attaque de Khan al Assal, une ville au sud d'Alep où chaque camp accuse l'autre d'avoir tiré mardi une roquette chargée d'agents chimiques.
Vingt-six personnes sont mortes dans l'incident et des rescapés ont dit souffrir de problèmes respiratoires et sentir une forte odeur de chlore après le tir. Si elle était avérée, cette attaque à l'arme chimique serait la première signalée dans le conflit en Syrie.  Le gouvernement syrien a demandé au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, de lancer une enquête indépendante sur "l'utilisation par les groupes terroristes opérant en Syrie d'armes chimiques hier contre des civils", a déclaré le représentant permanent de la Syrie à l'Onu, Bachar Dja'afari.
Paris et Londres souhaitent de leur côté que les Nations unies enquêtent sur des accusations formulées par les insurgés, rassemblés au sein de la Coalition nationale syrienne (CNS) et qui font état de deux attaques aux armes chimiques, l'une à Alep, l'autre vers Damas.
Vitali Tchourkine, ambassadeur de la Russie à l'Onu, a accusé la France et le Royaume-Uni, ainsi que les Etats-Unis, de chercher à empêcher une enquête qui se concentrerait sur Khan al Assal. Philip Parham, ambassadeur du Royaume-Uni aux Nations unies, et Gérard Araud, son homologue français, ont affirmé que la majorité des membres du Conseil de sécurité défendaient comme eux une enquête sur les deux attaques supposées.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé l'envoi d'équipes médicales à Alep. Les experts sous contrat OMS se rendront dans les centres de santé de la grande métropole du Nord pour identifier les besoins immédiats et fournir une aide pour le traitement contre les produits toxiques.  Plusieurs experts en armement estiment cependant que peu d'éléments viennent appuyer la thèse de l'utilisation d'agents chimiques dans l'incident de Khan al Assal.
Les Etats-Unis et Israël se sont inquiétés dès 2011 de voir l'arsenal chimique syrien tomber aux mains de combattants islamistes liés à Al Qaïda ou du Hezbollah chiite libanais.
Le ministère syrien de l'Information a quant à lui accusé les rebelles du Front al Nousra, proches d'Al Qaïda, d'avoir volé du chlore dans les locaux d'une entreprise de l'est d'Alep.
Le Premier ministre britannique, David Cameron, a par ailleurs estimé mercredi que la menace du recours à des armes chimiques justifiait la levée de l'embargo européen sur les armes, pour lequel militent Paris et Londres afin d'aider la rébellion.

Libé
Vendredi 22 Mars 2013

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