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Real Madrid, monarchie absolue




Mehdi Benatia: Il faut reconnaître la supériorité du Real, je pense qu'ils n'ont pas volé leur victoire
"On a démontré qu'on était la meilleure équipe du monde." Difficile de donner tort à Karim Benzema, tant son Real Madrid, plus que jamais détenteur du record de victoires en Ligue des champions, a écrasé la finale samedi face à la Juventus Turin (4-1).
Trois titres en quatre ans: le Real Madrid est en train de rendre normal l'extraordinaire. Pour lui, en tout cas: alors que tous les ambitieux d'Europe s'arment à grand renfort de millions d'euros pour tenter de conquérir la C1, lui continue de dominer la meute de la tête et des épaules.
Cela fait donc sept saisons consécutives que les Madrilènes atteignent au moins les demi-finales de l'épreuve. Et, face à une Juventus Turin progressivement dépassée samedi par la maîtrise collective du Real de 'Zizou', ils ont conquis la 12e Ligue des champions de leur histoire. Autant que ses deux premiers poursuivants, le Milan AC (7) et le FC Barcelone (5).
Le Real a pourtant perdu cette saison le titre de club ayant, selon le cabinet Deloitte, le plus de revenus au monde. Cela faisait onze ans que la 'Maison blanche' confisquait ce statut, mais a été détrônée par Manchester United.
Et, sportivement, la Juventus Turin semblait la plus à même de disputer au Real son leadership européen: n'a-t-elle pas balayé en quarts de finale le grand rival barcelonais, avant de sanctionner la jeunesse et l'enthousiasme de Monaco d'un clinique 2-0, 2-1 en demi-finales.
Mais, Mehdi Benatia l'a constaté depuis le banc de touche samedi à Cardiff: "il faut reconnaître la supériorité du Real, je pense qu'ils n'ont pas volé leur victoire".
Les Madrilènes ont impressionné par leur maîtrise collective, leur qualité technique, leur sang-froid à toute épreuve. "On sait qu'avec la tranquillité, on a les capacités pour marquer à tout moment", a expliqué Raphaël Varane samedi soir, après avoir empoché, à 24 ans seulement, la 3e C1 de sa carrière.
Cette sérénité est à mettre au crédit de la légende madrilène Zinédine Zidane, ancien joueur de génie devenu entraîneur à qui tout réussit: à seulement 44 ans, et en une saison et demie, il a apporté au Real deux coupes d'Europe et un titre de champion d'Espagne qui le fuyait depuis cinq ans.
Pendant le match, 'Zizou' "était tranquille, comme d'hab'! Calme, serein, comme il l'est toujours", a expliqué Karim Benzema.
Un entraîneur respecté, des joueurs au sommet de leur art, une interdiction de recrutement finalement levée et une star, Cristiano Ronaldo qui, critiquée, accusée d'avoir trop vieilli, d'avoir trop gagné, a inscrit un doublé face à la 'Juve' et sans doute d'ores et déjà gagné le 5e Ballon d'Or de sa carrière, après 2008, 2013, 2014 et 2016. Qu'est-ce qui pourrait empêcher le Real de continuer à régner en maître sur le toit de l'Europe?

La fiesta à Madrid

Le brouhaha de la fête et des centaines de klaxons se sont emparés samedi soir des rues de Madrid, à peine quelques minutes après la victoire du Real en Ligue des champions face à la Juventus Turin (4-1).
"Madriiiid, Madriiid, Madriiid", chantait un groupe dans le quartier historique des Lettres, à quelques encâblures de la place de Cibeles, point de rassemblement traditionnel des supporteurs madrilènes.
"Campeones, campeones", (champions) criait aux passants un petit garçon depuis son balcon.
La place de Cibeles était envahie peu avant minuit par des milliers de fans joyeux, entourés de mesures de sécurité très strictes impliquant la fouille des sacs.
"C'est fantastique, c'est incroyable, j'hallucine. Deux +Champion's+ de suite, nous sommes uniques", déclarait, euphorique Teresa Decarlini, une Argentine de 64 ans rencontrée sur place.
Pétards, klaxons, hurlements, chants: dans la nuit tiède de la capitale espagnole la liesse était partout samedi soir, aussi aux abords du stade Santiago-Bernabeu, où plus de 80.000 supporteurs avaient rempli les gradins pour suivre le match sur huit écrans géants.
Raul Alvarez, 25 ans, épaules couvertes d'un drapeau du Real Madrid, était parmi eux. Il ne tarissait pas d'éloges sur Zinédine Zidane.
"C'était l'un des meilleurs joueurs et il démontre maintenant qu'il sait gérer l'équipe parfaitement, il sait ce qu'il doit faire à chaque instant et il démontre qu'il est le meilleur entraîneur du monde"! dit-il. Sans compter Ronaldo ! "le meilleur joueur du monde, le meilleur de l'histoire", assurait-il.
L'équipe de "Zizou" n'est attendue dans les rues de Madrid que dimanche dans la journée, mais les Madrilènes eux n'attendaient pas pour la fête.
"Je suis euphorique, cette équipe est toujours en haut, deux ans de suite, nous ne nous lassons pas de gagner"! s'enthousiasmait aussi Juanma Domínguez, âgé de 37.
Dès 19h00 des milliers de supporteurs avaient envahi la grande avenue longeant le Santiago-Bernabeu. Dans les rues du centre, des groupes de dizaines de fans portant le maillot blanc et bleu déambulaient en chantant, semblant déjà croire en une victoire. Drapeaux aux fenêtres, motard muni du drapeau espagnol roulant à vive allure, voitures l'arborant... et pas un bar du centre sans télé!

Zinedine Zidane : Entraîneur du Real Madrid



"Je me sens très heureux. On ne pouvait rêver de quelque chose de mieux. L'année a été spectaculaire avec ce titre remporté lors de la dernière journée de championnat. Nous avons joué contre une grande équipe et c'était du 50-50. En seconde période, nous avons pressé haut, nous avons gagné le match physiquement. Nous avons montré de la détermination. (...) La clef du succès, c'est que chaque joueur s'est senti utile et en plus les joueurs s'entendent bien. Les connections entre les joueurs sont fantastiques.(...) Je ne vais pas dire que je suis vraiment bon, parce qu'avant j'étais censé être mauvais et maintenant je suis censé être le meilleur. J'aime le foot et j'ai la chance d'être dans ce club avec cette grande équipe. Nous avons très bien travaillé toute la saison. (A propos du discours à la mi-temps) La première mi-temps, c'est vrai que c'était équilibré et que la Juventus était vraiment forte. Nous perdions beaucoup de ballons. En seconde période, nous étions supérieurs. J'ai dit aux joueurs de continuer et de mettre plus d'amplitude. Nous avons été plus mobiles. (Sur son avenir) Je ne vais pas confirmer que je vais rester ici toute ma vie. Mais ce que je peux vous dire, c'est que j'ai apprécié tout ce que nous avons fait et c'est tout. Il me reste encore une année de contrat et je pense que je serai encore là l'année prochaine. J'aime ce club de tout mon coeur. Il y a beaucoup de talent, mais aussi beaucoup de travail. (...) C'est un vrai jour historique pour tout le monde mais, bon, la saison prochaine sera encore plus difficile et il faudra travailler encore plus dur pour gagner à nouveau. Ce soir nous étions vraiment forts et nous pouvons dire que nous méritions de gagner la Liga et la Ligue des champions."

 

Massimiliano Allegri : Entraîneur de la Juventus Turin



"Je veux féliciter mes joueurs pour ce qu'ils ont fait cette saison. Nous avons gagné la Coupe, le Championnat et nous avons atteint la finale de la Ligue des champions. (...) Nous avons d'abord bien joué en première période, puis le Real a appuyé sur l'accélérateur. Nous savions que nous jouions contre une superbe équipe. Certains ont dit qu'ils étaient chanceux d'être là: ce n'est pas vrai. Avec un joueur (Ronaldo) qui marque autant de buts, qui vise le Ballon d'or, c'est un avantage. (...) Nous aurions dû rester dans le match et revenir, c'est la seule critique que je peux faire. Le Real a très bien joué en défense, ce n'était pas facile pour mes attaquants de passer et il faut dire que Dybala jouait sa première finale.(...) Nous devons nous améliorer dans la gestion du jeu, quand accélérer et quand ralentir. Mais je suis fier de la première mi-temps. (...) La "Juve" n'a pas atteint une fin de cycle. Buffon et Barzagli seront encore là la saison prochaine, et ont encore beaucoup à donner. Le club sait ce qu'il faut apporter à l'équipe la saison prochaine. (...) Non, je n'étais pas surpris par le Real. J'étais surpris que certains nous présentent comme favoris. Nous avons manqué de chance (en première période). Nous avons fait des erreurs car quand le Real a commencé à pousser, nous n'avons pas su résister. Nous n'avons pas su prendre l'avantage et Pjanic a été blessé et nous avons pris deux buts rapides. Nous n'avons pas sur réagir.(...) Nous avions réussi à le faire contre le Barça, nous n'avons pas sur le faire contre le Real. Le Real a des joueurs qui ont joué quatre ou cinq finales, la Juventus n'a pas cette expérience. Si nous recevons les renforts de quelques joueurs, alors nous pourrons nous battre pour gagner l'année prochaine."

Libé
Lundi 5 Juin 2017

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