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Raymond Aubrac, le grand ami du Maroc passe l’arme à gauche




Raymond Aubrac, le grand ami du Maroc passe l’arme à gauche
Raymond Aubrac, grande figure de la résistance française contre les nazis et ami du Maroc, où il a contribué au développement du jeune Etat indépendant de 1958 à 1963, est décédé mardi soir à l’âge de 97 ans dans un hôpital parisien.
Né en juillet 1914, Raymond Samuel, de son vrai nom, rejoint avec son épouse Lucie Aubrac les rangs de la résistance à l’occupation allemande dès 1940.
Co-fondateur du mouvement «Libération Sud», il était le dernier survivant des chefs de la résistance réunis et arrêtés par la Gestapo en juin 1943 à Caluire (centre-sud), dont notamment leur leader Jean Moulin.
Après son arrestation par les Allemands, il s’évade lors d’une opération spectaculaire menée par sa femme, alors enceinte de leur deuxième enfant, et en février 1944, le couple gagne Londres où le Général de Gaulle incarnait la résistance.
Après la libération, Aubrac, ingénieur des Ponts, devient un citoyen actif et organise le déminage de la France au ministère de la Reconstruction, avant de créer un bureau d’études sur les industries modernes qu’il dirigea de 1945 à 1948.
Ingénieur formé à l’école des Ponts et Chaussées (Paris), Aubrac s’installe au Maroc en 1958 à la demande du gouvernement marocain d’Abdallah Ibrahim et travaille dans le cabinet du ministre de l’Economie de l’époque, Abderrahim Bouabid.
En tant que conseiller technique pendant cinq ans, il s’occupe aussi bien de l’implantation de nouvelles industries que du développement de surfaces irriguées. Il crée et organise, dès 1960, l’Office national des irrigations (ONI), ancêtre des Offices régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA).
Raymond Aubrac participe également au développement de la culture de la betterave sucrière et de la première usine-sucrerie, une suggestion de son ami le célèbre ingénieur agronome et écologiste tiers-mondiste René Dumont, également installé à l’époque au Maroc où il enseignait à l’Institut Agronomique de Rabat. Il participera aussi, des années plus tard, à la création du Centre national de documentation (CND). Durant leur séjour marocain, son épouse et aussi célèbre résistante Lucie, enseigna de son côté pendant cinq ans au Lycée Moulay Youssef de Rabat.
De son passage au jeune Maroc, Aubrac garde de grands souvenirs de la bataille du Royaume pour le développement qu’il évoquera longuement dans ses mémoires «Où la mémoire s’attarde» (1996, 2000).
Fort de son expérience marocaine, il rejoint en 1963 l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en tant que directeur, où il s’occupe entre autres choses de la mise en place de bases de données informatiques.
En 1975, en tant que représentant personnel du secrétaire général de l’ONU Kurt Waldheim, il avait été chargé de préparer l’aide internationale auprès des populations du Vietnam où Ho Chi Minh était un de ses grands amis. Trois ans plus tard, il rejoignait l’Unesco pour des travaux de coopération internationale.
En juillet 2003, il participe à l’appel «Une autre voix juive», qui regroupe des personnalités juives solidaires du peuple palestinien, pour une paix juste et durable au Proche-Orient.
Raymond Aubrac est titulaire de plusieurs distinctions notamment celle d’Officier de l’ordre du Ouissam Alaouite, au Maroc.
La classe politique française, de droite comme de gauche, a rendu un hommage appuyé à cette grande figure de la résistance.
«Son évasion, grâce au courage de sa femme Lucie Aubrac, (Raymond Aubrac) est entrée dans la légende de l’histoire de la Résistance», a souligné le président Nicolas Sarkozy.
«Ces héros de l’ombre qui ont sauvé l’honneur de la France, à un moment où elle semblait perdue, disparaissent les uns après les autres. Nous avons le devoir d’en maintenir le souvenir vivant au coeur de notre mémoire collective», a-t-il ajouté.
Le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande a, don son côté, salué la mémoire de l’un des «justes qui trouvèrent, en eux-mêmes et au creuset des valeurs universelles que porte notre République, la force de résister à la barbarie nazie».
«Raymond Aubrac poursuivait avec modestie et ferveur la volonté d’alerter les jeunes générations qu’il rencontrait régulièrement», a ajouté M. Hollande.

MAP
Vendredi 13 Avril 2012

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