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Rapport de la Commission de l’Internationale socialiste pour une Société mondiale durable (Septembre 2009) : D'une économie à haute teneur en carbone à une société à faible teneur en carbone




(Suite)

La Commission a suivi de près les efforts soutenus des Nations unies pour assurer une suite au Protocole de Kyoto,  tout en  réunissant en même temps les points de vue et les suggestions, venant de partout dans le monde, sur la meilleure façon d’accomplir les tâches en cours.
La première réunion de la Commission, à Londres en novembre 2007, accueillie par le Premier ministre Gordon Brown, Leader du Parti travailliste britannique, s’est tenue en anticipation à la Conférence des Nations unies à Bali sur le Changement climatique, en décembre 2007, lors de laquelle plus de 180 pays ont adopté la feuille de route du Plan d’Action de Bali pour la mise en œuvre d’un nouveau régime sur le changement climatique dans les deux ans.
Tout en soulignant qu’il s’agissait du «plus grand défi de notre temps », la Commission a adopté une déclaration, à Londres, qui a mis l’accent sur les priorités et  le travail à entreprendre, ainsi que sur l’agenda environnemental  en vue de la Conférence de Bali, qui nécessite la mise en route d’un processus devant conduire à un accord, couronné de succès, sur une nouvelle série d’engagements internationaux post-2012.
Partant du constat que le réchauffement du système climatique dans le monde était un fait scientifique indiscutable, il a été souligné qu’aucun pays ne pourrait traiter de cette question isolément, et que la planète ne pouvait  se permettre de laisser un pays en arrière train. Il a été noté que dans cet effort, deux approches fondamentales doivent converger, d’un côté l’approche scientifique, et d’un autre côté l’approche politique. La stratégie complète pour combattre le changement climatique doit inclure un soutien technique et économique aux pays étant les moins en mesure de réduire les émissions de gaz, alors que ceux produisent les plus importantes émissions doivent arriver à un accord sur leur mitigation. La Commission était aussi d’avis que les efforts pour limiter les émissions de pollution doivent aller de pair avec la lutte mondiale contre la pauvreté.
La Commission a aussi souligné qu’un «New Deal » avec la nature était nécessaire pour redresser l’équilibre dans la relation entre les Hommes et leur environnement, comme nouveau concept de gouvernance pour refléter l’importance de cette interdépendance.
Trois mois après la Conférence de Bali, la Commission s’est réunie à Santiago, Chili le 24 mars 2008, en présence de S.E. Michelle Bachelet, Présidente de la République du Chili. Elle  était présidée par Ricardo Lagos,  co-président de la Commission.
La Commission a déclaré à Santiago que l’entendement général à Bali encourageait l’idée que tout délai dans la réduction du réchauffement global mènerait à l’augmentation des impacts climatiques sévères dans un monde dont les systèmes écologiques sont déjà  fragiles. Elle s’est félicitée des accords conclus, y compris la Feuille de route et le Plan d’Action de Bali, qui apportent une structure  pour les négociations en cours en vue d’arriver à un nouveau régime pour le changement climatique à la Conférence des Nations unies sur le changement climatique à Copenhague en décembre de cette année.
La Commission a réitéré la ferme conviction de l’Internationale socialiste que tout programme sur le changement climatique devrait être lié à l’éradication de la pauvreté, et que les politiques de développement national et international doivent rapidement devenir plus écologiques, propres et incorporer complètement les problèmes du réchauffement global et du climat.
En marge de la réunion de la Commission au Chili, un groupe de participants  s’est rendu en Antarctique et en Patagonie, dans l’extrême sud du Chili, dans les jours précédant les discussions à Santiago, du vendredi 21 mars au dimanche 23, afin de se rendre compte sur place des effets du changement climatique dans cette partie du monde. Dans la ville de Punta Arenas en Patagonie, et sur l’île de Magdalena, dans le Détroit de Magellan, où vit la plus grande colonie protégée de pingouins dans le Cône du Sud le groupe a constaté les efforts de préservation environnementale mis en œuvre dans la région. En Antarctique, à la base chilienne Eduardo Frei, située dans l’un des ‘endroits chauds’ en matière de réchauffement de la planète sur le continent blanc, qui s’est réchauffé plus rapidement que nulle part ailleurs dans l’hémisphère sud, le groupe a constaté, en premier lieu, les effets drastiques et complexes du changement climatique.
Le groupe a été briefé par les responsables de la base, une des plus grandes de la région où une centaine de personnes sont stationnées en permanence, y compris une importante recherche glaciologique qui a étudié de façon détaillée l’état environnemental du  continent, qui change rapidement et d’une façon drastique, affecté par les activités humaines dans d’autres parties du globe, et qui résulte dans l’effondrement des plateformes de glace et  la diminution des glaces de mer dans des zones de l’Antarctique où l’air chaud et l’exposition aux vagues de l’océan provoquent la rupture de la glace.
Depuis l’Antarctique, Ricardo Lagos a appelé, au nom des participants, la communauté internationale à suivre une nouvelle voie afin de préserver et de sauvegarder la planète pour les générations actuelles et futures. Le groupe a souligné l’importance d’une volonté politique forte et de la pleine participation des citoyens, communautés, institutions et gouvernements, ainsi que le rôle vital de la communauté scientifique dans la surveillance des systèmes naturels de la planète et le besoin d’investissements publics et privés plus conséquents dans la recherche scientifique.
Le principal sujet du XXIIIe Congrès de l’Internationale socialiste qui s’est tenu à Athènes 30 juin – 2 juillet 2008, sous le thème général « Solidarité mondiale : Le courage de faire la différence » était « Agir maintenant sur le changement climatique : pour bâtir une société durable à l’échelle mondiale ».
Donnant suite au travail continu de la Commission, le Congrès a réaffirmé l’engagement du mouvement social-démocrate international de faire avancer une durabilité commune dans un monde global plus que jamais interdépendant.
Le Congrès a considéré que les crises financières, alimentaires et celles liées aux carburants, qui se sont si rapidement répandues de continent à continent, ne sont que les dernières preuves que des réponses communes sont cruciales pour relever les défis qui, dans le monde d’aujourd’hui, n’ont par nature pas de frontières.
Répondant aux propositions faites par la Commission, le Congrès a souligné que le changement climatique a déjà créé un monde avec des besoins changeants et toujours plus urgent en ressources des nations, avec des points critiques potentiels de conflits pour l’accès à l’énergie ainsi qu’au ressources naturelles, et d’accroissement des tensions liées à des flux migratoires environnementaux plus grands, la prolifération de maladies infectieuses et autres problèmes de santé, et des pressions croissantes d’abord sur les plus pauvres, les plus vulnérables, régions et pays.
Le Congrès a établi que sécuriser un système international capable de donner une réponse efficace, demande un leadership et un respect mutuel entre les nations en développement et développées, qui nécessiterait un plus grand degré de solidarité que manifesté jusqu’ici. Il a souligné qu’une solidarité active devrait inclure des soutiens techniques et économiques aux pays qui sont moins en mesure de réduire les émissions de gaz à effets de serre et de s’adapter aux impacts croissants du changement climatique.
En appuyant les propositions de la Commission, le Congrès a souligné qu’un aspect particulièrement important de l’action à mener pour arriver à  une réponse plus globale et unifiée au changement climatique, était la sensibilisation publique, commençant par l’éducation. La sensibilisation croissante des citoyens dans plusieurs parties du monde a été saluée, mais le Congrès a estimé que de plus grands efforts doivent être faits pour  l'intensifier, notamment  parmi les jeunes, avec un accent particulier sur les échanges de meilleures pratiques et des programmes d’assistance publique plus vastes, à la fois dans le domaine politique et à un niveau des collectivités.
Le Congrès a déclaré qu’un grand nombre des mesures politiques et des nouvelles initiatives nécessaires, seront difficiles à mettre en œuvre, mais qu’aucune autre voie n’est possible, car tout retard dans nos actions compromettra notre capacité de répondre de manière efficace au changement climatique. Dans cette optique, les institutions globales, faisant partie du système multilatéral dans son ensemble,  doivent plus que jamais avoir la capacité, la flexibilité et l’autorité de répondre aux attentes et demandes croissantes de nos citoyens pour un monde meilleur.
A St-Petersburg les 14-15 juillet 2008, la Commission a tenu un Séminaire sur le Changement climatique, rassemblant les membres de la Commission et des représentants des partis avec des scientifiques et des experts russes pour des échanges de vue sur les questions du changement climatique.
(A suivre)

Libé
Vendredi 23 Avril 2010

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