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Ramadanienne de Mohamed Bakrim : Maladie de l’Islam, idée du progrès




Ramadanienne de Mohamed Bakrim : Maladie de l’Islam, idée du progrès
«Il est du rôle de l’écrivain de pointer la dérive des siens»

Abelwahab Meddeb


La maladie de l’Islam : oui, pour l’excellent écrivain tunisien, la maladie de l’islam aujourd’hui, c’est bel et bien l’intégrisme. C’est l’objet de son livre, La maladie de l’islam paru aux éditions du Seuil. «  A chaque entité sa maladie » nous dit-il d’emblée. Peut-être que certains lecteurs militants de gauche se souviennent d’un autre usage de cette figure métaphorique avec la reprise dans les années 70  du pamphlet de Lénine, « le gauchisme, la maladie infantile du communisme ». Meddeb lui remonte très loin dans l’histoire de la pensée en se référant au combat des lumières contre le fanatisme et pour la  tolérance. C’est chez Voltaire que nous retrouvons un premier usage de cette approche. Le grand penseur des lumières avait analysé la maladie de l’intolérance qui avait sévi à son époque et dont le point d’orgue a été la condamnation à mort de Jean Calas prononcée le 9 mars 1762. Jean Calas était un modeste commerçant, protestant qui avait été condamné injustement parce qu’il avait refusé d’avouer et de raconter une version des faits qui conviendrait à la pensée dominante. Il fut surtout affreusement torturé par le fameux supplice à la roue. C’est son fils qui se réfugia à Genève et y rencontra Voltaire.  On se souvient que cette affaire avait mobilisé toute une campagne de réhabilitation. Voltaire se mit à rédiger à cette occasion son ouvrage de référence Traité sur la tolérance publié à Genève en avril 1763. Un livre qui restitue les horreurs engendrés par le fanatisme catholique contre les protestants depuis le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy où les réformés furent massacrés à Paris et dans les  provinces. Voltaire utilise le concept de « maladie » quand  il attribue aux « convulsionnaires » jansénistes le maintien du peuple dans l’état superstitieux qui le prédispose au fanatisme : « S’il y a quelques convulsionnaires dans un coin d’un faubourg, c’est une maladie pédiculaire dont il n’y a que la plus vile populace qui soit attaquée » dixit Voltaire …et l’islam alors ? Meddeb part du constat accablant issu du 11 septembre avec les images de liesse dans certaines villes arabes de gens qui se réjouissaient de ce crime. Il s’agit alors d’un double projet : comprendre pourquoi cette dérive a été possible et tenter de proposer une autre lecture de la LETTRE originelle selon les conditions qu’offre le paysage mental de notre temps. « Il faut aussi, souligne-t-il en introduction, dénoncer les escamotages et les manipulations qui ont perverti l’aspect héroïque de l’islam, en généralisant en temps de paix la notion d’ennemi ». L’un des chapitres instructifs dans ce sens, est celui consacré à la genèse de l’Arabie saoudite et la formation de son idéologie, le wahhabisme. Trois noms émergent comme des figures fondatrices : Ibn Hanbal, Ibn Taymia  et Ibn Abelwahab. Le wahhabisme étant le croisement idéologique d’Ibn Hanbal et d’Ibn Taymia.


Le sens du progrès : avec la crise actuelle qui touche au fondement même d’une certaine idée du progrès, peut-on encore croire à l’idéologie du progrès qui avait longtemps été le moteur de l’histoire ? C’est quoi en fait le progrès ? La crise de l’industrie automobile me semble être une  formidable synthèse du débat sur la notion du progrès. Faut-il continuer indéfiniment à fabriquer des voitures ? Imaginons demain : un milliard de Chinois circulant la journée dans un milliard de véhicules !!! C’est tout simplement inouï !


Dans son livre, Le sens du progrès, Pierre-André Targuieff nous propose une approche historique et philosophique ; si historiquement, en Europe, c’est le XIXème siècle qui voit le triomphe de l’idée du progrès, l’auteur nous restitue un historique qui va encore plus loin avec quatre siècles de l’idée du progrès qui commence avec Bacon au début du XVIIème siècle, son élaboration avec Pascal…jusqu’à sa formulation par Condorcet et Saint Simon…

La thèse aujourd’hui est simple : le XXème siècle s’est achevé sur les ruines de l’idéologie du progrès. Paradoxe, les critiques les plus virulentes à l’égard du progrès et du progressisme ne viennent plus seulement du camp conservateur mais émanent principalement d’intellectuels laïcs. « La puissance dangereuse mais bénéfique de Prométhée s’est transformée en pouvoir de destruction ». Mais c’est une relecture critique et non une mise en cause radicale car la promesse d’une amélioration des conditions d’existence de l’humanité demeure un horizon de sens pour justement le camp du progrès. Il importe de repenser le concept et de l’enrichir par un contenu nouveau.


Mohamed Bakrim
Mardi 15 Septembre 2009

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