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Ramadan et diabète, un dilemme entre devoir religieux et risques pour la santé

Environ 2 millions de personnes âgées de plus de 20 ans sont diabétiques




Le jeûne du Ramadan constitue pour les musulmans un devoir religieux sacré qu'ils tiennent absolument à respecter. Ce pilier de l'Islam constitue un acte d'adoration divine qui a une signification particulière pour les croyants qui profitent de ce mois béni pour absoudre leurs péchés et se rapprocher davantage de Dieu.
Cependant, rappelle la MAP, il y a des personnes atteintes de maladies chroniques que la pratique du jeûne est susceptible de leur causer de graves complications et de mettre en péril leur santé. Il s'agit essentiellement des diabétiques qui constituent une large frange de la population et dont le nombre ne cesse d'augmenter chaque année avec le changement des modes de vie et des habitudes alimentaires. Au Maroc, environ 2 millions de personnes âgées de plus de 20 ans sont diabétiques, dont 50% ignorent être atteintes de cette maladie, selon les derniers chiffres annoncés par le ministre de la Santé, El Houssaine Louardi.
La sensibilisation s'impose afin de prévenir les personnes diabétiques contre les dangers du jeûne, les informer sur les indications médicales et diététiques à suivre et leur apporter des éléments de réponse face aux questionnements liés à la prise en charge de la maladie.  Le dépistage à travers la mesure du taux de glucose dans le sang, notamment chez les sujets à risque est également recommandé avant et pendant le mois de Ramadan.
Toutefois, et au-delà du devoir religieux, la forte majorité des diabétiques insistent à jeûner pendant le mois de Ramadan, sous la pression des traditions socioculturelles et du fardeau de la culpabilité, malgré les risques qu'ils peuvent courir et les graves complications auxquelles ils peuvent être exposés.
Pourtant le texte coranique les exempte de l'observance du jeûne, partant du verset coranique : « (…) Celui d’entre vous qui est malade ou qui voyage jeûnera ensuite un nombre égal de jours. Allah cherche à vous faciliter l’accomplissement de la règle, il ne cherche pas à vous la rendre difficile ». Les risques auxquels font face les jeûneurs diabétiques sont d'autant plus élevés cette année, puisque le Ramadan coïncide avec un temps chaud et une durée de jeûne de plus de 16 heures.
D'après Dr. Nadia El Ghissassi, médecin endocrinologue diabétologue à Rabat, lorsqu'on est diabétique, les risques du jeûne sont nombreux, à savoir, un déséquilibre du diabète: hypoglycémie ( baisse du taux du sucre dans le sang ), ou hyperglycémie ( augmentation du taux du sucre dans le sang voire  un coma diabétique ), une apparition ou aggravation des complications dégénératives (atteinte des yeux et des reins par le diabète), ainsi qu'une déshydratation et aggravation de l'insuffisance rénale, vu le nombre d'heures de jeûne pendant l'été. Dr. El Ghissassi appelle ainsi les patients à consulter leur médecin traitant avant le Ramadan pour ajuster le traitement s'il en a besoin et connaître les précautions à suivre pour observer le jeûne dans les meilleures conditions.
Ces précautions, précise-t-elle, consistent à veiller à avoir un équilibre glycémique parfait avant le mois de Ramadan, ajuster certains antidiabétiques oraux, boire beaucoup d'eau entre l'Iftar et le Souhour, et ne manger principalement que deux repas, à savoir un Iftar qui doit être un repas normal contenant des légumes, des féculents, des pâtes ou du pain et un fruit, ainsi qu'un Souhour qui doit être un repas important contenant des féculents.
"Il faut sensibiliser les patients à ne pas trop prendre de sucreries lors du repas de l'Iftar (vu nos habitudes culinaires) et manger normalement : salade avec légumes, plat contenant des protéines, féculents et un fruit sans oublier le produit laitier et de même pour le Souhour", explique-t-elle, ajoutant que les patients peuvent se contenter d’un fruit ou d'un produit laitier pour le dîner. Elle souligne également la nécessité de l'auto-surveillance glycémique, le matin, à midi, avant la rupture du jeûne et au coucher, relevant qu'il faut impérativement rompre le jeûne en cas d’hypoglycémie, d'hyperglycémie ou de malaise.
Toutefois, le jeûne du Ramadan est contre-indiqué, selon Dr. El Ghissassi, si le taux de glycémie dans le sang est mal équilibré durant les 3 mois avant le mois de Ramadan, si le patient est sous insuline, s'il a des complications dégénératives du diabète, ou s'il est âgé de plus de 75 ans. L'observance du jeûne est donc possible, pendant le mois béni de Ramadan, pour les personnes diabétiques sans qu'ils mettent leur santé en danger, et ce en suivant à la lettre les indications médicales et diététiques de leur médecin traitant et en prenant toutes les précautions nécessaires.

Mercredi 15 Juin 2016

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