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Rachid Bouchareb, le Zidane du cinéma algérien




«Pourquoi donner 60 milliards à Rachid Bouchareb et un milliard à Mahmoud Zemmouri.»_Ahmed Rachedi dans Echourouk Youmi
S’il y a un réalisateur qui a la cote en Algérie c’est bien Rachid Bouchareb. Le cinéaste, longtemps banni des grands et petits écrans algériens, est devenu le chouchou du gouvernement algérien. Ainsi, après avoir présenté un projet de suite à son film à succès Indigènes, le réalisateur franco-algérien a trouvé «rapidement» des oreilles attentives et les poches bien ouvertes pour entamer sa prochaine production: Les hors la loi.
Le projet est pris à bout de bras par le gouvernement, qui tenait à rattraper son retard et son erreur dans la participation dans le film Indigènes. Ce changement a été, il faut le dire, le résultat d’un compromis politique entre le réalisateur et sa patrie d’origine: l’Algérie. Même après avoir essuyé le refus des autorités algériennes d’une aide pour le financement du film Indigènes, il n’a pas hésité à impliquer l’Algérie dans sa présentation aux Oscars. En inscrivant son film au nom de l’Algérie aux Oscars et nom pas au nom de la France, producteur majoritaire ou du Maroc producteur minoritaire, Rachid Bouchareb a signé son attestation de nationalité: algérienne. Le gouvernement algérien sait ne pas être ingrat et a récompensé comme il se doit cette appartenance identitaire à l’Algérie.
Résultat: Rachid Bouchareb est devenu ce «Zidane» du cinéma algérien, qui est reçu comme un VIP par le Président Bouteflika, qui bénéficie d’une aide financière, matérielle et surtout logistique conséquente. Après la retraite presque forcée de Mohamed Lakhdar Hamina et de Ahmed Rachedi, l’Algérie a retrouvé ce réalisateur d’antan qui fait des films sur la Révolution algérienne. Pour son prochain film, Bouchareb a bénéficié de plus de 60 milliards de centimes, l’équivalent de 6 millions d’euros, presque la moitié du budget du film Indigènes, qui a coûté 14 millions d’euros.
A cela s’ajoute sa participation presque malgré lui dans le Panaf avec un sujet de 10’, à base d’images d’archives, qui n’a sûrement pas dû coûter du temps au réalisateur constamment en vadrouille entre Paris, Alger et Los Angeles, pour la préparation de son nouveau film. Cette revalorisation d’un réalisateur oublié et banni un certain temps, fait partie de nos constantes mentales et culturelles qui fait qu’un réalisateur doit faire ses preuves ailleurs pour se faire accepter dans le giron des grands artistes de la nation.
Bouchareb, comme Zidane, a réussi en France avant de venir se faire respecter en Algérie. La France est-elle devenue une terre de test pour les artistes algériens? Doit-on ouvrir la porte à Abdelkader Secteur ou autre artiste en France pour se faire accepter en Algérie? Pourquoi ne pas donner la chance aux Algériens d’ici avant de partir là-bas. Pourquoi les Algériens installés en France ont plus de chance de se faire comprendre et décrocher une place qu’en Algérie? L’effet Zidane a laissé des traces.

Amira SOLTANE (L’Expression)
Mardi 21 Juillet 2009

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