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Rabat pour un cadre de coopération transnationale allant au-delà des politiques sécuritaires nationales

La sécurisation des frontières ne signifie pas le repliement d’un pays sur lui-même




Rabat pour un cadre de coopération transnationale allant au-delà des politiques sécuritaires nationales
L’instabilité et l’insécurité demeurent les maîtres mots dans la zone saharo-sahélienne. Le développement de l’extrémisme et des réseaux terroristes ainsi que la recrudescence du crime organisé dont notamment le trafic de drogue et celui de migrants en disent long sur la gravité de la situation.
Des menaces qui exigent aujourd’hui une approche transfrontalière de la part des pays de la région qui semblent conscients de ce besoin urgent, comme en témoigne  leur présence à la deuxième conférence ministérielle régionale sur la sécurité des frontières tenue les 13 et 14 novembre courant à Rabat et qui s’inscrit dans la continuité de la conférence de Tripoli. Une manifestation destinée à renforcer le dialogue et la concertation et à intensifier la coopération opérationnelle dans le domaine sécuritaire.   
En ouverture des travaux de cette conférence,  Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur, a indiqué que les stratégies sécuritaires nationales ne sont plus suffisantes. Il faut, selon lui, mettre en place un cadre de coopération transnational qui dépasse les politiques sécuritaires nationales et les différends entre les pays de la région. Des stratégies qui prennent en compte au-delà de la dimension sécuritaire, le respect des droits de l’Homme et l’instauration de la bonne gouvernance. « La sécurisation des frontières ne veut pas dire et en aucun cas le repliement d’un pays sur lui-même.  Les frontières doivent rester un espace d’échanges entre les peuples et toute fermeture de ces frontières ne peut qu’encourager davantage les actions illégales », a-t-il expliqué.
Dans ce cadre, le ministre a appelé à la création des mécanismes de concertation et d’échange d’informations tout en œuvrant à coordonner les systèmes juridiques et à opérationnaliser les accords internationaux.  
Une évaluation que partage Mohamed Ahmed Abdelaziz, ministre libyen des Affaires étrangères et de la Coopération internationale qui estime que le problème de l’insécurité aux frontières dépasse les capacités d’un seul pays et que la sécurité d’un pays de la région est fortement liée à celles de ses voisins. Une situation qui exige, selon lui, une perception commune des défis sécuritaires qui traversent la région et un diagnostic objectif de ces derniers. Des aspirations qui semblent prises en compte dans la Déclaration de Rabat adoptée par les participants à cette conférence. En effet, cette dernière a appelé à l’adoption d’une approche globale qui associe sécurité et développement et à l’amélioration de la coordination internationale, impliquant les pays de l’UMA, du Sahel et les partenaires européens et internationaux en matière de lutte contre le terrorisme et contre le trafic dans l’espace sahélo- saharien. La Déclaration de Rabat a appelé également à identifier des moyens de consolider la coopération opérationnelle entre les pays voisins et à favoriser l’intensification des opérations du contrôle des frontières.
Une mission qui n’est pas de tout repos comme en atteste le fait que la situation ne s’est pas améliorée outre mesure depuis la réunion sur la sécurité des frontières qu’avait abritée en mars 2012 Tripoli, quelques mois après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
Vingt mois après, la situation demeure tendue comme le prouvent les récents événements au Mali ou encore la prise d'otages du site gazier d'In Amenas en Algérie, en janvier dernier.
Le Maroc ne cache donc pas ses inquiétudes. Il a d’ailleurs annoncé en début d'année le démantèlement de nombreuses cellules terroristes et, en septembre, il a été l'objet de menaces inédites d'Aqmi.
Le Maroc se trouve, ainsi, en première ligne. Si avec l'Espagne, il doit gérer les innombrables tentatives de franchissement du Détroit de Gibraltar ou des enclaves de Sebta et Mellilia, il ne cesse d’appeler l'Algérie, par où se fait l'essentiel des entrées clandestines, à coopérer pour mettre fin à ce trafic d’êtres humains qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
Mais, sur ce point, il existe peu d'espoirs d'une avancée. La frontière commune entre Rabat et Alger est officiellement fermée depuis 1994, et les deux pays viennent de vivre une nouvelle crise diplomatique en raison d’ingérences inadmissibles de la part d’Alger.
Est-ce à cause de cela que l’Algérie ne s’est fait représenter à la conférence ministérielle régionale sur la sécurité des frontières que par son ambassadeur ?
Quoi qu’il en soit, le différend bilatéral alimenté à ce propos de manière soutenue et pernicieuse par Alger entrave la mise en œuvre de l'Union du Maghreb arabe (UMA), un marché potentiel de cinq pays et près de 100 millions d'habitants et fait perdre aux pays de la région plusieurs points de PIB tout en les empêchant de fédérer leurs énergies en vue de combattre de manière plus efficiente la montée du terrorisme, des séparatismes, des trafics d’armes et de drogue et des intégrismes en tout genre.

Hassan Bentaleb
Vendredi 15 Novembre 2013

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